Samir Amin. Correction, postulat et paradoxes

Correction

Ouagadougou, 1987. La légende cette photo prise par Jeune Afrique fait erreur sur la deuxième personne, à partir de la gauche. Au lieu de Valère Somé, ministre burkinabé de l'Enseignement supérieur, il s'agit plutôt de l'économiste guinéen, Bailo Télivel Diallo. Il est entouré par Samir Amin, économiste altermondialiste franco-égyptien, à sa droite, et Mustapha Kassé, directeur du C.R.E.A. de Dakar. M. Diallo fut mon ami collégue intime durant les années formatrices de ma carrière de chercheur et d'éditeur scientifique. De 1975 à 1981, évoluant dans un environnement précaire, nous travaillâmes sans relâche pour faire paraître Miriya, revue des sciences économiques et sociales de l'Institut Polytechnique de Conakry. Bailo fut ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique de 2015 à 2017.
Ouagadougou, 1987. La légende cette photo prise par Jeune Afrique fait erreur sur la deuxième personne, à partir de la gauche. Au lieu de Valère Somé, ministre burkinabé de l’Enseignement supérieur, il s’agit plutôt de l’économiste guinéen, Bailo Télivel Diallo. Il est entouré par Samir Amin, économiste altermondialiste franco-égyptien, à sa droite, et Mustapha Kassé, directeur du C.R.E.A. de Dakar. M. Diallo fut mon ami collégue intime durant les années formatrices de ma carrière de chercheur et d’éditeur scientifique. De 1975 à 1981, évoluant dans un environnement précaire, nous travaillâmes sans relâche pour faire paraître Miriya, revue des sciences économiques et sociales de l’Institut Polytechnique de Conakry. Bailo fut ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique de 2015 à 2017.

Le chercheur Demba Moussa Dembélé a rédigé une biographie consacrée à Samir Amin en 2013, intitulé Samir Amin : Intellectuel organique au service de l’émancipation du Sud, publiée aux éditions du Codestria. Il a accepté de revenir pour Jeune Afrique sur la trajectoire intellectuelle de l’économiste franco-égyptien.

Jeune Afrique : Comment avez-vous connu Samir Amin ?

Demba Moussa Dembélé : J’ai d’abord connu Samir Amin à travers ses livres, que j’ai lu lorsque j’étais étudiant. Quand il a quitté l’Égypte, il est allé à Paris, mais il ne voulait pas vraiment vivre dans un pays occidental. Le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, qui était très sensible à l’envergure de l’homme lui a proposé de venir à Dakar.

Et depuis, il est resté, vivant entre le Sénégal et Paris. On s’est ensuite rencontré avec le Forum du Tiers-monde et, petit à petit, on s’est rapproché en participant à différentes rencontres. Son bureau était toujours ouvert à Dakar et on partageait les mêmes convictions politiques.

Quelles sont les grandes étapes de sa trajectoire intellectuelle ?

Dès le lycée, il a rencontré des mouvements progressistes, qui contestaient la domination de la Grande-Bretagne sur l’Égypte. C’est là que le virus de l’anticolonialisme l’a piqué et ça ne l’a jamais quitté. Il s’est ensuite mêlé à des groupes pro-communiste, avant de rejoindre le parti communiste lorsqu’il est venu étudier en France. À l’époque, le Parti communiste bénéficiait d’un grand prestige, grâce à son rôle dans la résistance, et à celui de l’URSS dans la victoire contre le nazisme.

Cette orientation marxiste l’a conduit à remettre en cause les thèses économiques venues de l’occident sur le développement des pays du Tiers-monde, de l’Afrique et des autres pays du Sud. Toute sa carrière intellectuelle a été marquée par la réfutation de ce que les économistes appellent les théories néoclassiques. Quand il a rencontré d’autres intellectuels, tels que Arghiri Emmanuel, André Gunder Franck et plus tard Immanuel Wallerstein, ils ont formé une sorte de groupe contestant non seulement les thèses des économistes standards mais également des institutions internationales, telles que la Banque mondiale ou le FMI.

Ces universitaires ont beaucoup critiqué les Programmes d’ajustement structurel (PAS) dans les années 1980-1990, puis la mondialisation économique. Selon ces économistes, cette nouvelle phase du capitalisme a marqué une montée du pouvoir des multinationales, des entreprises privées. Les États ont reculé, ou en tout cas baissé la garde par rapport la régulation du secteur privé, notamment dans les pays développés.

Ce n’était pas seulement un théoricien. C’était un intellectuel engagé, qui ne se contente pas seulement de théoriser sur le monde, mais qui utilise son savoir aux cotés des peuples en lutte, pour remettre en cause les politiques dominantes. C’était l’un des pères fondateurs du Forum social mondial, du Forum social africain. Il a également bâti des institutions qui comptent en Afrique et dans le monde encore aujourd’hui. C’est le Codestria, le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique, basé à Dakar, et également l’ONG Enda Tiers-monde, qui s’occupe surtout de questions d’environnement et d’écologie.

