Dadis : officier félon, tueur récidiviste

 Palais du Peuple, Conakry, 2 septembre 2009. Capitaine Moussa Dadis Camara lors d'une rencontre avec les partis politiques et la société civile. En violation de son double serment contraire antérieur sur la Bible et le Qur'an, il nsistant sur sa volonté de rester au pouvoir. Son argument principal était seule l'armée pouvait diriger la Guinée : “un pays foutu”, souligna-t-il. Le chef de la junte militaire appuya ostensiblement ses propos menaçants par le port à la hanche d'un <strong>pistolet-mitrailleur du type Uzi</strong>. Sa main droite tient ici le microphone. Mais il est presque certain qu'elle a manipulé aussi la mitraillette pour faucher la vie d'élèves et de manifestants civils en 2005, 2006 et 2007, sur les ordres du Général Lansana Conté. Dadis a dû prouver et satisfaire la brutalité répressive de Conté. A tel point qu'il désigna le capitaine comme son dauphin secret, au détriment de Somparé Aboubacar, président de l'Assemblée nationale et donc successeur constitutionnel, mais dont le mandat avait expiré depuis 2005.
Palais du Peuple, Conakry, 2 septembre 2009. Capitaine Moussa Dadis Camara lors d’une rencontre avec les partis politiques et la société civile. Violant son double serment contraire antérieur sur la Bible et le Qur’an, il insista sur sa volonté de rester au pouvoir. Son argument principal était seule l’armée pouvait diriger la Guinée : “un pays foutu”, souligna-t-il. Le chef de la junte militaire appuya ostensiblement ses propos menaçants par le port à la hanche d’un pistolet-mitrailleur du type Uzi. Sa main droite tient ici le microphone. Mais il est presque certain que, sur les ordres du Général Lansana Conté, la même main a manipulé la mitraillette pour tuer des dizaines d’élèves et de manifestants civils lors des évènements publics de 2005, 2006 et 2007. (Voir le film Cona’Cris. La révolution orphenline. Lire Les martyrs trompés de 2007) Dadis dut certainement participer, directement ou indirectement, à la brutalité et à la répression meurtrière de Conté. A tel point que le capitaine devint le dauphin secret du pouvoir, au détriment de Somparé Aboubacar, président de l’Assemblée nationale et donc successeur constitutionnel, mais dont le mandat avait expiré depuis 2005.

Armée : rôle classique et devoir constitutionnel

Note. Plutôt que de réinventer des généralités sur l’art militaire, les passages suivants s’inspirent d’un article de Wikipédia.

“Les Forces Armées constituent la force militaire” d’un pays. Elles sonts chargées “de la défense du pays et de la protection des intérêts nationaux.”
Une armée républicaine forme et développe le savoir-faire de ses membres. Elle prône et cultive la paix, l’humanisme et le contact avec les populations.

Mission

“Les Forces armées ont pour mission de détenir et mettre en œuvre les armes” dans le but — et sur décision du Gouvernement — de :

  • “préserver les intérêts supérieurs du pays (le maintien de l’intégrité du territoire national, le libre exercice de la souveraineté et la protection de sa population et de ses ressortissants)
  • contribuer à la sécurité et à la défense de l’espace territorial
  • contribuer aux actions en faveur de la paix et du droit international.”

Cadre d’emploi

Le cadre d’emploi des Forces armées recouvre :

  • des opérations de soutien de la paix et du droit international sous mandat de l’Organisation des Nations unies (ONU)
  • des interventions au sein d’une alliance ou d’une coalition multinationale, notamment au sein de l’Union Africaine, d’ECOWAS, de l’ONU
  • des opérations dans un cadre national, par exemple dans le cadre des accords bilatéraux de défense

Officier félon

La personnalité de l’officier Moussa Dadis Camara fut moulée dans l’armée du Général Conté. Il en porte les principaux traits de marque négatifs : la fourberie, la félonie, la schizophrénie.

La fourberie procède du fait qu’il dit le contraire de ce qu’il fait, et qu’il fait le contraire de ce qu’il dit. Il poussa ce trait de caractère et de comportement jusqu’au parjure religieux.
Lire L’Auto-malédiction de Moussa Dadis Camara.

La félonie découle de sa trahison de la mission de l’armée au sens définie ci-dessus. Au lieu de protéger le pays et d’assurer la sécurité des populations, il se comporta en fauve prédateur qui, directement ou indirectement, participa au massacre public de citoyens protestant pacifiquement contre la dictature du Général Conté.

