Du slogan éploré au combat justicier

Les Quatre Pendus du Pont Tombo, Conakry, 25 janvier 1971

La chute du régime de Sékou Touré et la fermeture du Camp Boiro inspirèrent en avril 1984 le slogan “Plus jamais ça !” La sincérité et la validité de ce cri humain sont évidentes. Elles expriment les sentiments de  parents, époux et épouses, flles et fils, familles élargies, amis et collègues …

Témoignages écrits et documents photographiques à l’appui, je survole dans ce blog, d’abord, la situation des droits de l’homme en Guinée durant les 44 ans écoulés. Ensuite je suggère un élargissement de l’optique et un renforcement de la stratégie.

Témoignages et photos

La date du 25 janvier de chaque an marque d’une pierre noire la pendaison à Conakry et à l’intérieur du pays de dizaines d’innocents citoyens: fonctionnaires, professionnels, hommes d’Etat, politiciens, etc.

Le martyre de ces braves hommes eut lieu au pont Tombo; une construction qui délimite les deux presqu’îles constitutives de la capitale, Conakry:

  1. La presqu’île de Tombo, qui constitue le centre-ville et que l’on appelle erronément appelé Kaloum
  2. La presqu’île de Kaloum, c’est-à-dire la banlieue, qui s’étend de Camayenne et Moussoudougou à la baie de Sangaréa, près de Dubréka, où le grand fleuve Konkouré verse dans l’Océan Atlantique,

Dans Prison d’Afrique, chapitre “La ballade des Pendus”, Jean-Paul Alata témoigne :

« L’accablement se fait plus pesant pour moi. Je n’avais gardé aucune relation avec Barry III depuis mon ralliement au RDA, que le chef de la DSG n’avait pas pardonné.
Mais mon ancienne amitié se révolte à l’évocation du supplice infamant que je sais tellement immérité.
Certes, Barry n’avait jamais été un sincère RDA. Il conservait ses attaches socialistes mais jamais il n’aurait pris les armes contre son pays. On aurait pu l’écarter de la vie politique, mais l’exécuter ainsi ?Il y a trois mois, il s’en est donc bien allé vers la mort. Lui, dont l’ambition était de diriger son peuple vers la liberté, il s’est balancé au bout d’une corde, en plein centre de Conakry. Un cercle de voyous et de catins ont insulté son pauvre cadavre. J’apprendrai plus tard tous les détails de l’exécution. La mort miséricordieuse a épargné à son visage la grimace affreuse des suppliciés de la corde, Ibrahima, vaincu de la politique, est resté vainqueur de son dernier combat. Il est mort en regardant l’horreur en face. Musulman sincère il a accepté l’au-delà comme sa demeure choisie. Il est mort en homme.
Qui sait? Les générations futures chanteront-elles, peut-être, la geste des pendus du Pont Tumbo, des martyrs morts dans l’ ignorance de leur crime. Parmi eux, peut-être, glorifieront-elles le courage de Barry le Sérianké 3, qui, à l’ultime minute, réconforta ses compagnons et mourut la tête haute…, la geste de Barry III qui, cette nuit du 25 janvier 1971 et toute la longue journée du lendemain, se balança sinistrement sur l’autoroute, appelant la malédiction divine sur ses assassins. »

[Une erreur de plume (lapsus calami) se glisse dans le texte d’Alata. Barry III n’avait pas à être un “sincère” du RDA. C’était un rival du PDG. Il avait  sa propre philosophie politique et se battait sur une plateforme progressiste.
Par contre, le texte désigne correctement Barry III comme Seeriyanke ou Seeriyaaɓe. Descendant de cette prestigineuse lignée des pontifes du Fuuta (selon le mot adéquat de Paul Marty), Barry III appartenait au top échelon de la noblesse dans l’Etat théocratique du Fuuta-Jalon (1725-1897). Les branches Seediyaaɓe et Seeriyaaɓe descendent d’Alfa Kikala dit Seydi, qui eut deux enfants à Timbo : Alfa Nouhou (père des Alfaya) et Alfa Maliki (père des Soriya). C’était la province (diiwal) des  Seydiyaaɓe.
Fixé à Fougoumba, Foduye Seeri, frère de Kiikala, fonda la lignée  des Seeriyaaɓe. Entre autres privilèges, le diiwal de Fugumba détenait le droit exclusif de couronner le nouvel Almaami.  — T.S. Bah]

