Du Général Sangaré au Général Cissé

Le Général Malien Toumany Siaka Sangaré, président de la CENI
Le Général Malien Toumany Siaka Sangaré, président de la CENI

Après son “pilotage” catastrophique de la transition, Jean-Marie Doré est revenu à la case de la défiance politique, où résistance alterne avec complaisance.

Notoire pour sa faconde, il appelait l’opposition guinéenne la plus bête d’Afrique. Ses pairs n’apprécient peut-être pas la flagellation verbale. Mais peuvent-ils valablement la contester ! …

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, l’opposition ferait bien de décliner définitivement la désignation du général Lamine Cissé comme médiateur par le président Alpha Condé. Non pas seulement en raison de la procédure de sa nomination, mais surtout à cause de sa carrière et de son statut actuel. En effet, M. Cissé présente un profil étrangement similaire à celui du général Siaka Toumany Sangaré, président de la Ceni du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010. Le fiasco de ce vote reste gravé dans les mémoires.

Curieusement, il s’agit dans les deux d’officiers généraux de pays voisins (Mali et Sénégal, respectivement), qui ayant bouclé leur carrière militaire, se sont recyclés dans l’expertise politique et bureaucratique. En d’autres termes, avoir servi et profité de l’état postcolonial, ils se découvrent une mission de réformateurs de ce même “machin”. Bizarre.

Et où appliquent-ils leur talent diplomatique improvisé ? En république de Guinée, évidemment. Le même pays qui précéda les leurs dans l’accession à la souveraineté juridique. Je ne dis pas “l’indépendance”, qui est une toute autre histoire.

Que savent ces messieurs de la Guinée pour vouloir y appliquer les principes de gouvernance et de l’état de droit, où la force de la loi prévaut sur la loi de la force ?

Sans négliger leurs titres et les sigles des organisations (OIF, CEDEAO) qui les ont dépêché à Conakry, je me demande si leurs références pratiques les préparent pour l’impasse guinéenne. Au constat de l’enlisement de Dakar en Casamance ou de la débâcle politique à Bamako, je n’en suis pas si sûr …

En acceptant la mascarade dilatoire d’une médiation paralysante, l’opposition joue le jeu d’Alpha Condé. Au lieu de mener sans relâche la lutte pour la tenue des élections législatives, elle choisit, sinon la compromission, du moins l’ambigüité et la dilution de ses responsabilités. Elle marche ainsi droit vers la défaite.

Car à l’image du Général Toumany Sangaré en 2010, le Général Lamine Cissé pourrait se révéler un cheval de Troie, c’est-à-dire l’instrument d’une stratégie efficace de division, certes, mais fautive, répétitive, prévisible, et donc grossière et ridicule.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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