Alpha Condé aux abois pour un 3è mandat

Bruno Lemaire, ministre français de l’économie, et Président Alpha Condé à Paris, 16 novembre 2017

Une pluie de promesses

Chaque fois qu’il séjourne en Chine, le président Alpha Condé joue au démagogue et dénonce l’impérialisme occidental.… Mais voilà que depuis hier il se tourne vers Paris pour miroiter un Plan condamné à n’être qu’une chimère, du fait même de la gestion chaotique des biens publics par son régime. RFI claironne :

« Plus de 300 investisseurs publics et privés sont réunis à Paris jeudi et vendredi pour aider la Guinée à financer son plan de développement national. La Guinée a besoin de 13 milliards de dollars ces trois prochaines années pour financer ses grands travaux et rendre le pays plus attractif. D’ores et déjà, les bailleurs de fonds internationaux ont mis sur la table près de 5,5 milliards de dollars, et la France va contribuer à hauteur de 600 millions de dollars. »

Jeune Afrique renchérit :

« 12,6 milliards de dollars d’engagements fermes ont été pris durant les deux jours de discussions entre le gouvernement guinéen et ses partenaires à Paris. Avec les appuis du FMI et de l’IFC, ainsi que les 6 milliards promis par la Chine dans un autre cadre, les financements dépasseront les 20 milliards de dollars, quand la Guinée en espérait 14,6. »

C’est presque une pluie de promesses. Mais de quel plan s’agit-il ? Triennal, quinquennal, décennal ? Qui l’a conçu, préparé et rédigé ? Où en Guinée a-t-il été examiné, amendé et ratifié ? Par quelles institutions ?

Proverbe et réalité

S’exprimant hier à Paris durant le marathon de levée de fonds pour son Plan national de développement économique et social, M. Condé aurait déclaré : « Pour attirer des mouches, il faut du miel. » La métaphore est plaisante à lire ou entendre. Mais c’est une phrase en l’air, vide. Elle me rappelle l’anecdote selon laquelle durant l’effort de guerre 1939-45, un commandant de cercle du Tchad ou de l’Oubangui-Chari (actuelle République Centrafricaine) fut sommé constamment de livrer des quantités de miel à la Métropole. Or la région où il exerçait n’avait même pas de ruches d’abeilles. Excédé, il répondit finalement à ses supérieurs : « D’accord pour miel. Stop. Envoyez abeilles. Stop. » Il fut puni et relevé de ses fonctions.

Le proverbe repris par Alpha Condé évoque, dans une certaine mesure, le dilemme du commandant colonial mentionné ci-dessus. Et il est plus sérieusement contredit par les réalité guinéennes. Au point que les investisseurs potentiels feraient bien de dire au président :
— “D’accord, monsieur le président, nous aimerions bien être vos mouches. Mais où trouverions-nous le miel dans votre pays ?”
Alpha n’a pas de réponse à cette simple question. En effet, après sept ans de sa présidence la Guinée n’a rien de mielleux et de sucré. Au contraire, elle est aigre et acidulée, pimentée et extra-salée. Pour s’en convaincre, il suffit de demander l’opinion des populations, qui tirent le diable par la queue. Et qui luttent pitoyablement pour la pitance du jour, dans un calvaire quotidien.
Le pays ne fournit simplement pas des bases élémentaires et des structures fonctionnelles capables d’exploiter en toute transparence et de faire fructifier les US$20 milliards PROMIS pour financer le plan présidentiel.