Dans Guinée, les cailloux de la mémoire, Thierno Mouctar Bah révèle à Nadine Bari les circonstances du retour de Barry III en Guinée et de son engagement dans la politique :

« En 1954 meurt Yacine Diallo, premier député de la Guinée à l’Assemblée nationale française. Il faut lui trouver un remplaçant.
Les chefs Peuls proposent mon frère Tierno Ibrahima Dalaba, qui décline l’offre. Ils le mandatent alors pour aller trouver Barry III, encore étudiant à Montpellier, et le convaincre d’accepter l’investiture pour la députation. Barry III y consent et revient au Fouta où il est reçu en grande pompe. Mais suite à la rivalité des deux almamys de Mamou (Alfaya) et de Dabola (Soriya), et à la tentative de réconciliation en 1954, les chefs Peuls décident finalement de l’investiture de Barry Diawadou, fils de l’almamy de Dabola. Que faire alors de Barry III, rappelé de France ?
L’almamy de Mamou le convoque et lui présente les excuses du Fouta qui a décidé de choisir son aîné pour la députation et de le laisser, lui, sur la liste d’attente. Barry III le prend mal mais se résigne. Il ne continue pas ses études mais reste à Conakry où il ouvre un cabinet d’avocat, adhère à la SFIO et se lance dans l’arène politique. »

Les deux pendus de Dalaba : deux des dizaines de victimes de Sékou Touré en ce 25 janvier 1971 à travers la Guinée
Les deux pendus de Dalaba : deux des dizaines de victimes de Sékou Touré en ce 25 janvier 1971 à travers la Guinée

Au total, quelque 90 victimes de la répression aveugle furent mis à mort ce 25 janvier 1971. En majorité composée d’hommes, la liste comprenait au moins une femme, et pas des moindres, puisqu’il s’agit de Loffo Camara, infirmière, membre du bureau politique et du gouvernement. Mme Camara, Habib Tall, et d’autres furent passés par les armes au champ de tir de l’armée à Matoto. Dans l’escadron de la mort qui les assassina, figurait Mamadi Keita, membre du bureau politique du PDG et du gouvernement

Dans le chapitre “Rétrospectives” de son livre La vérité du La vérité du ministre. Dix ans dans les geôles de Sékou Touré, Alpha-Aboulaye “Portos” Diallo, ancien ministre, témoigne :

« Il est à peu près certain que d’autres responsables politiques ont participé aux massacres de 1971 comme membres du peloton d’exécution.
Ancien professeur de philosophie, Mamadi Keita, alors ministre de l’Education nationale et membre du B.P.N., au lendemain de l’exécution de Mme Loffo Camara, disait avec fanfaronade, à qui voulait l’entendre en langue maninka :
« An ka boun han an ka sisi bo a noun n’na »
Traduction : « Nous avons tellement tiré sur eux que nous avons fait sortir la fumée de leur nez. »

Mme. Loffo Camara, membre du Bureau politique et du gouvernement. Mitraillée à bout portant par un peloton d'exécution qui incluait Mamadi Keita, son ancien collègue au BPN et au gouvernement.
Mme. Loffo Camara, membre du Bureau politique et du gouvernement. Mitraillée à bout portant par un peloton d’exécution qui incluait Mamadi Keita, son ancien collègue au BPN et au gouvernement.

 

La cabine technique (salle de torture) du Camp Boiro
La cabine technique (salle de torture) du Camp Boiro
Le bureau de <strong><a href="http://www.campboiro.org/perpetrateurs/toure_siaka/index.html">Siaka Touré, commandant du Camp Boiro</a></strong>. Les documents officiels et archives de ce centre concentrationnaire ont disparu, privant ainsi la justice des preuves matérielles des crimes commis par le régime.
Le bureau de Siaka Touré, commandant du Camp Boiro. Les documents officiels et archives de ce centre concentrationnaire ont disparu, privant ainsi la justice des preuves matérielles des crimes commis par le régime.

