Sékou Touré : Droits violés, démocratie pervertie

Scène de torture au Camp Boiro, années 1970-72. Source: Association AVRE (Aide aux Victimes de la Répression en Exil)
Scène de torture au Camp Boiro, années 1970-72. Source: Association AVRE (Aide aux Victimes de la Répression en Exil)

Du même auteur La FEANF et les grandes heures du mouvement syndical étudiant noir

Sections précédentes dans cette série :
Sékou Touré et son régime
Sékou Touré : Gouvernement par le Complot et le Crime

Cette livraison contient le 6e chapitre de Sékou Touré, l’homme et son régime. Lettre ouverte au Président Mitterand. Paris : Editions Berger-Levrault. 1982, 106 pages, par feu Docteur-Professeur Charles Diané. La publication réfletait l’opinion de la communauté guinéenne et d’une partie de l’opinion publique française, opposées au rapprochement franco-guinéen. Lancé par Valéry Giscard d’Estaing, ce processus fut poursuivi par François Mitterand.

Alpha Condé, le candidat du R.P.G. à l’élection présidentielle de 2010 avait proclamé son intention de prendre la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée, c’est-à-dire un pays de jungle qui gémit sous la loi de la force, et qui ignore la force de la loi. Après un  second tour truqué, abitrairement et illégalement différé, il s’est fait  “démocratiquement élire” président. Depuis lors, il a tenu parole. Et le bilan, passé et présent, de sa gouvernance est éloquent. Il se réduit à une tentative délibérée — mais vaine — de replonger le pays dans “la dictature caractérisée” (L.S. Senghor) de Sékou Touré. Qu’on en juge : la violence verbale, physique et létale, l’attaque planifiée par lui-même contre sa résidence en 2011, le déni de justice et le procès téléguidé du Général Nouhou Thiam et de ses co-accusés — sans oublier ceux qui sont morts de torture —, l’autocratie, le culte de la personne, l’obsession minière, la négligence de l’agriculture, de la santé et de l’éducation, le népotisme, la coterie para- ou pseudo-conjugale, la médiocrité, l’incompétence, la mendicité étatisée, la corruption, la criminalité, l’insécurité, les rançonnements routiers, l’impunité, etc.
Plus de cent citoyens ont violemment péri dans des manifestations publiques pacifiques. Banalisés, les attentats et les assassinats sont monnaie courante. En voici une liste partielle :

  1. Aissatou Boiro, Directrice nationale du Trésor, assassinée en novembre 2012 à Conakry
  2. Amadou Oury Diallo, chef du protocole motorisé de l’UFDG, assassiné le 19 septembre 2014 à Conakry
  3. Thierno Aliou Diaouné, ministre dans la Transition de 1010, assassiné en février 2015 à Conakry
  4. Mohamed Ghussein, cadre des finances
  5. Chérif Diallo, journaliste, disparu depuis juillet 2105
  6. Elhadj Mohamed Diallo, journaliste, tué en février 2016

Note. A l’exception de M. Ghussein — dont le père ou l’oncle fut fusillé au Camp Boiro en 1971 — les cinq autres victimes sont Fulɓe-Halpular. Ce n’est pas là un fait du hasard.

En toute impunité ! Face à un système judiciaire inféodé à la volonté cynique du chef de l’Etat. Rédigé en 1982, le titre de ce chapitre va comme un gant, et son contenu s’applique à la lettre, au régime du “Professeur” Condé.
Tierno S. Bah

Dr. Prof. Charles Diané
Dr. Prof. Charles Diané

Constitution de façade, violation des Droits de l’Homme et perversion de la démocratie

« Si on veut avoir une politique efficace, il faut s’en tenir aux droits élémentaires de l’homme :droits de ne pas être assassiné, de ne pas être torturé, de ne pas être soumis à la question, de ne pas disparaître, d’avoir la liberté d’aller et venir…
Pour la Guinée, entre autres, il est certain que la violation permanente des Droits de l’Homme, entrave la reprise des relations. »
Jean-Pierre Cot, Ministre de la Coopération et du Développement. Jeune Afrique, n° 1126 du 4-08-1982.