Quels sont ses thèses les plus importantes ?

Je retiendrais la division entre centre et périphérie. Les thèses conventionnelles disent que, si les pays sous-développés n’arrivent pas à décoller, c’est par ce qu’il y a des facteurs internes, soit culturels, soit sociaux, qui les empêchent de se développer comme les pays occidentaux. Samir Amin dit non. On a un seul système capitaliste, composé du « centre » – États-Unis, Europe, Japon – et de pays périphériques. Ces pays de la périphérie leurs politiques sont faite de telles sortes qu’ils doivent s’ajuster au besoin d’accumulation des pays du centre, par l’exploitation de leurs ressources naturelles.

Son autre thèse importante, c’est le développement inégal. C’est une conséquence du libre-échange. Le commerce international fait partie du mécanisme par lequel le centre s’accapare les ressources de la périphérie. En effet, les produits manufacturés vendus par le centre à la périphérie sont onéreux alors que les matières premières exportés par les pays pauvres sont bon marché du fait du faible coût du travail. Conséquence : les richesses des pays en développement sont « pillées » par les pays développés et les écarts de revenus entre ces pays se creusent.

Enfin, la déconnexion. C’est l’idée que pour que les pays de la périphérie puissent se développer, il faut une certaine déconnexion par rapport au système mondial. Ils doivent pouvoir maîtriser leur commerce international et les flux de capitaux. Ce sont deux mécanismes par lesquels les pays du centre contrôlent ceux de la périphérie. Tant que les pays n’arrivent pas à contrôler ces deux mécanismes, il sera difficile de se développer. Des pays comme la Chine et l’Inde se sont d’abord déconnecté pendant une période, se sont réorganisés, pour pouvoir revenir dans le système à partir d’un rapport de force plus favorable.

On retrouve cette vision dans l’agenda 2063 de l’Union africaine, mais également dans les recommandations de la Cnuced et de la Cedeao, qui insistent sur la nécessité pour les pays africains de recouvrer des marges de manœuvres en matières de politiques économiques, et de rebâtir des États développementalistes.
Victor Bérenger

Tierno S. Bah

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Building on the rich content of the websites and on four decades of research, teaching, writing and pondering, it explores and seeks answers to why Africa is a perennial economic and technological laggard, compared to the other continents. And based on accurate facts and authoritative sources, it strives to demonstrate that Africa is —and has been for six centuries— between the Hammer of foreign hegemonies and the Anvil of indigenous elites and rulers.

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Tierno S. Bah


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Me basant sur des faits incontestables, des preuves matérielles et sur des ressources faisant autorité, je m’efforce de démontrer que l’Afrique est placée, depuis plus de six siècles, entre le Marteau d’hégémonies extérieures et l’Enclume d’élites et de dirigeants autochtones.

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Tierno S. Bah

Why Is Africa Lagging?

The central question

There is a widespread awareness of Africa’s ranking as the least developed continent. Therein persists a nagging, perplexing, often frustrating and vexing question. People ask and would like to know Why? How? When? Who? Where? It is highly relevant to earnestly seek answers to Africa’s status as a perennial economic, technical and technological laggard.
These are not merely academic or rhetorical interrogations. They are real-life and, more often than not, life-threatening issues. Thus, every year thousands of young African undertake risky journeys in quest for better living conditions in Europe, Asia, and America.
The recent and steady exodus of inexperienced and unskilled youths  compounds an older, long-standing brain-drain. Both phenomena deprive Africa of its main resource: people. Trained technicians and experienced professionals, teenagers and young adults —the seeds of the future— flee abroad to “greener pastures.”

1999. Death of Yaguine Koita and Fodé Tounkara

One of the root causes of Africa’s stalling consists in what ​Leopold S. Senghor decried as the “ deterioration of the terms of exchange.” Actually, that euphemism harkens back to the Colonial Pact of 1898. Still alive—and worsening—, it dealt Africa a crippling hand. For it sealed the role of the continent as (a) a coerced supplier of raw material and (b) an induced consumer of imported goods.

Approach

The central question will be broken down into dozens of sub-topics that range from the tool-making gap, to slavery, colonization, “independence”, globalization, the Cultural Heritage (language, religion, arts, crafts, literature, ethnicity, nationhood, civilization, tradition, modernity, politics…), racism, alienation, affirmation, collaboration and resistance to foreign hegemony, war, peace, the past and the present.