Aux quatre suppliciés de Conakry, Sékou Touré ajouta des dizaines d’autres condamnés qui furent pendus ou fusillés à Matoto et à travers le pays.

Les exécutés de Conakry expirèrent au bout de la corde que Capitaine Diarra Traoré, futur colonel et Premier ministre, leur passa lui-même au cou.

Dans son livre-témoignage intitulé Dans la Guinée de Sékou Touré : cela a bien eu lieu, Lt-colonel Kaba 41 Camara tente de masquer le nom de Diapra Traoré en l’appellant capitaine Mamady. Mais cette tentative d’anonymat est annulée par l’indication selon laquelle “le capitaine Mamady [était] président du Comité militaire du camp Almamy Samory.”
Tout Guinéen de ma génération peut aisément établir la correspondance entre le pseudonyme “capitaine Mamady” et l’identité de l’officier-bourreau en cette nuit fatidique de janvier 1971. C’était irréfutablement Diarra Traoré.

Et voici comment Lt-colonel Kaba 41 Camara présente le rôle négatif de Diarra Traoré.

Le capitaine Mamady

« Mieux que les deux premiers officiers [Toya Condé et Kolipé Lama], je connais le capitaine Mamady. Je me souviens encore de lui, à l’école d’Enfants de troupe de Saint-Louis, quand il jouait du banjo devant sa chambre d’internat en compagnie de celui qui allait être président du Mali, Moussa Traoré. J’étais tout jeune et les notes de son instrument me restent encore. Je revois le beau et long cou annelé de Moussa Traoré ; son ami Mamady était de contact facile, comique, bon causeur, bon camarade, excellent officier. Je me demande à l’heure où j’écris, comment Sékou a pu transformer cet homme bon en assassin car Mamady est devenu un assassin. Savez-vous, soldats guinéens, que Mamady est à la base de l’élimination de tous les officiers disparus dans les pseudo « complots » de 1969 et de 1971 ?
Vous vous souvenez sans doute que Sékou Touré a introduit la politique dans l’Armée en 1969.
Le premier président de comité fut le capitaine Sékou Kalil Mara.
Mamady jouera pour l’éliminer et prendre sa place. Mara se retrouvera à Labé comme commandant du camp. Président de comité, Mamady va servir Sékou avec lequel, par interposition, il a des alliances. Mamady est originaire de Kankan. Il est lié à la famille de Moussa Diakité qui a des alliances avec Sékou, comme on le sait. En outre, civils et militaires, tous ceux qui sont de Kankan sont protégés par Siaka Touré. Et Siaka, après la suppression du 2ème Bureau dans l’Armée, est devenu le patron des services de renseignements de la République. L’homme fort du régime après Fodéba, c’est Siaka Touré. Et Mamady est son ami, pour ne pas dire son frère.

« Les douteux »