Vous savez, Monsieur le Président, que depuis le 2 octobre 1958, date d’accession à l’indépendance de notre pays, près de trois millions de Guinéens ont tout abandonné, famille, titres, meubles, immeubles, biens divers et souvenirs pour fuir le camp d’oppression et de tyrannie qu’est devenue la Guinée. Ils ont tout abandonné sauf l’espoir de leur retour sur la terre natale. Car Sékou Touré a fini par transformer le pays en un vaste champ clos pour ses crimes, en un camp de concentration où la plus élémentaire des libertés humaines est abolie et où la violation flagrante de la constitution est quotidienne.

Aisaatou Boiro, directrice nationale du Trésor, assassinée le 9 septembre 2012 à Conakry
Aisaatou Boiro, directrice nationale du Trésor, assassinée le 9 septembre 2012 à Conakry

Le 10 novembre 1958, a été promulguée une constitution qui a été révisée en octobre 1961. Sans être un modèle du genre, elle reconnaissait aux citoyens toutes les libertés fondamentales.
Après son élection pour un quatrième septennat le 9 mai 1982, Sékou Touré a fait adopter une deuxième constitution qui n’est rien d’autre que les statuts du Parti Démocratique de Guinée, parti unique au pouvoir.
Après l’accession de notre pays à l’indépendance, Sékou Touré n’a eu qu’une hâte, anéantir les prérogatives de l’État pour l’abatre au profit d’un Parti tout puissant. Cette tendance au pouvoir absolu remonte aux débuts de son action politique.
En 1957, lorsqu’il n’avait qu’une infime parcelle de son pouvoir d’aujourd’hui, voici ce que lui écrivaient les responsables de la section de Mamou 1 de son parti unique, sous la signature de ses compagnons Pleah Koniba et Sékou Camara, disparu depuis dans sa trappe mortelle :

« L’élément principal de notre victoire (aux élections à l’Assemblée Territoriale) a été et reste notre foi inébranlable. La flamme de cette foi de l’amour du pays doit être maintenue en n’instituant pas une dictature au sommet, par la participation des organismes du parti aux décisions de celui-ci. » 2

La section de Mamou vola en éclats. Ses membres furent menacés et dispersés à travers le pays, après que Sékou Touré les eut remplacés par des hommes à sa botte. Ses amis l’avaient déjà classé comme un “dictateur au sommet”. Cétait mal le connaître que de lui dire certaines vérités malgré ses professions de foi réitérées.

Lire R.W. Johnson. “The Parti Démocratique de Guinée and the Mamou ‘deviation’”
— T.S. Bah

Un autre de ses compagnons fera la triste expérience de “la critique ouverte” plus de dix ans après ; le malheureux Magassouba Moriba, qui sera assassiné honteusement en janvier 1971 .

Tierno Aliou Diaouné, ancien ministre, assassiné le 6 février 2015 à Conakry.
Tierno Aliou Diaouné, ancien ministre, assassiné le 6 février 2015 à Conakry.

Monsieur le Président, je vous ai montré la valeur que Sékou Touré accorde à l’individu dans son système de gouvernement par le complot.

Ce sont ses propres amis américains, qui, révoltés par ses méthodes, ont démystifié son régime devant la Ligue Internationale des Droits de l’Homme et l’O.N.U. Voici ce que disent en particulier quatre anciens ambassadeurs des U.S.A., en Guinée sur ce régime qu’ils connaissent bien :

« … Parmi les droits de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui ont été et sont encore violés d’une manière abusive en Guinée, et sur lesquels des preuves ont été réunies, nous avons :

