Sanctions. Fin de non-recevoir

Alexandre Cécé Loua, 2009
Alexandre Cécé Loua, 2009

Selon Guineenews, le ministère des affaires étrangères aurait soumis à l’Union Européenne, via sa Représentation à Conakry, une requête sollicitant que le nom de Mamady Condé soit rayé de la liste des personnes ciblées par les mesures de sanction des 27 pays membres de l’UE. Argument : M. Condé n’aurait pas appartenu au CNDD. Il est “seulement” représentant permanent de la junte auprès de l’ONU. La démarche de M. Alexandre Cécé Loua, ministre des AE, suggère naivement qu’un rectificatif soit publié dans le Journal officiel de l’UE !!

Alexandre Cécé Loua, ministre des Affaires étrangères

Certes, la liste de l’UE sanctionnant les officiels de la junte parait hâtive et maladroite. Le document comporte des erreurs, des contradictions et des lacunes, autant de défaillances surprenantes voire inacceptables de la part d’une organisation puissante et dotée de technocrates chevronnés.

Qu’à cela ne tienne. Les corrections pourront être faites et les vides comblés.

En attendant, l’Europe doit décliner et opposer une fin de non-recevoir catégorique à la demande de Conakry. Et cela pour les raisons suivantes.

Cacique de la dictature

M. Condé n’est assurément pas membre titulaire du CNDD. Cependant il en est l’un des cerveaux et serviteurs zélés. Cela n’est guère surprenant au regard du passé de Mamadi, que je condense comme suit :

  • Journaliste éloquent de la Voix de la révolution (la radio du PDG)
  • Editorialiste radio thuriféraire de Lansana Conté ; il y rivalisa dans les années 1990 avec la plume et la voix également flagorneuses de Boubacar Yacine Diallo ; et lorsque Conté nomma Mamadi Condé directeur général de la RTG, Yacine, s’estimant lésé, démissionna par dépit et pour ne pas servir sous les ordres de son concurrent dans le culte de la personnalité de Lansana Conté.
  • Conté nomma Mamadi consécutivement ambassadeur de Guinée en Chine, ministre de l’information, ministre des affaires étrangères, membre du Bureau politique du PUP…

Aujourd’hui, Mamadi Condé figure en bonne place parmi les caciques et caméléons du régime de Conté qui ont repris service auprès de Moussa Dadis, vendant leur âme successivement au diable de père et au diable de fils.

Sanctions plus précises

Les sanctions de l’UE sont plus vagues que celles de l’Union Africaine, qui se montre plus précise ; en effet, l’organisation continentale vise le chef et tous les membres de la junte, le Premier ministre et tous les membres du gouvernement, d’une part. Et elle cible “toute autre personne, civile ou militaire, dont les activités sont destinées à maintenir le statu quo inconstitutionnel en Guinée”, d’autre part. La décision s’applique ainsi aux haut-fonctionnaires, aux hommes d’affaires, etc.

Chef de la mission onusienne de la Guinée, Mamadi Condé occupe un rang officiel élevé. Il ne saurait se soustraire des sanctions par quelque gymnastique formelle ou jonglerie  juridique.

Tir de barrage

Il appartient donc au ministère des affaires étrangères de sortir de sa torpeur et de cesser de prendre ses voeux pour la réalité. L’UE n’est pas la seule institution à proscrire la junte, ses suppôts et supporters. C’est un tir croisé diplomatique nourri qui assaille et isole Dadis et son régime barbare: CEDEAO, Union Européenne, Union Africaine, ONU, USA.

M. Mamadi Condé ne devrait bénéficier d’aucune circonstance atténuante, mesure de correction, ou décision d’absolution.

Tierno S. Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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