Famille et photos. Histoire et culture

Je reprends et approfondis ici la publication des photos et commentaires que j’ai retouchées et republiées sur Facebook. Bien que l’une et l’autre plateformes permettent de créer des sites web, WordPress offre des outils supérieurs à ceux de Facebook pour une documentation fouillée. Si Facebook relève du Web fermé (Closed Web),  WordPress — en dehors de sa version commerciale —  est une appartient aux technologies Open Source et Open Web.
Les photos originales ont été originellement affichées sur Facebook par des cousins et neveux, parmi lesquels Lamine Baldé, ingénieur chimiste à la retraite en France. Les images montrent le patriarche Tierno Chaikou Baldé, et d’autres membres du vaste clan familial hérité et amplifié par mon grand-père maternel, Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan, ses frères et ses soeurs, leurs fils et descendants, de la deuxième moitié du 19è siècle jusqu’à nos jours.
J’eus la chance et le bonheur de grandir et de tisser des liens personnels avec la plupart des personnes figurant sur les différents clichés.…
Cet album est évidemment partiel, vu qu’il ne comporte que neuf photos sur des centaines de portraits visuels constitués au fil des décennies. Il reste dynamique et ouvert aux ajouts et contributions. Mes annotations portent sur des données biographiques, et, le cas échéant, elles offrent des remarques sur la contribution culturelle et politique de la personne indiquée. Ce survol et cet effort sont incomplets. Mais ils offrent l’occasion de rendre  un hommage à la mémoire de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa Ndiyan, mon grand-père maternel, ainsi qu’un rappel sur ses nombreux, pieux et vertueux enfants et leur descendance.

 

Tierno Chaikou Baldé, se fils, fille, bru, petis-fils, à Paris en 1960 (Source: Lamine Baldé)
Tierno Chaikou Baldé, se fils, fille, bru, petis-fils, à Paris en 1960 (Source: Lamine Baldé)
  • Tierno Chaikou Baldé (à l’extrême-droite, mon oncle, 5ème fils de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan), instituteur, inspecteur d’académie, chercheur, auteur, précurseur et fondateur de la recherche en sciences sociale de Guinée française (1936-1958).
    Il fut ensuite directeur de l’Institut national de la recherche et de la documentation et de la bibliothèque nationale (INRDG) de la Guinée indépendante (1962-1967?).

    • Membre fondateur de l’Amicale Gilbert Vieillard en 1943
    • Colistier de Barry Ibrahima III à la tête du parti Démocratie Socialiste de Guinée pour l’élection générale de 1956. Le PDG remporta le vote et Sékou Touré devint vice-président du Conseil de gouvernement en 1957. La Guinée ne s’est pas remise des conséquences de ce résultat électoral et de l’accession du dictateur en herbe à la tête de la Guinée française, d’abord, et de la république de Guinée, après 1958
      A noter que la DSG et le Bloc Africain de Guinée (BAG), dirigé par Barry Diawadou fusionnèrent dans le Parti du Rassemblement Africain (PRA) en 1958. Ce parti avait comme leaders des personnalités comme Lamine Guèye, Léopold Sedar Senghor, etc. En Guinée et en Afrique Occidentale Française (AOF) il devint la principale formation d’opposition au Rassemblement Démocratique Africain, mené par Félix Houphouêt-Boigny de Côte d’Ivoire.
    • Co-organisateur pour le domaine Pular/Fulfulde, avec Amadou Hampâté Bâ, Pierre Francis Lacroix, etc., de la réunion des experts de l’UNESCO pour la standardisation de l’alphabet des langues africaines (Bamako, 1966)
  • debout, de gauches à droite :
  • un petit-fils, feu Saifoulaye Sow, fils de Mamadou Sow, fusillé au Camp Boiro
  • sa fille Mariame, épouse du ministre Alioune Dramé, assassiné au Camp Boiro
Tierno Chaikou Baldé, Barratou, Ousmane, Kadidiatou et petite-fille
Tierno Chaikou Baldé, Barratou, Ousmane, Kadidiatou et petite-fille. Labé, vers 1961. (Source : Lamine Baldé)

Tierno Chaikou Baldé, entouré de:

  • Sa nièce: feue Barratou
  • Ses petite-filles: feue Ousmane et Kadidiatou (toutes deux filles de feu Elhadj  Ibrahima Gasama, le père de Siradiou Diallo, et feue Hadja  Rayhanatou, fille de Karamoko Bano et Neenan Tahirou)
  • Son arrière-petite-fille, fille aînée d’Ousmane
Neenan Tahirou, ses fils, fille, neveux
Neenan Tahirou, ses fils, fille, neveux. (Source : Lamine Baldé)