  • Le droit à toute personne d’être libre et en sécurité et de ne pas être arrêtée, détenue ou exilée arbitrairement …
  • Le droit d’être considéré comme un être humain devant la loi, droit à un procès juste et public par un tribunal indépendant et impartial, pour déterminer ses droits et ses obligations et toutes accusations criminelles portées contre lui.
  • Le droit, quand il est accusé d’un délit criminel, d’être présumé innocent jusqu’à ce qu’on le prouve coupable selon la loi prescrite dans un procès public pour lequel il a obtenu routes les garanties nécessaires à sa défense.
  • Le droit à un effectif dédommagement des actes visant les droits fondamentaux qui lui ont été accordés par la constitution et par la loi …
  • Le droit de ne pas être soumis à un traitement ou châtiment cruel, inhumain ou dégradant…
  • Le droit de ne pas subir la discrimination raciale et la discrimination fondée sur l’origine nationale…
  • Le droit de protéger sa vie privée, sa famille, son foyer et sa correspondance contre toute ingérence arbitraire et contre toute atteinte à son honneur et à sa réputation…
  • Le droit d’entrer et de sortir du territoire, le droit à jouir de sa nationalité et le droit de ne pas en être privé…
  • Le droit de ne pas être dépossédé de ses biens…
  • La mère et l’enfant ont droit à une assistance et à des soins particuliers…

En conclusion, le tribut de la souffrance humaine dû au meurtre, à la torture, à la famine, au racisme et à la séparation des familles est inestimable, les organes des Nations Unies sur les Droits de l’Homme, sont l’unique recours pour arrêter les crimes perpétrés contre les Guinéens dans les prisons des Camps Boiro, Kindia et autres à travers la Guinée. C’est leur dernier espoir de croire qu’ils n’ont pas été abandonnés par l’humanité et que leur appel à la justice ne sera pas étouffé par la règle de la terreur instaurée par Sékou Touré. »

Lire le Mémorandum des quatre premiers ambassadeurs Américains en Guinée au Secrétaire général de l’ONU.
— T.S. Bah

Chérif Diallo, journaliste-reporter d'Espace TV, porté disparu à Conakry depuis le 23 juillet 2015
Chérif Diallo, journaliste-reporter d’Espace TV, porté disparu à Conakry depuis le 23 juillet 2015

Quand on sait que les auteurs de ce rapport sont des Américains qui ont été au service de Sékou Touré et de leur pays, on comprend le poids de telles accusations. C’était en juin 1977.
En octobre et décembre 1971, puis en janvier 1972, la Commission Internationale de juristes a dénoncé ce qu’elle a appelé en termes très mesurés “l’effondrement de la légalité en Guinée”, à propos de la suppression de la profession d’avocat en Guinée.

A la suite de la condamnation de son régime par la Ligue Internationale des Droits de l’Homme et de la transmission par cette même ligue au Secrétaire Général des Nations Unies, le 8 juin 1977, du dossier des violations flagrantes des Droits de l’Homme et des libertés humaines fondamentales en Guinée, quelles contre-preuves, quelles explications, ou quels démentis Sékou Touré a-t-il apportés jusqu’à ce jour, en dehors des déclarations récriminatoires de ses émissaires, l’insolence et l’hystérie caractérisées de ses propres réactions.

Elhadj Mohamed Diallo, journaliste
Elhadj Mohamed Diallo, journaliste

Des preuves ont été réunies, tant par les Guinéens eux-mêmes que par la Ligue Internationale des Droits de l’Homme et Amnesty International, pour dire quels droits sont violés par Sékou Touré.

Vous le savez bien, Monsieur le Président, puisque c’est au cours de la préparation du Congrès de votre Parti en juin 1977 à Nantes que le dossier des Guinéens sur les violations des Droit de l’Homme dans leur pays vous a été remis.

Craignant la condamnation qui allait s’en suivre par vous et vos amis, Sékou Touré, très opportuniste comme toujours, a déclenché une vaste campagne de mensonges et de calomnies pour proprement noyer le poisson. Cet épisode récent de vos relations que brièvement par ailleurs fini par vous convaincre, si cela était encore nécessaire, du caractère véritable de ce régime.

Sékou Touré vient de faire une fois de plus la preuve de son
indifférence à l’égard de notre peuple et de l’opinion internationale en institutionnalisant son pouvoir personnel dans une constitution nouvelle qui est abusive et scandaleuse.

