Bonnet noir, noir bonnet (bis)

Ceux qui se ressemblent s’assemblent !
Lire Moussa Dadis Camara : « Cellou Dalein Diallo et moi échangeons des idées »

Conakry, janvier 2009, suite à une eniéme descente d'intimidation et de pillage du CNDD au domicile de Cellou Dalen, le Premier ministre Komara Kabine effectue une visite de consolation. Au premie plan, portant le bonnet puuto, on note Saliou Bella Diallo, ancien vice-président de l'UFDG, qui a depuis rejoint Alpha Condé.
Conakry, janvier 2009, suite à une eniéme descente d’intimidation et de pillage du CNDD au domicile de Cellou Dalen, le Premier ministre Komara Kabine effectue une visite de consolation. Au premie plan, portant le bonnet puuto, on note Saliou Bella Diallo, ancien vice-président de l’UFDG, qui a depuis changé de camp en rejoignant Alpha Condé. Lire Une erreur du CNDD sur Cellou Dalein Diallo ?

En août 2014, j’avais déjà été alarmé par la visite du dirigeant du Parti Libéral, Faya Millimouno, à Moussa Dadis Camara, en exil à Ouagadougou.

J’avoue ma frustration face à l’obstination de Cellou Dalein Diallo, le dirigeant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG),  à se placer sous la tutelle posthume du Général Lansana Conté, deuxième dictateur de la Guinée.

Lire “Opposition et Majorité. Bonnet Noir, Noir Bonnet

Hélas, depuis le 19 courant, M. Diallo a bouclé la boucle en se rendant, une fois de plus, auprès de Moussa Dadis Camara : son ancien persécuteur, ex-chef de la junte militaire du Conseil national pour la démocratie et le développement, et futur rival à l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Le sigle du parti de MM. Diallo et Bah (Oury) inclut le mot démocratique.
En courtisant l’alliance de M. Dadis Camara, l’UFDG contredit cet adjectif. La formation politique se départit même de sa mission, pour autant que celle-ci viserait à unir les forces démocratiques de Guinée. Car Moussa Dadis ne se compte pas parmi les démocrates du pays.

Au contraire, il débuta et poursuivi sa carrière militaire sous la dictature de Lansana Conté. En, 2006, 2007, 2008, Moussa Dadis, Pivi “Coplan” Togba, etc. devinrent les cerbères que Président Conté, gravement malade, lança contre les revendications  des syndicats, de la société civile, et des étudiants.
Et parmi ces derniers, ils commirent les plus violentes répressions publiques de la Guinée post-coloniale, faisant des centaines de victimes (morts et blessés).

Récidiviste donc, c’est sans état d’âme que le CNDD de Moussa Dadis ordonna le massacre des manifestants rassemblés au stade sportif de Conakry, le 28 septembre 2009.

Que  le rapport accablant de l’ONU nomme Moussa Dadis Camara comme suspect dans la tuerie et les viols de 2009, cela n’a aucune importance pour la majorité et et l’opposition politique guinéennes.

Ce qui compte par dessus tout, à leurs yeux, c’est l’accès à la présidence de la république. Par tous les moyens possibles et imaginables. Y compris le renoncement de soi, le mépris du sacrifice suprême de leurs militants, etc.

La fin de l’impunité, la justice pour les victimes ? Ces programmes n’existent pas dans leur platforme électoraliste. C’est le cadet de leurs soucis. Et s’ils les mentionnent périodiquement, on sent que l’esprit et le coeur n’y sont pas.

Pour les Guinéens, ce constat amer signifie qu’il n’y pas de différence de nature entre Alpha Condé et ses opposants. Au contraire, hier comme aujourd’hui, c’est bonnet noir, et noir bonnet.

La Guinée n’est pas au bout de sa misère. Car il n’y a pas de lueur au bout de son  tunnel de cinquante-sept ans.

Tierno S. Bah