Drôle de Plan

Le gouvernement parle d’un Plan quinquennal couvrant  la période 2016-2020. Arithmétiquement l’addition  donne quatre au lieu de cinq ans. Avec deux ans environ déjà écoulés. En d’autres termes, le gouvernement s’est endormi sur ce dossier pendant 24 mois ! Il se réveille soudain. Et le voilà qui invite 300 personnes à Paris, aux frais du contribuable, pour une méga-quête financière incertaine. Car on ne réalise rien avec des promesses. Il faut  des projets bancables exécutés par des gestionnaires compétents. Or Alpha Condé est le premier à décrier le manque de  cadres expérimentés. Curieusement,  lui, le “professeur”, ne lève pas son petit doigt pour tenter de résoudre ce problème fondamental. Pas étonnant de la part d’un président qui n’a pas tenu sa promesse électorale d’octroyer une tablette à chaque étudiant. Cela dit, une  bonne planification commence par l’identification  des sources et méthodes de financement  avant  le lancement. Le contraire revient à mettre la charrue devant les boeufs. C’est exactement ce qu’a fait M. Alpha Condé. Car c’est en fin 2017, au seuil de 2018, qu’il cherche à financer un plan démarré en 2016 ! C’est pas drôle ! Il est évident qu’il se moque éperdument de son son propre Plan. Il s’en sert simplement pour faire du tapage, monter un tape-à-l’oeil et jeter de la poudre aux yeux du public guinéen. Son but réel est d’orchester éventuellement une campagne pour un troisième mandat inconstitutionnel. Ce qu’il n’obtiendra pas. Il lui faudra alors passer outre la volonté du Peuple en modifiant, arbitrairement et à des fins égoïstes, la Loi fondamentale du pays.

Mama Kanny Diallo. Paris, novembre 2017
Mama Kanny Diallo

Lire l’interview de Mama Kanny Diallo, ministre du Plan et de la coopération et ex-épouse d’Alpha. Elle révèle que les projets d’investissements  agricoles mettent l’accent sur “la relance des cultures d’exportation telles que celles de la production d’ananas, de café et d’anacarde.” L’approche est erronée.  Au nom de la sécurité alimentaire on doit plutôt accorder la priorité à la production vivrière :  agriculture (riz, fonio, maïs, manioc, mil, igname, etc.), élevage (viande, lait, beurre, fromage, etc.), cueillette (karité, palmistes, etc.), pêche (poisson, fruits de mer, acquaculture, etc.). Les cultures d’exportation créent une dépendance économique et financière similaire à celle engendrée par l’exploitation — sans transformation locale — des produits miniers bruts.

Environnement inadéquat

En septembre dernier Alpha Condé annonça avoir obtenu un autre prêt de US$20 milliards par la Chine à la Guinée. En octobre, il exposa devant la presse son plan-directeur d’une nouvelle ville de Conakry ! Il confond apparemment architecture et urbanisme. Et il croit que les habitants de la capitale sont de la volaille. Et qu’il suffit de bâtir des cages de poulaillers de type HLM pour moderniser la cité !… En fait une ville est un ensemble complexe de réseaux de transports (routes, chemins de fer, aéroports), de communication (Internet, Web), de santé (égoûts, de parcs, espaces verts), de quartiers résidentiels et commerciaux, de bibliothèques, de marchés, édifices, monuments, cimetières, etc.

En dehors de l’entourage d’Alpha et de lui-même, les Guinéens ne sont dupes de ces publicités fracassantes. Elles rappellent la mascarade en cours, qui fait de Conakry la capitale mondiale du livre. Alors que le pays est en majorité analphabète après 60 ans bientôt de souveraineté.

Répétons-le, la Guinée n’est pas équippée pour absorber et rentabiliser les quelque US$40 milliards qui viendraient de Beijing et de Paris. Le pays ne remplit pas les conditions nécessaires et indispensables pour employer rationnellement de tels montants de capitaux. Même si l’on étale l’exécution dans un futur plus ou moins distant. L’environnement est faible et inadéquat. Il érige de sérieux obstacles pour les investisseurs les plus “généreux”. Comme exemples de pièges on peut citer les suivants :

  • Faible qualité d’éducation
  • Faiblesse de la production et de la distribution d’eau, d’énergie et de nourriture
  • Système de santé précaire
  • Mise à l’écart du paysannat
  • Chômage endémique d’adultes et de jeunes
  • Analphabétisme prédominant
  • Main-d’oeuvre qualifiée rare
  • Monnaie non-convertible
  • Secteur bancaire anémique
  • Absence d’épargne domestique
  • Dépendance totale vis-à-vis des bailleurs étrangers bi ou multilatéraux
  • Réseau de communication numérique embryonnaire
  • Transports archaiques
  • Inféodation de la justice et du parlement au pouvoir exécutif
  • Pauvreté galopante
  • Criminalité et impunité

Alpha Condé aux abois pour un 3è mandat

Depuis sa première investiture, M. Condé a, comme il l’avait promis, ramené la Guinée là où président Sékou Touré l’avait laissée. C’est-à-dire dans la pauvreté, la démagogie l’incompétence, l’autocratie et le culte de la personnalité. Ainsi, Alpha a gaspillé sept ans précieux à se promener hors du pays, pour son intérêt personnel et au détriment de la Guinée.
Le temps a vite passé. Il ne lui reste plus que deux ans environ pour céder la présidence à un successeur élu. Mais M. Condé aimerait soit rattraper ce temps, soit l’allonger en une présidence à vie, camouflée et dissimulée derrière des projets utopiques. Il oublie que le temps perdu ne se rattrape pas. Et que la Constitution est inviolable. Elle ne sera pas tripotée pour satisfaire sa boulimie du pouvoir.

