Dadis refoulé ! Dilemme Opposition et Majorité

Moussa Dadis Camara
Moussa Dadis Camara en mars 2015 à Ouagadougou, Burkina Faso

Les feux de l’actualité pointent ce matin sur Moussa Dadis Camara. Lire les trois dépêches d’agence reproduites plus bas. Paradoxalement, cette situation met le régime d’Alpha Condé et sa majorité présidentielle, d’une part, et l’opposition, d’autre part, dans un dilemme : celui de la renaissance politique et des aspirations presidentielles du ci-devant Moussa Dadis Camara, pourtant inculpé de complicité dans le massacre du stade, le 28 septembre 2009 et dès lors légalement inéligible pour la magistrature suprême du pays.
Pour ma part, j’accuse les autorités que l’opposition guinéennes, en general, et l’UFDG en particulier, de contribuer au cafouillage, à la confusion et aux tensions potentielles, engendrés par les fanfaronnades et les mouvements transfrontaliers de Dadis.

Côté Gouvernement

Les autorités de Conakry doivent s’inspirer du procès du dictateur Hissene Habre à Dakar —les séances reprendront en septembre —, pour émettre un mandat d’arrêt contre Moussa Dadis Camara. Survenant après l’inculpation de l’ex-capitaine putschiste — obséquieusement appelé ex-Président —, une telle démarche est non seulement logique et légale, elle est désormais nécessaire, indispensable et urgente.
M. Alpha Condé se doit également instruire son ministre de la Justice de s’engager comme au Burkina Faso, où le Procureur General de la republique a annoncé la tenue en décembre des assises contre l’ancien dictateur Blaise Compaoré, accusé de haute trahison.

Côté opposition

Lle chef de file de l’opposition et les autres leaders politiques font preuve d’une amnésie condamnable et d’une indifférence coupable. En effet, ils feignent d’oublier aujourd’hui que les citoyens et citoyennes tués, blessés et violées en 2009, le doivent au fait qu’ils s’étaient rassemblés  au stade à l’appel des politiciens. Tout ce monde tenait à manifester contre le projet de candidature du chef de la junte militaire du CNDD, Capitaine Moussa Dadis Camara, à l’élection présidentielle envisagée alors.

Faisant fi du bon sens le plus élémentaire, l’opposition voit aujourd’hui  en Dadis un compagnon de route. Elle lui fait la cour et lui offre des ouvertures. Lire, entre autres :

Ainsi, par la voix autorisée de Messieurs Cellou Dalein Diallo, Oury Bah et Tierno Monenembo, l’UFDG avance que Dadis représenterait 10 % de l’électorat dans la présidentielle prévue pour le 11 octobre prochain. A mon avis, une telle estimation est spéculative, naive et illusoire. Car la Guinée Forestière constitue un microcosme ethnolinguistique où les Kpèllè (Guerzé) — l’ethnie de Dadis — est certes relativement plus nombreuse que les sept autres ethnies : Kisi, Toma, Manon, Konon, Lele, Maninka, Yacouba.
Mais cela ne signifie nullement que Dadis bénéficie du support de tous les peuples de la Foret. Pis, même parmi les Kpèllè, il doit compter avec la rivalité de politiciens, tels que Jean-Marie Dore, Papa Koly Kourouma.

Le temps de la “Justice nationale”

Dans une déclaration publiée en juin 2014, Cheick Sako, ministre de la justice, Garde des Sceaux, proclamait : “Il y aura une justice nationale”. Mais les faits sont plus éloquents ques les mots. Et malheureusement depuis la date de cette affirmation, l’affaire du massacre n’a avancé qu’à pas de tortue. Avec notamment l’inculpation — opportuniste, brumeuse et récente — d’anciens officiels de la junte militaire.
Mais aujourd’hui, si le Burkina Faso ne tient pas à mettre Dadis en état d’arrestation, il incombe au Président Alpha Condé — le soi-disant Mandela et Obama guinéen — de demander l’extradition de l’ex-capitaine afin qu’il réponde devant un tribunal des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité que le peuple de Guinée et la communauté internationale lui imputent.

Equité et Justice

Les techonologies, produits et services de la révolution numérique ont, au 21e siècle, une influence palpable sur les états et les sociétés à travers le globe. Elles sont la source et le moteur de la mondialisation en cours.
Pendant un demi-siècle Sékou Touré et Lansana Conté commirent, loin du regard de la communauté mondiale, les pires abus et des crimes abominables. Dans le cas de Sékou, seules les images du Camp Boiro qu’il commandita lui-même nous sont restées.  Par contre, les témoignages photographiques et/ou filmés  devinrent monnaie courante durant les deux dernières années du sombre et violent règne de Conté.

