Président Macky Sall reçoit Tabital Pulaaku International

Macky Sall, président du Sénégal, s'adresse à la délégation de Tabital Pulaaku International. Dakar, 12 mai 2016

Je reprends ici la vidéo et les propos du Président Macky Sall durant l’audience qu’il a accordée aux représentants de l’association Tabital Pulaaku International au Palais de la Présidence à Dakar, le 12 mai courant. Ayant figé et capturé quelques séquences, je propose aussi un court diaporama de la rencontre. Il y a beaucoup à redire sur la stratégie et la direction de Tabital Pulaaku International. Je me contenterai seulement de rappeler ce conseil de Barack Obama à cinq de ses pairs Africains en 2011 : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes » Dictée par la turbulente, dynamique et plus ou moins auto-correctrice expérience de la démocratie américaine, ce brin de sagesse s’applique aussi bien aux Etats qu’aux organisations non-gouvernementales du continent, dont Tabital Pulaaku International. Après quelque 15 ans d’existence, elle n’a ni siège permanent, ni cadres et personnel permanents et rémunérés, ni organes de financement (banque de développement), d’éducation (centres de recherche, université), d’information (radio-télévision réélles et non pas virtuelles, revues scientifiques, journaux), etc. TPI possède des statuts et des instances, certes. Mais sa gestion est plus égocentrique, informelle et personnelle que collective, professionnnelle et technique.
A sa fondation même en 2001 à Bamako, TPI commit un péché originel que j’ai dénoncé depuis. Les organisateurs refusèrent d’associer feu Alfâ Ibrâhîm Sow pour des chicaneries politiciennes. Lui, l’éminent et direct disciple du Grand-Maître du Pulaaku : Amadou Hamapâté Bâ !!!

C’est durant les assises de TPI à Dakar que la Côte d’Ivoire a célébré la mémoire d’Amkoullel à Abidjan. Lire l’annonce sur le site de RFI. Tabital Pulaaku International aurait dû organiser une telle manifestation.

Depuis lors la présidence de TPI tourne de façon rituelle entre trois hommes : Yaya Qadiri (Adamawa, Cameroun), Général  Ismaïla Cissé (Maasina, Mali) et Alpha Amadou Diallo (Fuuta-Jalon, Guinée). L’inamovibilité de ce trio au sommet semble scléroser et paralyser l’association. Ainsi, toutes les activités sont figées autour de séminaires, festivals, chants, choeurs, morceaux d’orchestre de danse, sommets, congrès, etc.
Cela dit, en 2003 le célèbre et vénérable Cheikh Hamidou Kane (L’aventure ambigüe), l’une des oeuvres les plus icôniques et emblématiques du Pulaaku, présidait aux destinées de TPI-Sénégal. Fut-il convié et était-il présent à l’audience avec Président Macky Sall ?
De même, depuis le coup d’Etat de 2012, Amadou Toumani Touré, ex-président du Mali, réside à Dakar à l’invitation du président Sall. M. Touré est un membre-fondateur de TPI. A-t-il été invité et/ou associé du récent congrès de Dakar ? Ou bien a-t-on oublié qu’il est aussi fier et engagé avec le Pulaaku que Macky Sall, Muhammadu Buhari, etc. ?
L’étude rigoureuse et difficile de la civilisation fulbe, la conservation dans des musées fiables et viables de son héritage, l’animation d’une recherche pluridisciplinaire compétente, etc. ne figurent pas sur la liste des priorités de TPI….
Je félicite Président Macky Sall pour son intérêt et son soutien au retour aux sources africaines, en général, et fulɓe/haalpular, en particulier. Mais je tiens également à attirer son attention sur le fait que la promotion du  Pulaaku dépend de la construction d’institutions tangibles et actives, et non pas de cérémonies officieuses et officielles, étatiques ou privées. Lui et d’autres dirigeants politiques (Barkinɗo Aliou Muhammed Mustafa,  Sultan Muhamad Saad Abubakr de Sokoto —son supérieur hiérachique et descendant de Usman ɓii Fooduye—, Sanusi Laamiɗo Sanusi, Emir de Kano, Muhammadu Buhari, Président de la République Fédérale du Nigeria, etc.) et privés (Yérim Sow, Elhadj Alpha Amadou et les centaines d’hommes et de femmes d’affaires Fulbe/Halpulaar) ont un défi et un déficit de leadership à relever et à combler. Ils ne pourront efficacement le faire qu’en collaboration étroite avec leurs frères et soeurs engagés dans la quête et la création du savoir (ingénieurs, médecins, professeurs, chercheurs, professionnels, etc.). Car aujourd’hui plus qu’hier, la tradition et la culture Fulbe/Halpulaar sont confrontées à des menaces existentielles, internes et externes. Pareilles à d’autres populations de la planète, les Fulbe/Halpulaar assistent, impuissants, à l’érosion et au dépérissement de leur mode de vie pluri-millénaire d’éleveurs —nomades et sédentaires. Acculés dans certains pays, ils n’ont apparemment d’autre recours que la violence, qui engendre généralement la violence. Récemment encore, la conférence épiscopale du Nigeria a recommandé au Président Buhari de traiter les incursions d’éleveurs Nigérians comme des actes de terrorisme. Cette approche belliqueuse  est étonnante de la part de princes de l’Eglise catholique, dont le fondateur, Jésus de Nazareth ou Annabi Iisa, prêche l’amour, le pardon, la réconciliation et la paix dans la tolérance, la compréhension et la fraternité. Effectivement, c’est le dialogue et la négociation —et non la confrontation et la coercition— qui,  en dernière instance, resolvent les conflits socio-économiques et les différends historiques.
Que l’on ne perde pas de vue que l’Afrique est la lanterne rouge du monde. Ses peuples gémissent entre le marteau des hégémonies extérieures et l’enclume des élites intérieures, toutes deux fautives du retard croissant et de la pauvreté endémique du continent. Les premières font darder les rayons brûlants de l’exploitation des populations ; les secondes exposent celles-ci à la morsure des durs “soleils des indépendances”. De leur côté, quelle est l’approche de Tabital Pulaaku International et de sa branche nigérianne face aux sempiternelles contradictions —non-antagoniques— entre agriculteurs et éleveurs ? A travers le Sahel, la Savane, et désormais la Forêt secondaire et primaire. Ces associations ont-elles élaboré des dossiers fouillés et mûris sur  les aspects épineux du sous-développement chronique de l’Afrique ? Voire.
Tierno S. Bah