Tierno S. Bah

Claude Rivière : un article hautement contestable

 

Pr. Claude Rivière. Ancien Doyen de la Faculté des Lettres, Conakry.
Pr. Claude Rivière. Ancien Doyen de la Faculté des Lettres, Conakry.

Investissements éducatifs en Guinée

PProfesseur de sociologie, Claude Rivière fut, dans les années 1960, doyen de la Faculté des Lettres de l’Institut Polytechnique, devenu Université de Conakry. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la Guinée. Mentionnons quelques titres :

En 1965, Claude Rivière était à mi-chemin de sa carrière sur le terrain en Guinée. C’est l’année de  publication de son papier intitulé “Les investissements éducatifs en République de Guinée” dans Cahiers d’études africaines. 1965(5): 20  pp. 618-634. Le texte complet est accessible sur Semantic Africa.

Lecture et réflexion faites, je trouve ce document hautement contestable. En conséquence, je prends ici le contrepied de certains passages. Et je réfute l’adéquation et la validité de l’article de Claude Rivière. Ma démarche s’articule sur deux plans : les considérations et objections générales, d’une part,  et les remarques sur des points spécifiques, d’autre part.

Considérations et objections générales

Rivière introduit l’article en ces termes :

Pour le Guinéen, la date la plus mémorable reste celle de son indépendance effective. Le 28 septembre 1958 marque en effet le tournant le plus décisif dans les destinées de sa nation qui a comme le sentiment de se relever d’un opprobre de soixante ans, puisque le 28 septembre 1898 s’effondrait l’empire Wassoulou soutenu par la résistance de l’Almamy Samory Touré, ancêtre du leader bien connu du pays : Sékou Touré.

Je reste perplexe devant le passage ci-dessus pour la raison suivante : l’auteur projette sur la Guinée de 1964-65 l’image et les sentiments que les citoyens nourissaient au lendemain du référendum du 28 septembre 1958. Mais cinq à six ans se sont écoulés entre la proclamation de la souveraineté guinéenne le 2 octobre 1958 et l’année de rédaction de cet article. Entretemps, comme on dit, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Et Rivière aurait réffléter une telle évolution. Hélas, au lieu de faire état de l’évolution compliquée du jeune, il se limite à évoquer l’euphorie des premières années de la république de Guinée.
Dans cette première partie, je me contenterai de rappeler le tournant crucial que l’année 1965 imprima à l’histoire politique de la Guinée. On lira donc ci-dessous quelques repères extraits de “Chronologie de la Guinée”, la section finale du Volume 8 de la biographie de Sékou Touré par André Lewin.