The webAfriqa channel creator

Elaborating on the Africa, Between the Anvil and the Hammer byline as a linguist, an anthropologist, a technologist, a semanticist, and a web publisher, Tierno S. Bah shares four decades of research, teaching, debating, writing and pondering on the main issue and its many corollaries.
Again, the question Why is Africa Lagging is neither fortuitous nor frivolous. To the contrary, it is a permanent, controversial, highly charged, all-around (history, economy, culture, politics, social), major, legitimate, and utterly challenging theme. A mega-quandary, it has no binary choices, clear-cut answers, or simple solutions!
The webAfriqa channel is backed by the webAfriqa Portal, published since 1997. Espousing the Open Web philosophy, the Portal offers tens of thousands of text, images, audio and video documents, carefully selected from authoritative sources, reliable data, relevant information and genuine knowledge bases. The Portal includes webFuutawebPulaakuwebMandewebGuinéeCamp Boiro MemorialBlogGuinéeSemantic AfricaSemanticVocabAfricawebAmeriqa, etc.
Last, steeped in history and blending social sciences with digital tools and technologies, the channel will focus on the prerequisites that Africa must meet in order to break the chains that keep it down and out.

Tierno S. Bah

Yacine Diallo (1897-1954). Premier de Guinée

Cet article termine la série consacrée au profil biographique et politique de Yacine Diallo. Délibéré, le titre n’est pas seulement figuré et littéraire. Il est plutôt  approprié, littéral et adéquat. Yacine occupa en effet le premier rang public ; il domina de fait la vie politique en Guinée française durant la première décennie de l’après-guerre mondiale 1939-45. Et il s’y maintint du début à la fin — inopinée et précipitée — de sa vie. Pour s’en convaincre, considérons les résultats statistiques de ses campagnes électorales successives.

Chiffres, tableaux et graphiques électoraux

Yacine Diallo entra en lice pour la députation à l’Assemblée Nationale française dans quatre scrutins :

  • L’élection de la Première Assemblée Nationale Constituante : 21 octobre 1945
  • L’élection de la Deuxième Assemblée Nationale Constituante : 2 juin 1946
  • L’élection de la Première Assemblée Nationale : 10 novembre 1946
  • L’élection de la Deuxième Assemblée Nationale : 17 juin 1951

Je me concentre ici sur le Deuxième Collège, qui  était attribué aux Noirs en tant qu’indigène et non-citoyens. Le Premier Collège, lui, était réservé aux Blancs et aux Noirs dotés de la citoyenneté française. Celle-ci offrait un statut d’autant plus privilégié qu’il était difficile voire impossible de l’obtenir.

Joseph-Roger de Benoist souligne que : « Bien que des facilités aient été accordées aux “indigènes” pour devenir citoyens français, en 1937, environ 2 500 seulement en avaient bénéficié, qui venaient s’ajouter aux 70 000 citoyens des quatre communes de plein exercice du Sénégal  : Gorée, Saint-Louis, Dakar, Rufisque. »
Cette ségrégation explique l’élection de Lamine Guèye — natif de Saint-Louis — au Premier Collège en 1946. Par contre, né hors de ces communes et n’étant pas citoyen français à l’époque, Léopold Sédar Senghor devint député du Deuxième Collège. Il en fut de même pour Yacine. N’étant pas éligible au Premier collège, il dut présenter sa candidature au Deuxième Collège.
Au sujet des quatre communes, lire l’article de François Manchuelle “Assimilés ou patriotes africains ? Naissance du nationalisme culturel en Afrique française. (1853-1931)” sur Semantic Africa.

Campagnes, concurrents et scores électoraux de Yacine

Les tableaux et graphiques ci-dessous sont basés sur les données fournies par J.R. de Benoist dans L’Afrique occidentale française de la Conférence de Brazzaville (1944) à l’indépendance (1960), aux pages 519-529