Tueur récidiviste

Le bilan sanglant et meurtrier du capitaine Moussa Dadis Camara couvre vraisemblablement les années 2005, 2006, 2007. Et très certainement le massacre du 28 septembre 2009.  Il s’agit donc d’un tueur récidiviste, qui perpétra ses crimes avec une arme aussi létale que le Uzi. De marque israélienne, c’est “le premier pistolet mitrailleur moderne à connaître une très importante diffusion puisqu’il a été adopté par une cinquantaine de pays pour équiper leurs forces armées et leurs services de police. Cette arme semble être également populaire auprès des mafias et des gangs, favorisant ses apparitions dans les mains des gangsters des films de fiction.”

PM Uzi-Pro. Sa cadence de tir est de 1050 coups à la minute avec une portée de 100 mètres
PM Uzi-Pro. Sa cadence de tir est de 1050 coups à la minute avec une portée de 100 mètres

 

mini-Uzi. Sa cadence de tir automatique est de 950 coups par minute
mini-Uzi. Sa cadence de tir automatique est de 950 coups par minute
micro-Uzi. Sa cadence de tir automatique dépasse les 1 200 coups par minute, mais sa portée n'excède pas trente mètres.
micro-Uzi. Sa cadence de tir automatique dépasse les 1 200 coups par minute, mais sa portée n’excède pas trente mètres.

Violer, mutiler et tuer à l’arme blanche

Le 29 septembre 2009, les hordes assassines du chef de la junte du CNDD ne se limitèrent pas à l’usage de leurs puissantes armes à feux. Elles employèrent aussi les armes blanches (couteaux, baïonnettes) pour intimider, violer, mutiler et tuer.

Conakry, massacre du 28 septembre 2009. Cadavre d'une femme violée, mutilée. L'agrandissement de la photo et son examen révèlent la cause de la mort de la victime : <strong>elle fut égorgée.</strong> D'où la position allongée du corps, sur le ventre, la tête presque découpée et le visage baignant dans son sang, entièrement rougi. Qui est-elle ? Quel est son nom ? Son domicile ? Son occupation ou profession ? Où et comment les bourreaux du CNDD disposèrent-ils de son corps ? Dans quelle fosse commune ou charnier ? Autant de questions sans réponse. L'Histoire retient toutefois que cette jeune militante de la démocratie se joignit à des milliers de concitoyen(ne)s au stade sportif pour exiger que Dadis respecte son engagement à quitter le pouvoir après une période de transition. Hélas, elle ne revint pas du meeting. Au contraire, la vie de cette Guinéenne s'y acheva violemment et ignominieusement aux mains d'assassins barbares, d'une soldatesque monstrueuse, assoiffée de sang. Qui laisse-t-elle derrière ici-bas : des parents, des copines, des amis, des collègues, certes, mais aussi peut-être un fiancé, un mari, des enfants en bas âge ?
Conakry, massacre du 28 septembre 2009. Cadavre d’une femme violée, mutilée. L’agrandissement de la photo et son examen révèlent la cause de la mort de la victime : elle fut égorgée. D’où la position allongée du corps, sur le ventre, la tête presque découpée et le visage baignant dans son sang, entièrement rougi. Qui est-elle ? Quel est son nom ? Son domicile ? Son occupation ou profession ? Où et comment les bourreaux du CNDD disposèrent-ils de son corps ? Dans quelle fosse commune ou charnier ? Autant de questions sans réponse. L’Histoire retient toutefois que cette jeune militante de la démocratie se joignit à des milliers de concitoyen(ne)s au stade sportif pour exiger que Dadis respecte son engagement à quitter le pouvoir après une période de transition. Hélas, elle ne revint pas du meeting. Au contraire, la vie de cette Guinéenne s’y acheva violemment et ignominieusement aux mains d’assassins barbares, d’une soldatesque monstrueuse, assoiffée de sang. Qui laisse-t-elle derrière ici-bas : des parents, des copines, des amis, des collègues, certes, mais aussi peut-être un fiancé, un mari, des enfants en bas âge ?

Alliance anti-historique, injustifiable, inadmissible

L’UFDG et le parti naissant de Moussa Dadis Camara ont peut-être une mémoire sélective. Ou alors ils souffrent d’une amnésie collective. Mais les images ci-dessus restent gravées dans l’expérience tragique et traumatisante des Guinéens sous le règne de terreur de la junte militaire du soi-disant Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).
L’alliance politique signée entre Cellou Dalein Diallo et Moussa Dadis Camara est un acte anti-historique, injustifiable et inadmissible.

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

Founder and publisher of webAfriqa, the African content portal, comprising: webAFriqa.net, webFuuta.net, webPulaaku,net, webMande.net, webCote.net, webForet.net, webGuinee.net, WikiGuinee.net, Campboiro.org, AfriXML.net, and webAmeriqa.com.