Pas de Commission vérité et réconciliation

Cadavres et survivants du massacre au stade du 28 sept. 2009, à Conakry, Guinée

Non à la Commission dite de vérité et de réconciliation !

Ainsi donc le candidat de l’UFDG envisage de créer une soi-disant commission de vérité et de réconciliation. Ce serait la meilleure manière pour son régime de chercher à noyer le poisson. Aussi malencontreuse qu’impuissante, une telle démarche permettrait à des Guinéens accusés de crimes contre l’humanité par le rapport Commission internationale d’enquête de l’ONU, de se promener et de dormir tranquillement tout en narguant les survivants du massacre du 28 septembre 2009.

La proposition n’est ni nouvelle ni innovatrice. Au contraire, elle imite des précédents. Du coup, aussi, elle s’engage dans le sentier battu, facile et trompeur de la politique politicienne.

Ll’Afrique du Sud s’est essayée avec une institution homonyme. De l’avis général, elle a échoué au plan juridique même. Parallèlementi, si l’Apartheid politique a été effacé, l’Apartheid économique, lui,  persiste…
Par contre, après la 2e guerre mondiale, l’Allemagne, la France, l’Italie, etc. ont jugé et puni les perpétrateurs des crimes de guerre et leurs collaborateurs.
Tous ces pays évitèrent de tomber dans le piège d’instances ou d’institutions extra-judiciaires. Ils appliquèrent les lois nationales et internationales contre des accuses. Ceux qui furent reconnus coupables par des cours de justice, reçurent leur sentence. Les personnes acquittées recouvrèrent la liberté. Et depuis lors, l’Europe occidentale est devenue un des ramparts de la démocratie et des libertés individuelles.
Il ne saurait y avoir deux poids deux mesures entre la Guinée et l’Afrique d’une part, et le reste du monde, d’autre part.
Cela fait 52 ans que les régimes post-coloniaux livrent une guerre impitoyable aux citoyens Guinéens. Des complots fomentés par Sékou Touré au carnage de l’an dernier en passant par le Camp Boiro et les massacres cycliques de Lansana Conté, l’oppression/repression persiste. Dans l’impunité totale.
Les droits et et la mémoire des victimes sont piétinés. Et la Guinée recule à cause de l’injustice endémique.

Si la Guinée veut s’engager dans le sentier épineux de la démocratie, elle doit accepter l’indépendance réciproque et la séparation claire et nette du pouvoir entre les trois branches de l’Etat: legislative, judiciaire et executive.

En cas d’élection à la magistrature supreme, le candidat de l’Ufdg est libre d’initier sa proper pensée politique, en l’occurrence adopter une position identique à celle de son rival du Rpg.

Mais cela ne devrait nullement empêcher la société civile d’engager les procedures judiciaires pour punir les Guinéens fautifs de crimes contre l’humanité.
La justice est le terreau fertilisateur et le levain indispensable du progrès, de l’unité et du développement. Sans elle, rien n’est possible, surtout en Guinée. Avec l’appui des démocrates et du Tribunal Pénal International, les citoyens sauront contrer le noyautage de vérité par la réconciliation sans justice. Ils continueront la lutte contre la terreur d’Etat et son corollaire, l’impunité. Ils reprendront le combat pour le triomphe de la justice.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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