Dadis, persona non grata

Peinture murale du Capitaine Moussa Dadis Camara

En latin, en droit et en diplomatie, l’expression persona non grata, signifie présence indésirable et/ou inacceptable.

La formule s’applique objectivement et subjectivement au président du CNDD, capitaine Moussa Dadis Camara. En effet,

depuis le coup d’Etat du 23 décembre, il n’a pas visité l’intérieur du pays, appelé aussi la Guinée profonde. Et d’un.

Par ailleurs, le 9 août 2009 (Guineenews), le chef de la junte guinéenne a affirmé qu’il ne lira pas l’Internet tant aussi longtemps qu’il sera pouvoir. Et de deux.

Voilà donc un chef d’Etat putschiste coincé.

Dadis : tourner en rond

Les déplacements de capitaine Moussa Dadis sont réduits à la péninsule du Kaloum. Celle-ci inclut la lointaine et proche banlieue, du Pont des Pendus à la Baie Sangareya, près de Dubréka, d’une part, et la presqu’île de Tombo, — qui est incorrectement appelée Kalum—, d’autre part. Depuis le 23 décembre 2008, il y tourne en rond, comme s’il était pris au piège.

La réalité est que le chef de la junte est fragile dans son fauteuil de putschiste — et nerveux dans l’exercice de ses fonctions. Précisément, Moussa D. Camara n’a pas les assurances suffisantes et les garanties sécuritaires pour entreprendre un visite aller-retour en dehors de l’exigu espace ci-dessus. Un déplacement au-delà du Km. 36 est si risqué pour le capitaine qu’il ne l’a pas osé. Car cela pourrait bien se traduire par un impossible retour vers le pouvoir présidentiel qu’il a “ramassé”, selon le mot cru d’un autre illuminé, le président sénégalais Abdoulaye Wade. En d’autres termes, s’il est libre de franchir le Km 36 à l’aller, le chemin inverse n’est pas si sûr à ses yeux.

Il découle de ce qui précède que le président du CNDD est confiné à vaquer sur un le périmètre restreint et pseudo urbain de Conakry. Il est, de facto, interdit de séjour sur l’essentiel du territoire guinéen. Drôle de chef d’Etat.

Dadis : interdit d’Internet

“Ce sont des moyens d’intoxication. On raconte du blabla là-bas. On a raconté là bas que des Guinéens des États Unis voulaient faire une marche. J’ai dit qu’ils n’ont qu’à faire une marche, le président Obama va les chasser” (sic!), martèle Moussa Dadis.

Ouch! L’officier-président ne peut pas accepter les informations  et les analyses publiées sur le Web. Pourquoi ? Parce qu’elles heurtent de plein fouet sa conception simpliste et dictatoriale du pouvoir.

Capitaine Moussa Dadis craint si fort l’effet du contenu qu’il s’est délibérément interdit Internet. Redoutant l’impact du contenu cybernétique, il aurait prévenu général Sekouba Konaté, son alter ego :

“Si tu continues à lire Internet, on risque de se décourager et abandonner le pouvoir.”

Et alors ?! La Guinée ne disparaîtrait pas pour autant de la surface du monde. Au contraire, elle s’en porterait mieux sans les improvisations quasi anarchiques du CNDD.

Dadis se leurre en se prenant pour le cadeau divin et la personne providence. Il est vrai qu’Elhadj Biro Diallo n’a pas hésité à lui décerner ces titres fallacieux.

Status quo guinéen

En attendant l’hostilité de Moussa Dadis envers Internet est révélatrice. Elle est à la fois la conséquence et la cause de l’infime capacité des réseaux numériques de communication en Guinée. Myopie et égoïstes, les dirigeants guinéens refusent d’investir dans les télécommunications, spécifiquement dans la construction d’une dorsale à large bande capacité (broadband) pour la transmission des données à haut débit.

A Conakry, l’on se bat bec et ongles pour les réseaux cellulaires de première et seconde génération. Cependant, même dans le domaine du mobile, la Guinée est technologiquement à la traîne. Le cellulaire 3G fait des avancées à travers le monde. Mais de tels progrès sont basés sur l’intégration du mobile avec des réseaux filaires à base de fibre optique. Or il se trouve que la Guinée n’a même pas un kilomètre de câblage optique. Elle  continuent donc de s’exclure de la voie du progrès et de s’isoler  21e siècle.

A l’image de ses prédécesseurs et modèles — Sékou Touré et Lansana Conté — Moussa Dadis sait que son pouvoir est synonyme d’obscurantisme, d’obscurité (pas d’électricité), et de la pauvreté.
Ainsi va la Guinée depuis 1958.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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