Dadis reconnaît sa « responsabilité morale »

Capitaine Moussa Dadis Camara au Camp Alpha Yaya, Conakry, 2009
Capitaine Moussa Dadis Camara au Camp Alpha Yaya, Conakry, 2009
Lors d’une audition devant la justice lundi à Ouagadougou, Moussa Dadis Camara a reconnu sa « responsabilité morale » dans le massacre de plus de 150 opposants dans un stade de Conakry le 28 septembre 2009. Cependant, il a rejeté les charges pénales qui pèsent contre lui.

Moussa Dadis Camara a été entendu lundi 13 juillet et interrogé par des magistrats guinéens pendant plus de 9 heures. « En l’état actuel de la procédure, il a dit qu’il ne reconnaissait pas les faits », a fait savoir Me Jean-Baptiste Jocamey Haba, son avocat.

Moussa Dadis Camara a toujours nié sa responsabilité criminelle dans les faits qui lui sont reprochés lors du massacre du 28 septembre 2009. Ce jour-là, des militaires et des forces de sécurité ont réprimé dans le sang un rassemblement pacifique des partis d’opposition dans un stade de la capitale Conakry. Plus de 150 personnes ont été tuées et une centaine d’autres ont été violées.

Une « responsabilité morale »

Pour la première fois lundi, l’ex-chef de la junte militaire en Guinée a cependant reconnu sa « responsabilité morale » en tant que président et commandant en chef des forces armées au moment des faits, à « l’image d’un père de famille qui répond des actes posés par ses enfants », a expliqué son avocat.

Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso depuis 2010, a été inculpé le 8 juillet à Ouagadougou pour complicité d’assassinats, séquestrations, viols, coups et blessures. Il est par ailleurs candidat à la prochaine présidentielle en Guinée et a affirmé à Jeune Afrique vouloir y retourner prochainement.

Jeune Afrique

Commentaire

Dans un blog précédent j’ai relevé la fragilité des arguments de l’avocat de Moussa Dadis Camara, Me Jean-Baptiste Jocamey Haba (lire  Dadis serait-il devenu démuni ? Amen !)

Il persiste ici dans son approche plutôt superficielle. Et au lieu de préparer rigoureusement la défense de son client en vue, il se perd dans des comparaisons non-valables et irrecevables devant une cour de justice. En effet on n’y considère et retient que les faits, preuves, témoignages, alibis, et circonstances atténuantes ou aggravantes, etc. Les jugements moraux ne déterminent ni ne décident du verdict et de la sentence d’un accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité comme Moussa Dadis Camara.

Dadis n’était pas le père de la Guinée et les citoyens ne sont  les enfants de personne. Lire à ce sujet la réfutation faite par feu Bâ Mamadou dans son article La Guinée est une République, pas une famille.

Il est futile d’idéaliser un tel homme, qui se montra capable des pires pitreries (le Dadis Show) et des plus atroces et viles cruautés (Massacre du 28 septembre 2009) contre les Guinéens. Lire Le sermon politico-religieux d’Elhadj Biro Diallo.

Un putsch militaire imposa Dadis à la tête de l”Etat. Illégalement et illégitimement. Il s’y maintint par le parjure (lire L’auto-malédiction de Moussa Dadis Camara), le vol, la violence et le viol. . Il a toujours des supporters, principalement à Nzérékoré, la capitale de la Guinée Forestière, mais aussi à travers le pays. Soit. Charles Taylor et Laurent Gbagbo bénéficiaient du même soutien. La CPI n’en n’a pas tenu compte de ces groupes. Elle a jugé (ou jugera) impartiellement les accusés.
En matière de justice la rhétorique politicienne, les formules démagogiques et les tentatives d’attendrissement sont vaines — A moins qu’il ne plaide pour insanité mentale ! Et encore …

Le succès de l’accusation (par le procureur) et de la défense (par les avocats, y compris Me Jean-Baptiste Jocamey Haba) dépendent de l’objectivité de leur prestation devant la cour. La sentimentalité et la subjectivité de leur appels ne pèseront dans la Balance de la Justice.

Tierno S. Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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