A la fin des assises l’organisation Tabital Pulaaku International (TPI) tenues à Dakar, le Président Macky Sall a reçu en audience les participants à la rencontre. Le roi de l’Etat d’Adamawa au Nigeria Son Altesse Laamiɗo Barkinɗo Aliou Muhammed Mustafa, qui siège à Yola, est le parrain de l’association. Les membres de TPI se sont réjouis de l’accompagnement de l’Etat sénégalais pour la bonne tenue des assises. TPI est une association particulière qui regroupe 24 pays partageant une langue commune, le Pulaar.

Propos du président Macky Sall :

« L’association oeuvre pour la promotion de la langue. Sur le plan culturel et linguistique il faut accompagner vos actions,… pour toutes les valeurs aussi que le Pulaaku charrie au-delà de la langue. Ce sont ces valeurs qui sont promues. Et je pense que pour cela que nous avons intérêt à participer à la diffusion de ces valeurs, qui sont des valeurs humanistes très importantes. Des valeurs autour du travail, des valeurs autour de l’honneur, autour de la dignité, autour de la religion, de la foi. Et c’est la synthèse de toutes ces valeurs et de tant d’autres valeurs, qui fondent ce concept de Pulaaku. »

L’hospitalité sénégalaise a été saluée par le président de l’association, Elhadj Alpha Amadou Diallo, qui a souhaité à l’occasion a souhaité qu’en décembre prochain le Sénégal abrite la journée internationale de la Vache. Une requête à laquelle le chef de l’Etat a donné suite, en sus des différents efforts consentis dans le domaine de l’élevage.
La langue est une synthèse de plusieurs valeurs qu’il faut promouvoir. Et par-delà les frontières il s’agit pour TPI de refléter.

Président Sall :

« Au-delà de nos barrières linguistiques classiques, au-delà des frontières nous avons dans cet espace, au-delà même de l’Afrique de l’Ouest, puisque vous allez jusqu’au Cameroun, nous avons un espace assez étendu en Afrique où nous avons une unicité de cette langue commune, qu’il faut effectivement promouvoir. Comme nous devons d’ailleurs du reste promouvoir toutes les langues africaines. Parce que c’est cela aussi le reflet de notre civilisation et de ce que nous sommes. »

Le Pulaar reste donc le point commun que ces différents pays francophone, anglophones et lusophones partagent. Le chef de l’Etat s’est dit heureux et honoré de les recevoir.

Son Altesse a par la suite formulé des prières pour le président Macky Sall pour la réussite des grands projets qu’il nourrit pour le Sénégal et pour les différents pays de la CEDEAO, dont il est le président en exercice. Prières pour une paix et une stabilité durables.

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Reportage de Rahmane Touré
Radio Télévision du Sénégal

Tierno Siradiou Bah

Author: Tierno Siradiou Bah

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