Feue Neenan Tahirou (assise au milieu) épouse de Karamoko Bano (2e fils de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan) entourée de:

  • Sa fille, feue Hadja Rayhanatou (ma cousine), assise à sa droite
  • Son fils puiné, feu Elhadj Mamadou Libraire (mon cousin, avec lunettes noires). Il survécut à son emprisonnement au Camp Boiro en 1972-1973.
    Elhadj Bah fut le premier et unique propriétaire d’une librairie à Labé. L’établissement s’appelait “La Petite Librairie”, et se situait à l’angle nord-est du marché central, de 1955 à 1958 environ. Pré-adolescent, j’y passai de longues heures, accoudé au comptoir de la boutique, lisant gratuitement les journaux importés sous l’oeil  bienveillant — et les propos parfois taquins — de mon cousin.
    Les séances de lecture se poursuivront plus tard, de Labé à Conakry, où collégien de 14 ans, je fréquentais régulièrement la bibliothèque nationale sise à Boulbinet. Tierno Chaikou dirigeait l’institution et j’avais alors le loisir d’interrompre mes consultations en montant au dernier étage de l’immeuble où mon oncle résidait avec sa famille. Après le déjeuner feu cousin Tierno Aliou et moi avions une conversation animée et, en rétrospective, formatrice pour moi.

    Fanny Lalande Isnard
    Fanny Lalande Isnard, bibliothécaire retraitée

    Il y a quelques années, l’ancienne bibliothécaire de l’INRDG, Mme Fanny Lalande Isnard —diplômée de La Sorbonne —,  adressa un email de félicitation à mon site webGuinée pour la qualité du contenu. En réponse je la remerciai, elle et mon oncle, pour leur contribution à ma formation.…

    [En 1971-72, bien qu’épuisé et souffrant, Tierno Chaikou se prêta volontiers à mes questions dans le cadre des recherches de mon mémoire de fin d’études supérieures sur le thème de la phonématique du Pular du Fuuta-Jalon.…]

    En définitive, je complimentai Mme Isnard pour les services rendus aux lecteurs de la bibliothèque, moi y compris. Cela, rappellons-le, c’était au milieu des années 1960. Aujourd’hui, au 21ème siècle la Guinée n’a pas de bibliothèque, d’archives et de musée, dignes de ces noms.…
    Elhadj “Libraire” appartenait à l’aile progressiste du Parti démocratique de Guinée. Déployée notamment sur l’axe Mamou-Dalaba-Pita-Labé, cette sensibilité politique essaya de stopper la mégalomanie et le cumul de fonctions par Sékou Touré. En 2003, le rédacteur en chef du satirique hebdomadaire Le Lynx, Abraham Hassan Keita, me donna une copie du procès-verbal d’une rencontre des sous-sections PDG de Labé et de Pita, dans lequel les participants partageaient leur communauté  de vue et exprimaient leur solidarité à la sous-section de Mamou, face à l’intimidation, aux menaces et finalement aux sanctions envisagées par Sékou Touré. Le nom de Mamadou Bah “Libraire” figurait parmi les signataires du procès-verbal. Pour rappel Mamou avait en effet rappelé au secrétaire général du PDG leur adhésion stricte à la hiérarchie doctrinale du parti. Celle-ci plaçait le peuple au-dessus du parti, et le parti au-dessus du leader.
    Mamou avait aussi contraint Sékou Touré à écarter Louis Lansana Béavogui  et à maintenir Saifoulaye — maire de Mamou — comme co-candidat du PDG à l’élection législative de 1957.
    Lire The Parti Démocratique de Guinée and the Mamou ‘deviation’.