Si la première constitution de notre pays, malgré la hâte apportée à la faire et les lacunes qu’elle comportait, accordait en principe les libertés civiles, politiques et syndicales ou encore les droits économiques et sociaux aux citoyens, la deuxième constitution entérine et légalise tous les abus du pouvoir personnel. Elle impose le statut du Parti de Sékou comme constitution à notre peuple ; elle officialise l’abrogation de la démocratie et des libertés, étrangle notre peuple dans Je carcan du Parti de Sékou Touré et l’étouffe dans le labyrinthe bureaucratique de son Etat.

Sékou Touré s’est ainsi fabriqué une constitution sur mesure en intégrant définitivement l’Etat guinéen à son Parti privant ainsi le citoyen guinéen de toute initiative. Ce faisant, il a érigé en institution une réalité que l’opinion nationale et internationale ne cesse de dénoncer depuis deux décennies.

C’est dire sa désinvolture devant les critiques et les récriminations contre son régime.

C’est dire aussi le manque de sérieux d’un homme qui n’a jamais respecté ses engagements et qui se ne préoccupe que de la consolidation de son pouvoir personnel, au moment même où tout laissait croire à un assouplissement du régime, et où vos propres efforts tendaient au rétablissement de relations normales entre la France et la Guinée.

Monsieur le Président, notre dénonciation de Sékou Touré sur le plan des droits de l’homme ne peut laisser personne indifférent. Surtout pas l’opinion française, dont le nouveau pouvoir s’est exprimé sans détour par la voix de votre Premier Ministre Pierre Mauroy, le 8 juillet 1981, devant l’Assemblee Nationale :

« Dictatures, oppressions restent la règle dans de vastes contrées du globe. La France ne restera pas sourde aux cris des hommes baillonnés. Elle luttera pour que tombent les chaînes. »

A la veille de votre récent voyage en Afrique, votre Ministre Jean-Pierre Cot a précisé :

« En matière de droit de l’homme, il y a le respect des droits fondamentaux : de vivre, d’aller et de venir, de ne pas être soumis à la torture… Là-dessus nous sommes intransigeant. »

Au mois d’août, il a précisé votre point de vue sur la Guinée dans une interview que je rapporte par ailleurs.

Nous connaissons votre sensibilité, celle de vos amis politiques et celle des Français sur ces droits dont la conquête et la sauvegarde ont fait l’objet des batailles et des plus grands sacrifices des Français, et dont les hauts faits remplissent toutes les pages de l’Histoire de votre pays.

La France du Général de Gaulle a traité la Guinée de Sékou Touré avec hauteur et mépris. Celle de Pompidou a réalisé ce qu’elle représentait comme danger, mais n’a pu agir. La France de Giscard d’Estaing a, par orgueil, remis Sékou Touré en selle contre l’opinion guinéenne. Elle en a été pour ses frais au moment où elle allait commettre la suprême insulte à notre peuple : pavoiser Paris aux couleurs du Dictateur guinéen.

La France socialiste d’aujourd’hui, la vôtre, Monsieur le Président Mitterrand, après tout ce qu’elle a dit qu’elle fera pour que triomphent la liberté, la justice et la démocratie en France et dans le monde ne peut, nous en sommes sûrs, cautionner aujourd’hui ce qu’elle condamnait et abhorrait hier.

Pour cette opinion là et pour l’opinion européenne dont le Parlement “a demandé au gouvernement guinéen de respecter sa promesse de libérer tous les détenus politiques”, des preuves irréfutables de la “violation permanente des droits de l’Homme en Guinée” existent et suffisent à condamner ce régime.

Pour ne prendre que cet exemple, à la France et aux Français, nous avons dit clairement que nos frères, époux de Françaises, avaient été tués par Sékou Touré. On ne nous a pas cru. On a préféré se réfugier derrière les mensonges de Sékou Touré. Il est ainsi apparu en janvier 1982 que Sékou Touré avait menti à Giscard d’Estaing en promettant de les libérer, qu’il a menti à Guy Penne, votre émissaire à Conakry, qu’il a menti aux Français et à la France. Il a surtout montré le peu de cas qu’il faisait de la vie humaine et de la morale qui régissent les rapports entre nations et la vie internationale.