Sékou avait donné les pleins pouvoirs aux comités militaires nouvellement créés, dont la plupart des présidents étaient des soldats ou des sous-officiers. Mamady va aider à décimer l’armée guinéenne. C’est lui qui dressera de sa main la liste de tous les « douteux » de l’Armée, qui seront tous arrêtés. En avril 1971, Sékou envoya un document ultraconfidentiel demandant aux fédérations, sections, comités de base, entreprises, enfin à tout l’appareil de l’Etat et du Parti, de faire parvenir au Comité révolutionnaire, la liste des « douteux ». Ce procédé va permettre aux haineux de vider leur venin. Par simple rancune ou jalousie, tout citoyen guinéen pouvait se retrouver à Boiro : quelqu’un a fait la cour, il y a vingt ans, à votre femme et vous avez eu à réagir, eh bien, devenu membre d’un comité du Parti en 1971, ce quelqu’un vous enverra à Boiro ! Quelqu’un a voulu épouser votre fille et vous vous y êtes opposé, il y a de cela dix ans, eh bien, vous êtes « douteux » et fait pour aller à Boiro ! Vous avez soufflé une fille à un membre d’un comité de base, vous devenez « douteux », « douteux » pour la Révolution de Sékou Touré et c’est Boiro ! Les 95 % des dizaines de milliers de Guinéens qui se sont retrouvés à Boiro, c’est pour un problème de femme !
Au sein de l’Armée, Mamady, président du Comité militaire du quartier général du Camp Samory, c’est-à-dire président du Comité du siège du Ministère et de l’Etat-Major, se considéra comme le porte-parole de tous les autres présidents de toute l’Armée.
Puisqu’il y a suprématie du politique sur l’administratif, Sékou ira même jusqu’à désigner les présidents de comité des camps comme adjoints des commandants de ces camps. Je vous ai dit que la plupart de ces présidents étaient des soldats. Ainsi, par exemple, après le capitaine commandant un camp, c’est le caporal président de comité qui a voix au chapitre avant les lieutenants et sous-lieutenants. Mieux, le capitaine doit lui rendre compte de sa gestion.
Je dois dire que les soldats guinéens prirent vite conscience de la situation. Beaucoup ne suivirent pas les nouvelles recommandations qui mettaient officiellement la pagaille dans l’Armée. Mamady, lui, exécuta ces recommandations à la lettre. Devenu l’adjoint du ministre de l’Armée, Sagno Mamady à l’époque, parce que président du comité du Quartier Général, il s’en prit sans aucune retenue à celui-ci.
Sagno refusa que Mamady vérifiât sa gestion. Il y eut un scandale. Une bouche ouverte au niveau des Forces armées eut lieu au Palais du Peuple. Sagno Mamady et le commandant Zoumanigui, commandant de la Gendarmerie, se défendirent en vain : Sékou soutint ses hommes de main contre ceux qui ont contribué à faire de lui ce qu’il est, tel un Sagno Mamady qui a facilité l’adhésion de la région N’Zérékoré au RDA. Vieux militant, intègre, modeste, Sagno Mamady sera pris et mourra à Boiro. »

Les cinq maires PDG-RDA élus à la tête des communes de plein exercice, 1956. De gauche à droite: Nfamara Keita (Kindia), Saifoulaye DIallo (Mamou), Sékou Touré (Conakry), Mamadi Sagno (Nzérékoré), Moriba Magassouba (Kankan). Sékou Touré tua les deux derniers. Nfamara mourut en prison à Kindia en 1986 (?).
Guinée française, 1956. Les cinq maires PDG-RDA élus à la tête des communes de plein exercice. De gauche à droite: Nfamara Keita (Kindia), Saifoulaye DIallo (Mamou), Sékou Touré (Conakry), Mamadi Sagno (Nzérékoré), Moriba Magassouba (Kankan). Sékou Touré tua les deux derniers. Nfamara mourut en prison à Kindia en 1986. Saifoulaye échappa de justesse au Camp Boiro. Sékou mourut à la clinique de Cleveland, USA. Un an après sa disparition, en juillet 1985, le CMRN dirigé par Général Lansana Conté mit à mort dix-neuf membres et alliés mâles de la famille de l’ancien dictateur. Les exécutions eurent lieu au pied du mont Gangan (Kindia) au même endroit où Sékou Touré fit fusiller des centaines d’accusés innocents.

Tous les accusés de 1971-72 et ceux des “complots” précédents le furent sans preuves. Comble de parodie de justice, ils étaient reconnus coupables dès l’instant où l’accusation tombait. Ensuite, forcés aux aveux compromettants sous la torture, ils étaient « jugés » en leur absence, en violation flagrante de leur droit à la défense, prescrit par la Constitution.