  • Du 7 au 13 janvier : Visite simultanée en Guinée du président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, et de Che Guevara, Guerillero Heroico et ministre cubain de l’économie et du commerce et d’une délégation de l’Union soviétique. Après Conakry, président Sékou Touré leur fait visiter successivement Labé, Pita et Dalaba.
  • 19 janvier : président Sékou Touré à Bamako pour présenter ses condoléances au président Modibo Keita, qui venait de perdre son père
  • 15 janvier : Doudou Thiam, ministre sénégalais des affaires étrangères, obtient à Conakry l’expulsion de Guinée des militants du Parti Africain de l’Indépendance (P.A.I.)
  • 21 janvier : une rencontre Senghor-Houphouët-Sékou Touré prévue ce jour-là est annulée, essentiellement en raison des attaques de la Guinée contre le projet de création de l’Organisation de la Communauté Africaine et Malgache (OCAM)
  • 30 janvier : Sékou Touré, Houphouët et Modibo Keita se rencontrent à Nzérékoré
  • 14-15 mars : Sékou Touré, Nkrumah, Ben Bella et Modibo Keita se retrouvent en réunion secrète à Bamako, pour parler des suites à donner à la création de l’OCAM
  • 14-22 mai : réunion de la commission mixte franco-guinéenne (créée par les accords de mai 1963). Signature d’un arrangement sur le contentieux financier franco-guinéen, dont Nabi Youla est l’un des principaux artisans.
  • 24-30 mai : Le ministre d’Etat Saïfoulaye Diallo conduit une délégation ministérielle à Brazzaville
  • 3 juin : remaniement du gouvernement
  • 5 juin : Sékou Touré fait un discours à Labé fustigeant l’OCAM, qu’il qualifie d’Organisation Commune Africaine des Menteurs, mais il loue le général de Gaulle.
  • 19 juin : à Alger, Ben Bella est renversé par le colonel Houari Boumedienne, qui forme un nouveau gouvernement le 5 juillet
  • 20 juin : le Bureau politique national exprime sa profonde consternation.
  • 21 juin : Sékou Touré envoie Keita Fodéba à Alger (via Paris)
  • 4 juillet : nomination du premier général guinéen, Noumandian Keita, chef d’état major; son adjoint Kaman Diaby est nommé colonel
  • 10 août : Sékou Touré séjourne au Caire comme invité personnel de Gamal Abdel Nasser pour assister le 10 août au mariage de sa fille.
  • 30 juillet : Keita Fodéba préside une réunion sur les menées anti-guinéennes au Sénégal. Carvalho, l’ambassadeur du Sénégal, y assiste.
  • 11-13 août : le ministre algérien des affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, en visite à Conakry
  • 3 septembre : Conakry fait connaître son accord sur le rapatriement des militaires guinéens restés dans l’armée française.
  • 2 octobre : le général de Gaulle envoie un message à l’occasion de la fête de l’indépendance. Plusieurs personnalités françaises assistent à la réception donnée par l’ambassadeur de Guinée à Paris.
  • 6-8 octobre : Mennen Williams, secrétaire d’État américain adjoint pour l’Afrique, en Guinée. Le 7, il se rend avec Sékou Touré à Labé. A Conakry, il inaugure cinq génératrices thermiques fournies par l’aide américaine à la centrale électrique de la capitale.
  • 9 octobre : Mamadou Touré dit “Petit Touré”, directeur du Centre Guinéen du Commerce Intérieur, dépose les statuts d’un nouveau parti politique, le PUNG (Parti de l’Unité Nationale de Guinée), ainsi que Sékou Touré en avait encouragé le principe.
  • 11-12 octobre : arrestation de “Petit Touré”. Il sera accusé de complot en même temps que Bengaly Camara et Tounkara Jean Faraguet. Il décèdera le 31 octobre 1965 au Camp Camayenne (futur Camp Boiro). Sa veuve, Alamdia Keita, expulsée en 1970 vers son Niger natal, est décédée à Paris en 2009.
  • 29 octobre : à Paris, enlèvement de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka. Il ne sera jamais retrouvé.
  • 1-5 novembre : le président égyptien Nasser en visite en Guinée. Il se rend à Kissidougou, Nzérékoré, Kankan et Labé.
  • 9 novembre : Radio Conakry annonce la découverte d’un complot autour de “Petit Touré”. La France, le Niger, la Haute-Volta et la Côte-d’Ivoire sont impliqués. A Paris, la France dément toute implication.