Il vous appartient, Monsieur le Président, de demander des explications sur ces faits et sur tant d’autres. Au nom de tous les principes qui vous sont chers et au nom de notre peuple, nous savons que vous le ferez afin que les nouvelles relations que vous souhaitez avec notre peuple soient établies dans la clarté et en conformité avec toute votre action en faveur de l’Homme, de sa liberté et de la justice. Pour tout cela, nous affirmons que Sékou Touré ne peut être votre partenaire, ni le partenaire loyal de la France.

Quant à la démocratie qui caractériserait le régime guinéen, elle met son chef au-dessus de la mêlée ; le peuple est souverain à travers lui. Il décide pour lui et de lui. Le droit à la parole est devenu le devoir d’applaudir ; car ses succès à lui, il ne les mesure qu’à l’ampleur des applaudissements. Sa perversion a ravalé la démocratie au niveau des marches folkloriques et des innombrables meetings où les gens sont amenés par la force ; et où la claque est orchestrée par les mises en scène de ses interminables discours.

La justice qu’il a instituée au niveau des organismes de son parti n’est elle-même qu’une épouvantable caricature. Il est en effet trop facile de rassembler des individus, d’en faire des juges, de les haranguer, de les menacer et de les amener à s’associer à tous les crimes. Tous ces gens-là ne représentent rien à ses yeux. Il ne s’est encombré ni de formalités, ni de constitution pour arrêter, en juillet 1971 une grande partie de ces députés godillots qu’il fait et défait à loisir après les avoir accusés de tous les maux d’un pays pourtant à sa seule botte.

Monsieur le Président, Sékou Touré a cru consolider son pouvoir pour diriger indéfiniment le peuple de Guinée en anéantissant les élites traditionnelles de notre pays, les dirigeants militaires, religieux, intellectuels, sociaux et économiques.

Il a cru, Monsieur, qu’en employant la force brutale pour faire ployer le peuple et se débarrasser des cadres, il serait plus puissant. Il croit qu’en transformant les statuts de son parti en constitution de l’État, il immortalise son pouvoir. Mais il se trompe.

Prince de la terreur, de la délation et de la violence, il se donne l’impression d’être vénéré, d’être honoré alors qu’il est haï par notre peuple et universellement déconsidéré. Il est sur la voie de garage où l’ont mené ses pratiques inhumaines et sa barbarie à peine camouflée sous le masque ignoble d’un pouvoir totalitaire qu’il ose appeler démocratie ; et ses récriminations perpétuelles contre tous et tout.

Monsieur le Président Mitterrand, d’autres chefs, à travers le monde avaient habillé leur racisme, leur haine et leurs instincts sanguinaires du terme de démocratie et de socialisme national Vous savez ce qu’il en fut et comment ils finirent. Ils furent écrasés par la puissance irrésistible des forces démocratiques du monde entier. Car la soif de liberté et de justice des peuples ne peut être longtemps étouffée.

Le germe raciste et haineux que Sékou Touré a essayé de semer en Guinée ne poussera jamais. L’Afrique et le monde savent désormais ce que cachent ses cris, ses sermons décousus et ses allégeances fallacieuses à une prétendue démocratie.

Ne croyez pas un mot de ce qu’il vous dira. Il essayera de vous tromper vous qui l’avez vu naître à la politique. Il ne peut être votre partenaire, même si les intérêts de quelques Français vous le dictent ! Après avoir détruit notre pays, muselé notre peuple et dénaturé la démocratie à son seul profit, il veut se servir de vous et de la France comme nouveau tremplin à son pouvoir ; au mépris des intérêts de notre peuple et de ceux de la France.

Notes
1. Mamou : ville du centre de la Guinée.
2.  Lettre n° 126, RDA, sous-section Mamou, en date du 2 août 1957.

Chapitre précédent : Sékou Touré : le “complot” et le crime comme moyens de gouvernement

A suivre