Première Assemblée Nationale Constituante – 21 octobre 1945
Deuxième Collège – Premier Tour
Inscrits16 233
Votants12 829 (79 %)
Suffrages exprimés12 740
CandidatProfessionParti
Yacine DialloinstituteurSection Française Internationale Ouvrière (SFIO)
Mamba SanoinstituteurIndépendants d’Outre-mer
Lamine KabainstituteurParti républicain révolutionnaire
Diafodé Caba
Fodé Mamoudou Tourélicencié en droit
Amara Soumahcomptable
Mamadou Sowlieutenant en retraite
Hervé SyllaConseil Admin. Guinée
Momo Tourémédecin
N’Fa Mamadou Tourérédacteur “A.O.F.“ Dakar
Momo Sakhosecrétaire, greffes & parquets
Première Assemblée Nationale Constituante – 21 octobre 1945
Deuxième Collège – Deuxième tour
Inscrits16 233
Votants12 646 (77,9 %)
Suffrages exprimés12 550
CandidatVoix obtenuesRésultat
Yacine Diallo12 550élu
Mamba Sano5 774
Lamine Kaba5 065
Première Assemblée Nationale Constituante - 21 octobre 1945. Deuxième Collège - Deuxième tour. (Tableau et graphique : T.S. Bah)
Première Assemblée Nationale Constituante – 21 octobre 1945. Deuxième Collège – Deuxième tour. (Tableau et graphique : T.S. Bah)
Deuxième Assemblée Nationale Constituante – 2 juin 1946
Deuxième Collège – Premier tour
Inscrits22 551
Votants18 492 (82 %)
Suffrages exprimés18 428
CandidatVoix obtenuesRésultat
Yacine Diallo10 100élu
Mamba Sano5 170
Lamine Caba3 071
Amara Sissoko39
Deuxième Assemblée Nationale Constituante - 2 juin 1946. Deuxième Collège - Premier tour
Deuxième Assemblée Nationale Constituante – 2 juin 1946. Deuxième Collège – Premier tour
Première Assemblée Nationale – 10 novembre 1946
Inscrits131 309
Votants96 102 (73,18 %)
Suffrages exprimés95 521
CandidatPartiVoixRésultat
Yacine DialloParti socialiste & progressiste60 516élu
Mamba SanoParti socialiste de Guinée30 993élu
Lamine CabaParti Républicain socialiste de Guinée3 421
Fara MillimounoParti républicain de gauche591
Première Assemblée Nationale : 10 novembre 1946
Première Assemblée Nationale : 10 novembre 1946
Deuxième Assemblée Nationale – 17 juin 1951
Inscrits393 628
Votants224 182 (56,95 %)
Suffrages exprimés222 277
ListesCandidatsVoix obtenuesRésultat
Socialiste d’Union guinéenneYacine Diallo, député sortant67 640élu
Albert Liurette67 640 élu
Komby Diallo
IndépendantsMamba Sano, député sortant48 246élu
Maurice Montrat
Jean-Pierre Farah Touré
Union Démocratique
des Travailleurs & A.C.
Sékou Touré
Capitaine Mamadou Diouldé Barry
Niankoye Samoé
Union guinéenneFodé Mamoudou Touré
Oumar Barry
Lamine Ndiaye
Union Frse d’Action Démocratique et SocialeDiawadou Barry
Joseph Marchi
Marcous Kanté
Rassemblement du Peuple FrançaisDiafodé Kaba
Jean-Paul Lambert
Louis Fernandez
Action Économique et SocialeKarim Bangoura
Léonce Magnant
J. B. Peter
Indépendants d’Outre-merMomo Touré
Jean-Maurice Cadoré
Nabi Yansane
Deuxième Assemblée Nationale - 17 juin 1951
Deuxième Assemblée Nationale – 17 juin 1951

Niankoye Samoé, de Nzérékoré, fonda aux côtés de Sékou Touré le syndicat des postiers. Il mourut dans un accident d’automobile survenu la veille de l’élection de la Deuxième Assemblée Nationale, le 17 juin 1951. André Lewin écrit par erreur que Niankoye était un co-listier du BAG de Diawadou Barry. La liste ci-dessus montre qu’en fait il battit campagne avec Sékou Touré et Capitaine Diouldé Barry.

Section territoriale du Rassemblement Démocratique Africain (présidé par Félix Houphouët-Boigny), le Parti Démocratique de Guinée était toujours embryonnaire quatre ans après sa création en 1947. Pis, il faisait l’expérience de la traversée du désert. D’où l’absence d’une candidature du RDA en 1951 en Guinée. Sékou Touré fit campagne sous la bannière de l’Union Démocratique des Travailleurs & A.C. (?) cette année-là. C’est en 1952 qu’il fut désigné —et non pas élu— secrétaire général du PDG. Il le resta jusqu’à sa mort en 1984.

Que peut-on retenir ?

La récapitulation de mon exploration de la biographie politique de Yacine donne les titres suivants :

  1. Yacine Diallo, un connu méconnu
  2. Yacine Diallo, revue critique d’une biographie (en trois parties)
  3. Yacine Diallo. Impréparation et Interview (en trois parties)
  4. Yacine Diallo. Premier de Guinée (en deux parties)

Certains de mes articles sur Yacine et celui sur Hammadoun Dicko ont été effacés après une mise à jour d’outils WordPress sur BlogGuinée. Ils seront reconstitués à partir des originaux.

Laissant aux visiteurs le temps de revoir les chiffres et graphiques ci-dessus, je prépare pour la prochaine livraison — finale — quelques réflexions. Elles porteront notamment sur :

  • L’impact de l’hégémonie coloniale sur la génération de Yacine et les réactions locales
  • La concurrence et la coopération entre la chefferie de canton et la couche francophone : les deux béquilles autochtones de la colonisation française
  • L’équilibre ethnique et le partage du pouvoir politique en Guinée française
  • La mort —“salvatrice” et “annihilante” — de Yacine Diallo.

Tierno S. Bah