Voir le film documentaire Cona’cris, la révolution orpheline

A l’ère  du numérique, Moussa Dadis Camara, lui, fut pris la main sanglante dans le sac du crime. Et un smartphone probablement de gamme ordinaire suffit pour saisir les images du carnage au stade. Le Worldwide Web diffusa instantanément ces preuves visuelles et irréfutables, qui enclenchèrent le processus de neutralisation du capitaine cinglé du CNDD. Au diapason avec l’humanité,  Président Obama et la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, condamnèrent  énergiquement les atrocités.… Quelque mois plus tard, un avion acheminait vers Rabat un Dadis inerte sur une civière, Les chirurgiens marocains l’arrachèrent à la mort.
Guéri, Dadis ne parvient cependant pas à réfléchir avec lucidité et à tirer des leçons d’humilité sur son passage — éclair et désastreux — au devant de la scène publique. Au contraire, il est toujours persuadé de l’importance de son rôle politique et de la grandeur de son destin national.
En réalité, son avenir est derrrière lui. Et il est couvert du sang d’innocents Guinéens.

Deux poids deux mesures ? Non !

Charles Taylor et Laurent Gbagbo comptent parmi les prédécesseurs de Dadis sur le chemin de la violence politicienne et de la criminalité politique.
Après un procès équitable, le premier fut reconnu coupable et condamné à 50 ans de prison. Il purge actuellement sa peine en Grande Bretagne.
Le second est emprisonné à La Hayes où il attend de comparaître — en bonne et due forme — devant le Tribunal Pénal International.

Aux mêmes crimes les mêmes sanctions et la même punition ! Au nom de l’Equité et de la Justice ! Ce principe exclut toute exception. Il rejette notamment  la règle, compromettante et inique, du “deux poids deux mesures”. En conséquence, Moussa Dadis Camara doit subir le même traitement judiciaire que ses deux aînés et voisins, libérien et ivoirien, respectivement.

Les chiens aboient, la caravane passe !

Quant aux supporters de Dadis qui s’agitent à Nzérékoré et ailleurs en Guinée, ils ne devraient pas un seul instant oublier que Messieurs Taylor et Gbagbo avaient, eux aussi, des militants ardents. Mais, contrairement à la Guinée, ces agitateurs et obligés n’ont pas pu bloquer le cours de la Justice. Bien au contraire, appuyés par des avocats défenseurs de leur choix, les deux accusés ont dû répondre de leurs crimes devant la loi. Et pour n’avoir pas pu fournir des alibis, des circonstances atténuantes et des preuves matérielles et crédibles de son innocence, Taylor écopa la lourde sentence ci-dessus.
Gbagbo attend son tour d’être jugé…
Je rappelle à tous ceux qui clament et réclament Dadis ce vieux  et combien véridique proverbe : « Les chiens aboient, la caravane passe ! »

Criminalité et impunité

Domptée, handicapée, subjuguée et piétinée depuis 57 ans par la tyrannie consécutive de présidents-dictateurs, la justice guinéenne prouve chaque jour au monde son incompétence et son impuissance, particulièrement dans l’affaire du massacre du 28 septembre 2009.
Mais la communauté internationale n’en exige pas moins que justice soit faite. Et elle continuera de le faire aussi longtemps que la criminalité et  l’impunité règneront en Guinée.
Le monde entier  constate que la majorité et l’opposition guinéennes sont de mèche et qu’elles font double jeu.
D’une part, elles font tout pour empêcher ou retarder le rendez-vous de Dadis et de ses co-accusés avec la Justice. D’autre part, elles crient haut et fort leur intention de faire de la Guinée un Etat de droit. Mais entre leurs propos et leurs actions, le fossé ne fait que s’élargir. Leurs discours n’en sont que moins crédibles et plus creux, et leur rhétorique fallacieuse.

Tierno S. Bah


Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la junte militaire guinéenne, a tenté mardi 25 août après-midi de rentrer à Conakry. Il vit en exil au Burkina Faso depuis cinq ans et a embarqué à bord d’un avion Air Burkina à Ougadougou. Pour rentrer, il a tenté de passer par Abidjan mais son opération de transit par la Côte d’Ivoire n’a pas fonctionné.

C’est à 9h30 que le vol DJ 517 d’Air Burkina était prévu pour atterrissage à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan mais à l’approche de la Côte d’Ivoire, les pilotes reçoivent instruction de dérouter leur appareil Embraer 170 vers Accra au Ghana, instruction qui émanerait apparemment des autorités ivoiriennes.

La cause : parmi les 60 passagers se trouvant à bord, il y en à un pas tout à fait comme les autres. Moussa Dadis Camara qui, depuis plusieurs mois, ne fait plus mystère de sa volonté de retourner dans son pays la Guinée, pour prendre une part active à l’élection présidentielle du 11 octobre.