  • 12-13 novembre : Sékou Touré en Mauritanie pour le Sommet de Nouakchott des États riverains du fleuve Sénégal  — OERS : Sénégal, Mauritanie, Mali, Guinée.
  • 15 novembre: à Conakry, session du Conseil National de la Révolution. Léon Maka accuse de complot deux ministres français et l’ambassadeur de France, et met en cause Houphouët-Boigny.
  • 16 novembre: arrestation de l’ivoirien François Kamano; la Guinée dépose plainte contre la Côte d’Ivoire à l’OUA
  • 17 novembre : la Guinée demande à l’OUA d’enquêter sur les activités subversives financées par Houphouët. Le Conseil national de la Révolution établit un comité révolutionnaire permanent.
    Paris rappelle l’ambassadeur Koenig, qui a refusé sur instructions d’assister à une réunion du corps diplomatique au ministère des affaires étrangères, et notifie à l’ambassadeur de Guinée l’obligation de quitter la France. Le rappel coïncide avec la décision des autorités guinéennes d’expulser l’ambassadeur. Koenig quitte Conakry par avion dans l’après-midi.
    Le président  Maurice Yaméogo, depuis Paris, estime que les accusations guinéennes mettent en cause l’OUA et affirme que Sékou Touré veut démolir le Conseil de l’Entente. Le même jour, à Abidjan, Houphouët-Boigny dit qu’il y a une collusion entre Sékou Touré et Nkrumah pour masquer leur faillite politique, économique et humaine.
    Sur instructions personnelles du général de Gaulle à Jacques Foccart, les transferts de francs servant à rembourser le Trésor guinéen des pensions versées en monnaie nationale aux anciens combattants et pensionnés guinéens sont suspendues.
  • 18 novembre : Radio Conakry mentionne trois récentes tentatives d’assassinat contre Sékou Touré.
  • 19 novembre : remaniement ministériel. Keita Fodéba quitte le ministère de la Défense nationale et de l’Intérieur et devient ministre de l’Économie rurale et de l’Artisanat, Lansana Diané le remplace aux armées, Magassouba Moriba à l’intérieur et à la sécurité. Nabi Youla, secrétaire d’état à l’information, est nommé ambassadeur à Bonn pour la deuxième fois. Nenekhali Condetto devient secrétaire général de la Présidence. Commandant Zoumanigui, chef du cabinet militaire de Sékou Touré, devient commandant de la Gendarmerie.
  • 20 novembre : Conakry exige le départ de tous les membres de l’ambassade de France, qui quittent Conakry entre le 24 et le 26, à l’exception du chargé d’affaires Rey-Coquais.
  • 21 novembre : Senghor donne son accord pour que le Sénégal représente à Conakry les intérêts de la France. II préfère renoncer à cette mission le 25 novembre.
  • 26 novembre : le ministre de l’éducation reçoit Jean Cellier, président de l’Amicale des enseignants français en Guinée. Nombre de ces derniers veulent rester en Guinée. Sékou Touré s’adresse à eux le 29 novembre à l’Institut polytechnique.
  • 29 novembre : l’Italie donne son accord pour représenter les intérêts français en Guinée.
  • 6 décembre : Sékou Touré envoie à François Mitterrand un message de soutien pour l’élection à la présidence de la République.
  • 7 décembre : à New York, le représentant permanent de la Guinée, Achkar Marof, déclare devant le comité politique de l’Assemblée générale que la Guinée a été victime d’un complot permanent depuis 1958. Le délégué français réfute ces “calomnies incroyables”. A Conakry, Sékou Touré met en cause Jacques Foccart.
  • 8 décembre : à Rome, pendant le Concile Vatican II, Mgr Tchidimbo est reçu en audience privée par le Pape Paul VI, à qui il fait part de son souhait de quitter son poste en 1975 après le Centenaire de l’église catholique en Guinée, pour laisser son poste à un “Guinéen authentique”.
  • 19 décembre : au 2ème tour, le général de Gaulle est réélu président de la République française contre François Mitterrand (que Sékou Touré avait soutenu).
  • 31 décembre: par décret, la Guinée étend à 200 milles marins la limite de ses eaux territoriales

