Lansana Conté et ses hommes

Général Lansana Conté, en 1987
Général Lansana Conté, président du CTRN, chef de l’Etat, en 1987

Depuis le 3 avril 1984, le président Lansana Conté s’est appuyé constamment sur le cercle Baga-Soussou pour se maintenir au pouvoir. Il s’agit d’un groupe minoritaine, mais relativement soudé  par un dénominateur commun : le sosokui, langue de la Basse-Guinée. Mais cette communauté est aussi très diverse ethniquement.

Quoiqu’il en soit, en vertu de sa conception étriquée de l’Etat, c’est dans ce milieu que le général recrute ses plus fidèles alliés. En dépit des contradictions tenaces qui le caractérisent.

Les hommes de Lansana Conté

En réponse, les cadres identifiés ci-après ont bâti une ethnocratie dépouillée de méritocratie, et qui vit ses derniers jours :

  1. feu Zainoul Abidine Sanoussi (1984-2000), il se surnomma “le marabout noir de Conté”, et proclama sa volonté de combler le vide créé par l’éviction de Bernard Vatrican. Ce conseiller Suisse acquit un pouvoir de coulisse réél, en tant qu’égérie de Conté entre 1984-1985.
  2. feu Hervé Vincent Bangoura (1984-1990), le cerveau du  démantèlement de la préparation bâclée du coup d’Etat du Colonel  Diarra Traoré en 1985
  3. feu Mamouna Bangoura (1985-1993), minstre de la fonction publique et précurseur du peuplement de l’Etat par des fonctionnaires, avec peu de regard pour la compétence individuelle
  4. feu Fodé Komoya Camara (1984-1989), l’un des officiers actifs dans l’élimination des officiels du PDG, membre du pouvoir clanique de Sékou Touré
  5. feu Kerfalla Camara (1984-2007), membre du CMRN, CTRN, chef d’Etat-major inter-armes, maître-d’oeuvre de la répression meurtrière de l’insurrection populalire en 2006-2007.
  6. feu Sama Panival Bangoura (1986-2001), officier zélé et ambitieux. Conté le craignait tant et si fort qu’il ordonna et/ou approuva son éliimination physique brutale à la frontière sierra-leonaise. Son corps ne fut pas rendu à sa famille immédiatement. Et il n’eut droit qu’à une inhumation discrète voire secrète.
  7. Aboubacar Somparé (1990-2008), ambassadeur de Sékou Touré à Paris, il nie la légitimité et la légalité du coup d’Etat du 3 avril. Après avoir traversé des années d’isolement, il saisit la proclamation de la Loi fondamentale etla pluralisation politique pour s’imposer comme interlocuteur de Conté. Depuis lors, il entretient un mariage d’intérêt et de raison avec le président, qui ne l’aime guère. Mais, le président de l’Assemblée est un manoeuvrier et un disciple de Sékou Touré. En plus de la solidarité ethno-linguistique mentionnée plus haut, il bénéficie de l’appui de Henriette Conté.
  8. Naby Youla, diplomate démissionnaire sous Sékou Touré, il rentra au pays pour servir un officier de la première république, aux mains sanglantes
  9. Ibrahima Kassory Fofana, argentier de Conté, limogé en 2001 pour calmer la grogne et des bruits de bottes dans l’armée.
  10. Fodé Soumah (1999-2006), aidé par Somparé, il ruina la Banque centrale, qu’il transforma en une mamaya centrale, qui finança ses projets de sports et de show-business dans sa préfecture natale. Dauphin présomptif durant la campagne électorale de 2003, il fut lâché par son patron, qui le relégua au ministère junior des sports, avant de le limoger. En dépit de ses hautes références, Fodé Bangoura n’hésita pas à l’arrêter et à l’incarcérer à la Prison civile “Cinq étoiles” de Coronthie en fin 2006.
  11. Alpha Mady Soumah (2003-2005)
  12. Fodé Bangoura (2002-2007),  il triompha temporairement de son concurrent, Fodé Soumah, avant d’être emporté par les évènements et l’humeur de Conté
  13. Sam Mamady Soumah (2007-2008), le dernier satrape de Conté, qui voulut imiter et émuler Fodé Bangoura. Il fut d’abord dégradé puis renvoyé sans doigté.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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