  • Son neveu feu Elhadj Bah Mamadou Bano, (mon cousin à l’extrême-droite, avec lunettes claires). Arrêté peu après son père, alors qu’il était secrétaire d’Etat au Budget, il fut emprisonné pendant 8 ans au Camp Boiro. Bah Bano était le fils aîné de Tierno Mamadou Bah, frère cadet de Karamoko Bano et quatrième fils de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan. Deux fois retraité, imam adjoint de la Mosquée Karamoko Alfa, Tierno Mamdou fut absurdement accusé d’être un mercenaire et emprisonné au Camp Soundiata Keita de Kankan en décembre 1970. Il y tomba malade et mourut privé de soins médicaux. Pis, Sékou refusa le rite funéraire musulman à la dépouille du vénérable patriarche, qui fut enterré secrètement dans une tombe anonyme.
  • Feu Elhadj Amadou Daara Sow, instituteur, frère aîné d’Alfâ Ibrâhîm Sow (bonnet laafa)
  • Feu Elhadj Elimane Bah (mon cousin, en bonnet noir), neveu de Tierno Chaikou
  • Feu Siradiou Tounni Bah, instituteur et allié familial
Hadja Kadidiatou Jiwo Ɓuuɓa
Hadja Kadidiatou Jiwo Ɓuuɓa. (Source : Lamine Baldé)
  • Feue Hadja Jiwo Ɓuuɓa (ma cousine, et la nièce et grande amie de ma mère). On la connut davantage par ce surnom (qui signifie littéralement la Fille de Ɓuuɓa-Ndiyan, le village de résidence de son grand-père). Mais son nom de baptême est Kadidiatou en l’honneur de sa tante, la soeur cadette de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan et grand-mère paternelle de Saifoulaye Diallo et de ses trois frères (Alfa Mamadou Daa’i, Kawousullaye, Maadiou).  Par déférence à cette matriarche, le surnom Jiwo Ɓuuɓa éclipsa le nom de baptême. Ma mère et Hadja Jiwo sont toutes deux filleules et homonymes —parmi tant d’autres — de la vénérée Pati Kadidiatou.
  • Fille aînée de Karamoko Bano
  • Aînée des petites-filles de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan
  • Epouse de Tierno Chaikou Manda, mon cousin, éducateur, auteur Ajamiyya Pular, fils aîné de Tierno Siradiou : mon oncle maternel, parrain, maître d’école coranique, et l’ainé de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan. Tierno Siradiou succéda à son père comme imam de la Mosquée Karamoko Alfa mo Labe (1937-1958).
  • Matriarche d’une nombreuse descendance
Neenan Roughiata Diallo et famille
Neenan Roughiata Diallo et famille. (Source : Lamine Baldé)

Feue Hadja Roughiata Diallo, belle-soeur et grande amie de ma mère. Epouse d’abord de Tierno Abdoulaye, enterré dans l’enceinte de la mosquée de Kissidougou. Au décès de celui-ci, elle épousa le frère cadet, feu Tierno Habib, qui succéda à Tierno Siradiou comme imam de la Mosquée Karamoko Alfa mo Labe.
Elle est entourée de ses enfants:

  • De gauche à droite, mes deux jeunes cousins Misbaou et le benjamin, Abdoul-Majid (?)
  • Cousin feu Hassimiou Baldé, avocat tenant sa fille aînée dans ses bras. Il fut condamné et purgea cinq ans de prison au Camp Camayenne, devenu Camp Boiro dans le faux Complot des Enseignants, qui brisa l’élan et la vocation de l’intelligentsia guinéenne.
  • Cousin Elhadj Tierno Aliou Bah, promotion Lénine (la première) de l’université guinéenne
  • Cousine Hadja Asmaou, fille aînée de Neenan Roughiata, épouse d’Elhadj Mountagha Baldé, un survivant du Camp Boiro
Elhadj Siradiou Baldé et Elhadj Abdoulaye Pilimini
Elhadj Siradiou Baldé et Elhadj Tierno Abdoulaye Pilimini. (Source : Lamine Baldé)

Deux de mes défunts cousins, respectivement 2ème et 3è fils de Karamoko Bano (le 2ème fils de Tierno Aliyyu Ɓuuɓa-Ndiyan). Ils survécurent aux geôles du Camp Boiro. 

  • A gauche, feu Elhadj Siradiou Baldé, qui fut Commandant du Cercle de Pita, Guinée française, puis gouverneur de région (Boffa, etc.) sous la première république
  • A droite, feu Elhadj Tierno Abdoulaye Pilimini, érudit, commerçant, que seule la mort sépara du Poète national du Fuuta-Jalon, Tierno Abdourahmane, son oncle, camarade d’enfance et de formation à Daara-Labe, et compagnon de tous les jours.

Chacun d’eux est le fondateur d’une nombreuse lignée.

Abdourahmane “Para” et Mountagha Balde
Abdourahmane “Para” Bah et Mountagha Baldé. (Source : Lamine Baldé)
  • A gauche feu Elhadj Abdourahmane “Para” Bah (mon neveu), fils aîné de feu Elhadj Oumar Rafiou et feue Hadja Fatoumata Sylla Diallo
  • A droite, Elhadj Mountagha Baldé (mon cousin), condamné en 1961 à cinq ans de prison dans le faux Complot des Enseignants

Tierno S. Bah

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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