A suivre.

Tierno S. Bah

Colonisation, littérature et livre

Revue du Livre : Afrique noire, Maghreb, Caraïbes, Océan Indien. L'Harmattan. Paris. 2005. 175 p. Avec le concours du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de la Coopération Littérature guinéenne N° 88/89 Juillet septembre 1987. 203 pages
Revue du Livre : Afrique noire, Maghreb, Caraïbes, Océan Indien. L’Harmattan. Paris. 2005. 175 p. Avec le concours du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de la Coopération
Littérature guinéenne
N° 88/89 Juillet septembre 1987. 203 pages

En préparation de “Conakry, capitale mondiale du Livre”, le rouleau publicitaire s’est mis en marche depuis le début du mois. Jeune Afrique, par exemple, a fait son publireportage usuel. A Conakry, menés tambour battant par L’Harmattan-Guinée, des éditeurs de la place ont associé des auteurs. La plupart de ceux/celles-ci écrivent des romans — dont certains à prétention littéraire —, des ouvrages d’histoire et des biographies. Qu’en est-il des dizaines d’autres genres : science (nature, vie, société), métiers, technologie, arts, etc. ?
La désignation de Conakry comme matrice planétaire du Livre pour 2017 est incompréhensible parce qu’elle manque de considérations adéquates et de justifications logiques. Les critères de ce choix relèvent de la cécité de la bureaucratie UNESCO et dela fuite en avant perpétuelle des régimes guinées, toujours prêts à paraître sans être. Ajoutons à cela l’entregent commercial et le marketing local tous azimuts de la succursale de L’Harmattan, la maison d’édition parisienne.
En vérité, il manque à la Guinée l’essentiel de l’infrastructure et des ressources qui auraient pu faire de l’évènement un succès relatif. Il s’agit notamment de:

  • La production et la distribution suffisantes d’énergie électrique, d’eau, de nourriture et de soins
  • Un taux national d’alphabétisation supérieur à 75 %
  • Une industrie de fabrication et de circulation de la chose imprimée :  livres, journaux,  revues. En français et dans les langues du pays !
  • Des écoles et universités équipées de bibliothèques à jour
  • Des associations actives d’auteurs dans des domaines divers
  • Un réseau public de bibliothèques, d’archives et de musées couvrant tout le territoire
  • La participation à la Révolution numérique, qui concurrence le livre imprimé et impose les publications électroniques

    Fardeaux historiques

Dans le domaine névralgique de la création et de la distribution du savoir, des fardeaux historiques lourds pèsent sur l’Afrique, en général, et la Guinée, en particulier. Je veux parler de:

  • La colonisation européenne marquée par la domination politique, l’exploitation économique, et l’aliénation culturelle.
  • La post-colonisation, qui, comme l’a correctement prédit Frantz Fanon, a consisté à la substitution d’une bourgeoisie exploiteuse étrangère par son ersatz domestique.

En l’occurrence, le président guinéen, Alpha Condé, est plus soucieux d’effectuer de fréquents voyages. Il ne lui vient pas l’idée de se sédentariser à Conakry, de séjourner dans le pays profond au contact des paysans, ou de rebrousser les manches pour chercher comment combler le retard de plus en plus accusé de la Guinée.

Président Condé tient à noyer le poisson dans l’eau. Soutenu par un Parlement chambre-à-écho de ses diktats et desiderata, il viole et violente la Constituton. Et impose une loi scélérate. Rédigée par des plumes serviles aux ordres du “professeur” autocrate, elle vise à étouffer la justice. Et elle entérine l’impunité. Des personnalités civiles, des religieux (l’Imam et l’Archevêque de Conaky) se prêtent à la mascarade. Ce faisant, ils amplifient la confusion et participent, délibérément et obséquieusement, à une autre trahison de la Guinée par ses fils et filles. Qu’ils soient hommes de la soutane ou du turban, du chapelet ou de la croix, les prêtres savent pourtant que la Bible et le Qur’an proclament les Dix Commandements du Créateur. Le premier de ces ordres divins dit : “Tu ne tueras point !” Il se trouve malheureusement que depuis 1958 l’Etat guinéen transgresse impunément ce commandement. Le meurtre de citoyens est devenu chez lui un réflexe naturel et un recours permanent. Rien qu’en mars dernier une dizaine de personnes ont péri par la violence d’Etat.
Il revient au système judiciaire seul d’enquêter et de juger ces crimes, qui remontent à plus d’un demi-siècle, y inclus le massacre du 28 septembre 2009.

Colonisation : savoir d’où l’on vient

On ne peut pas savoir où l’on va si l’on ne sait d’où on vient, rappelle le dicton. Pour tenter de cerner les dilemmes et les défis qui se posent aux organisateurs de “Conakry, capitale mondiale du Livre”, je soumets à l’attention des lecteurs et lectrices les publications et compilations suivantes :

Monologue élitiste et analphabétisme des masses

L’élite francophone se démène comme un beau diable pour la réussite de “Conakry, capitale mondiale du Livre”. Jouissant d’une maîtrise variable de la langue française, elle s’enferme dans un monologue narcissique, se parlant et s’écoutant parler seule. A l’exclusion et en totale disjonction d’avec la majorité “afriphone” de la population.  Son comportement ne leurre qu’elle seule. Car après un demi-siècle d’indépendance et de souveraineté, les masses populaires ont peut-être perdu tout espoir d’émancipation, clouées qu’elles sont dans l’analphabétisme culturel et fonctionnel. Et les langues nationales en pâtissent, bien sût. Non par le choix des administrés, mais du fait de la dictature pérenne et de la faillite coupable des dirigeants.

