Simandou, justice et rancoeur vaine

Publiés sur Aminata.com un certain Ibrahima Sory Touré a tenu des propos désobligeants et discourtois, qui dénotent la rancoeur, la mesquinerie, la perfidie, la méchanceté et l’ingratitude. En effet, dans le malheur, il se désolidarise, rejette et condamne sa demi-soeur, Mamadie Touré, qui fut la compagne du Général-Président Lansana Conté. Ce faisant, il apporte de l’eau au moulin de Beny Steinmez dans le scanndale des contrats miniers du Simandou.
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En effet le patron de BSGR avait, lui aussi, jeté un doute sur la relation conjugale entre Mme Mamadie et le défunt dictateur.

Mais la sorte verbale de M. Touré est tardive et vaine.

Et c’est dommage que Le Populaire — le journal de Conakry à la source de l’interview de M. Touré — n’ait pas cherché à vérifier les accusations auprès de sources tierces. Cela lui aurait permis  d’étoffer l’article et d’éclairer les lecteurs sur les querelles de famille et l’hostilité du sieur Sory contre sa parente.

Le journal aurait dû aussi corriger le titre en conjuguant le verbe au passé, car il ne saurait y avoir de mariage entre une personne morte et un être vivant. La relation conjugale prit fin à l’instant même du décès du vieux Général.

Ibrahima Sory semble évoluer en vase clos. Ainsi, il ne mentionne guère l’intervention de gouvernements étrangers visant à dénouer l’écheveau d’intrigues et de corruption entourant le dossier du Simandou, de 2008 à 2010.

Ainsi, par exemple, la justice de la Confédération Helvétique a ouvert une enquête à Genève.

Et les autorités fédérales américaines n’y sont pas allé de main morte. Dès que le FBI a constaté la violation de la loi dénommée Foreign Corrupt Practice Act, qui réprime la corruption étrangère sur le territoire US, les branches exécutive et judiciaires sont entrées en action. Depuis 2012, le scandale du Simandou a reçu l’attention qu’il mérite. Grâce à la diligence de la justice, les choses se sont précipitées et précisées ici aux Etats-Unis.
En conséquence, l’un des principaux acteurs impliqués dans l’affaire, le Français Frédéric Cilins, purge une peine de prison depuis l’année dernière.

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De même, les autorités fédérales ont procédé à la saisie des biens de Mme. Mamadie Touré en Floride. Elle a accepté aussi de coopérer avec le FBI dans la poursuite de l’enquête.

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De son côté, flairant les risques pour ses activités, Beny Steinmetz a embauché des personnalités de poids comme consultants. Il s’agit de :

  1. Joe Liberman, ancien sénateur à la retraite de l’Etat du Connecticut et ancien candidat à la vice-présidence ; il fut le co-listier du candidat démocrate Albert Gore à la Maison Blanche en 2000,
  2. Louis Freeh, ancien directeur du FBI.

Du côté guinéen qu’a fait la justice  ? Que peut-elle faire aujourd’hui ?  Qu’envisage-t-elle de faire ? Réponse :  trois fois rien vraisemblablement.

Au lieu d’imiter le professionalisme et la probité des institutions étrangères, le régime du Président Alpha Condé — empêtré dans l’incompétence —  a fini par libérer M. Touré et ne semble plus s’interesser aux racines et ramification locales du contentieux. Ceal permet à Ibrahima Sory de se livrer à toutes sortes d’insinuations.
Mais ses déclarations n’atténueront pas et n’effaceront pas sa implication présumée dans le scandale.
D’une part, il semble croire que l’énormité de l’escroquerie se ramène à des conflits de personnes et de famille. D’autre part, il évoque le rôle d’Alpha Condé. A propos de ce dernier, M. Touré divague sottement lorsqu’il suggère que l’actuel président aurait pu être le parrain du mariage de Lansana Conté et de sa demi-soeur !! La démarche est gauche, désespéré et stupide, car M. Condé n’était pas au pouvoir en 2007-2008.

Ibrahima Sory devrait se livrer à un examen de conscience. Il devrait  se repentir pour son rôle —si minime soit-il— dans le vol du 21e siècle que furent les tractations et transactions autour du Simandou.

Hélas, non. Il se complait dans une innocence qui reste à prouver. Et il diabolise sa demi-soeur, aujourd’hui acculée ici en Amérique.

A mon avis, il devrait plutôt la respecter et la soutenir en ces temps d’épreuve et de vaches maigres. Ne serait-ce qu’en reconnaissance pour les avantages qu’il tira de leur consanguinité aux beaux jours et durant les années grasses de BSGR-Guinée.

De toutes les façons, l’Histoire l’a déjà condamné à travers le milliardaire soudanais, Mohamed ‘Mo’ Ibrahim, qui déclara en 2011, à juste titre,  que les Guinéens qui participèrent à la signature du contrat minier du Simandou au profit de BSGR, sont “soit des  idiots, soit des criminels, ou les deux”.
Les Guinéens empochèrent des miettes, certes. En l’occurrence quelques dizanes millions de dollars dispensés par BSGR. Mais peu après le diamantaire Israélien vendit 51% de parts d’investissements au géant brésilien Vale en échange de US $2.5 milliards. Il reçut immédiatement un chèque de US$ 500 millions.

[Lire Mining And Corruption. Crying Foul In Guinea ]

M. Touré a beau jeu de nier aujourd’hui qu’il fut un beau-frère de Lansana Conté.  Il n’en fit probablement pas moins partie du groupe dénoncé par Mo Ibrahim. L’opinion de celui-ci fit le tour de la planète sur Internet. Frappante et adéquate, sa formule résume éloquemment la faillite guinéenne.

Qu’Ibrahima Sory Touré en soit conscient ou pas, peu importe.

Les mots de “Mo’’ sonnent comme un verdict. Et ils pourraient  coller à la face et au dos de M. Touré, et lui convenir comme une paire de gants — ou de menottes.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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