Une part active mais aux côtés du principal opposant d’Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, opposant à qui Dadis Camara pourrait apporter un important contingent de voix dans la région de la Guinée forestière dont il est originaire.

« On va le ramener au point de départ »

Dès lors, on peut imaginer qu’un retour direct Ouaga-Conakry aurait pu faire l’objet de quelques restrictions de la part des autorités guinéennes d’où cette tentative de subterfuge pour rentrer en Guinée via la Côte d’Ivoire, subterfuge qui ressemble à un fiasco pour celui qui fut chef d’Etat de la Guinée entre septembre 2008 et septembre 2009.

Dadis Camara, président de la Guinée de 2008 à 2009, et sous le commandement duquel la junte militaire s’est rendu tristement célèbre avec le massacre du 28 septembre 2009 : lors d’un meeting 157 Guinéens sont morts et des centaines d’autres ont été blessés par les balles de l’armée

Dès lors, on peut imaginer qu’un retour de l’ex-chef de junte ne soit pas vu d’un très bon œil par les autorités de Conakry. D’où cette tentative de subterfuge de Dadis Camara pour rentrer en Guinée via la Côte d’Ivoire.

Selon la compagnie aérienne Air Burkina, l’avion a redécollé à 12h27 du Ghana pour retourner au Burkina avec à son bord son encombrant passager. En Guinée, où au moins 2000 partisans de Dadis Camara attendait le vol Abidjan-Conakry, la foule a été dispersée par les forces de l’ordre.

A Conakry, les réactions n’ont pas manqué de se faire entendre. A commencer par Papa Koly Kourouma, ministre du gouvernement d’Alpha Condé et oncle de Moussa Dadis Camara :

« Monsieur Dadis Camara souhaiterait bien rentrer à Conakry aujourd’hui. Il a donc fait une réservation Ouaga-Abidjan, Abidjan-Conakry, il devait être en correspondance à Abidjan. Il prenait un vol Air Burkina pour Abidjan, il prenait la correspondance Air Côte d’Ivoire pour Conakry. L’avion Air Burkina arrivé à la verticale d’Abidjan, l’aviation nationale de l’aviation civile a refusé l’atterrissage à l’avion Air Burkina et l’avion était dévié sur Accra. Donc, au moment où je vous parle, l’avion est au sol sur Accra et les passagers qui devaient atterrir à Abidjan ont dû être acheminés par d’autres voies. » Quant à Dadis Camara, « il est dans l’avion et l’avion doit continuer sur Ouaga certainement et on va le ramener au point de départ », avance Papa Koly Kourouma.

RFI


Moussa Dadis Camara a été refoulé par la Cote d’Ivoire et l’avion le transportant a été dérouté sur Accra, la capitale ghanéenne.

En exil au Burkina Faso, Dadis Camara avait annoncé en mai, son intention de rentrer dans son pays pour se porter candidat à la présidentielle d’octobre prochain.

L’ex dirigeant de la junte au pouvoir de 2008 à 2010 après la mort de Lansana Conté n’était pas rentré dans son pays le 15 août dernier comme annoncé par son parti.

Il a été inculpé le 8 juillet pour “complicité d’assassinats, séquestrations, viols, coups et blessures” pour le massacre d’au moins 157 opposants au stade de Conakry le 28 septembre 2009 quand il était au pouvoir.

En juin, il avait reçu à Ouagadougou le leader de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, avec qui il avait fait une alliance en vue des élections prochaines.

Le 28 septembre 2009, au moins 157 personnes ont été tuées, des centaines blessées et des dizaines de femmes violées.

BBC Afrique


Les autorités ivoiriennes ont empêché mercredi l’atterrissage de l’avion transportant l’ancien chef de la junte militaire, Moussa Dadis Camara, en exil àOuagadougou Search Ouagadougou depuis 2010.

L’avion de l’ex chef de la junte militaire, Dadis Camara en partance pour Conakry, a été empêché d’atterrir à Abidjan escale du voyage, apprend KOACI de sources officielles.

En attendant la raison officielle, sont déjà évoquées celles d’ordre juridiques et de “coopération” entre la Guinée et la Côte d’Ivoire.

Après ce refus des autorités ivoiriennes, le leader des Forces Patriotiques pour la Démocratie et le Développement, Moussa Dadis Camara, et son avocat Maître Jocamey Haba, ont dû se rendre à l’aéroport d’Accra où on leur a signifié qu’ils devaient retourner à Ouagadougou.

Allié depuis peu au principal opposant, Cellou Dalein Diallo président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), pour rappel, le parti de Moussa Dadis Camara, avait annoncé en mai dernier son intention de rentrer en Guinée pour prendre part à l’élection présidentielle dont le premier tour est prévu le 11 octobre.

Koaci.com

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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