L’Assemblée nationale populaire qui les condamna à mort était extra-judiciaire. Elle n’était pas compétente en matière de prestation de la justice. Cette fonction revient aux magistrats appuyés par les officiers de la police judiciaire. Le rôle de l’Assemblée était de voter les lois et non pas de les appliquer. En conséquence, le tribunal révolutionnaire était illégitime et illégal. L’Histoire enregistre ses sentences comme des violations grossières et des crimes contre l’humanité.

Au lendemain du coup d’Etat du 3 avril 1984, le Comité militaire de libération nationale (CMRN) relaxa les derniers détenus du Goulag Tropical. Il décida la fermeture de cette prison sinistre, située dans l’enceinte du Camp Mamadou Boiro de la Garde républicaine, en face de l’hôpital Donka, quartier Camayenne, à Conakry.

Feignant d’oublier son rôle actif dans le pourrissement de l’armée, Colonel Diarra Traoré, Premier ministre déclara les forces armées étaient devenues “un foutoir.”

Dans le gouvernement qu’il dirigeait, le portefeuille de la justice fut attribué au capitaine Kolipé Lama, un tortionnaire notoire sous la dictature de Sékou Touré

Témoin oculaire de la scène, voici comment Lt-colonel Kaba 41 rapporte la torture de Barry III et Moriba Magassouba en décembre 1970 :

« Le capitaine Zézé [en réalité capitaine Jean Kolipé Lama], qui deviendra ministre dans le gouvernement Diarra Traoré est le chef de la cabine technique à Alpha Yaya. C’est un officier de valeur, comme par ailleurs tous les soldats formés par la France. Zézé est d’apparence affable. Court et trapu, il a l’air bon tout comme Mamady.
A voir tous ces tueurs évoluer dans la société, personne ne peut déceler en eux la bête innommable qui sommeille. Ces gens-là ne savent pas écrire « pitié » à plus forte raison la ressentir. A les voir en besogne, simplement en besogne, on a le vertige.
En visite au Camp Alpha Yaya, Sagno Mamadi et Marcel Bama Mato, respectivement ministre de la défense et de l’intérieur, avaient le vertige. Ceux qui traînaient là, amarrés du cou aux chevilles, étaient leurs frères, leurs collègues, ministres il y a encore une semaine, comme eux. Aujourd’hui, ils sont là, véritables loques humaines aux 3/4 morts de faim et de soif.
Depuis leur arrestation, Magassouba et Barry III, qui se traînent là, n’avaient ni mangé ni bu. Zézé s’amusait et riait. Il avait jeté aux deux hommes une orange non épluchée. C’est la première fois depuis plus d’une semaine qu’ils ont quelque chose qui ressemble à de la nourriture, qu’on peut mettre dans la bouche, qu’on peut avaler. Ils n’en croyaient pas leurs yeux. Mais comment se saisir d’une orange non épluchée, placée à deux mètres environ lorsqu’on n’est pas une limace, lorsque les mâchoires ne répondent plus à la volonté ? Je vous demande d’imaginer la scène car je n’ai pas le coeur de vous la décrire. Je me demande seulement pourquoi le créateur de toute chose a créé le ventre parlant la faim ? Ceux qui se trémoussent là, dans la poussière, après une orange insaisissable, sous les yeux de leurs collègues, furent grands. Ils ont commandé des années durant. Ils ont contribué à la grandeur de la Guinée par son indépendance.
Quelques jours plus tard, après leur avoir arraché la « vérité », ils seront pendus, et la corde leur sera passée au cou par Mamady. »

C’est le même Kolipé Lama qui chargé de transférer Abdoulaye Djibril Barry de Kankan à Conakry. Son seul crime avait été de chercher à rejoindre sa femme, Nadine, et ses enfants en France. Arrêté à la frontière ivoiro-guinéenne il fut mortellement torturé au Camp Soundiata Keita et mourut sur le plancher de la Jeep où les sbires l’avaient jeté.

Dans le premier communiqué radiodiffusé la junte militaire affirma, entre autres, que nul ne serait plus inquiété en Guinée à cause de ses opinions politiques.

Nous verrons qu’il n’en fut rien.

A suivre, Compléter le slogan “Plus jamais ça” et exiger la justice.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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