Tierno S. Bah

Bibliothèque en herbe

Prof. Djibril Tamsir Niane (cravate), ministre Siaka Barry, à sa droite Ms. Fifi Niane, Conakry, 14 mars 2017 (Source: Guinée7)
Prof. Djibril Tamsir Niane (cravate), ministre Siaka Barry, à sa droite Ms. Fifi Niane, Conakry, 14 mars 2017 (Source: Guinée7)

Guinée7 publie un reportage sur “la remise provisoire de la Bibliothèque Djibril Tamsir Niane”. Il n’est guère surprenant que ce site étale un projet financé par l’Etat. Après tout, son activité éditoriale est favorable au pouvoir en place.  Mais Le journaliste reste vague à ce sujet. Et les informations sur l’état d’avancement  du projet sont absentes. Dommage ! Par contre, il s’empresse d’aligner les noms grandiloquents des organisations bureaucratiques et budgétivores liées à l’initiative. On croit cependant rêver un instant d’un pays à l’économie ronflante.… Tenez :

  • Autorité de contrôle des Grands projets (ACGP)
  • Direction nationale des investissements publics (DNIP)
  • Direction nationale des Marchés publics

Et la liste est bouclée, bien sûr, par le ministère de la Culture, des Sports et du Patrimoine historique.

Alliant l’imprécision à la flatterie, l’article consacre le plus long paragraphe à l’engagement du président Pr. Alpha Condé “de réhabiliter (la bibliothèque) et même de l’agrandir et de la moderniser avec les dernières technologies”.
Le journaliste s’empresse ensuite d’indiquer que “les travaux de construction sont aujourd’hui achevés à près de 80%”.  Que reste-il-il donc à faire ? C’est malheureusement là où le bât blesse. Car il s’agit de :

  • La finition :  électrification, eau, peinture, etc.
  • L’aménagement : mobilier, équipement divers, décoration, sécurité, etc.
  • Le budget de fonctionnement et d’entretien
  • Le formation et le salaire du personnel
  • L’acquisition onéreuse de collections livres, périodiques, ebooks, etc.
  • La connexion en réseau
  • La création et l’administration du site web de la bibliothèque, etc.
Bibliothèque Djibril Tamsir Niane en construction à Conakry
Bibliothèque Djibril Tamsir Niane en construction à Conakry

On lit également que “la mission a fait quelques remarques sur le bâtiment”. Quelles remarques exactement ? Mystère !

L’article continue en révélant  la raison réélle pour laquelle cette cérémonie a eu lieu : le fameux “événement culturel très important Conakry Capitale mondiale du livre”.

Depuis le début du mois le rouleau publicitaire s’est mis en marche, notamment dans Jeune Afrique, pour annoncer la mascarade suivie de “mamaya” que constitue cette charade de l’UNESCO et du gouvernement guinéen. Les deux partenaires collaborent dans cet effort de propagande. Il risque de leur retomber sur le nez. Car, privée de l’économie, du tissu industriel, et du pouvoir d’achat, Conakry ne saurait, au 21e siècle, être une capitale —même sous-régionale— du Livre. J’y reviendrai.

Gageure et/ou duperie ?

En attendant, Pr. Djibril Tamsir Niane doit continuer à compter sur la bienveillance de l’Etat pour rebâtir sa bibliothèque. Le ministre de la Culture, Siaka Barry, “a promis que les commandes pour l’équipement seront lancées dans les jours qui suivent pour que la BDTN et la Bibliothèque nationale soient fonctionnelles avant la fin avril”.
Est-ce une gageure ou une duperie ? Comment compte-t-on équiper une bibliothèque en moins de 45 jours. Quelle est la part du récipiendaire de l’ouvrage dans la sélection des produits et servir à financer et à acquérir ? Il en sait mieux que les jeunes bureaucrates venus lui rendre visite. (Il fut mon doyen à Faculté des sciences sociales de l’Institut Polytechnique dans les années 1960-70). Les autorités se rendent-elles compte que la concrétisation d’un tel projet exige un intense travail d’équipe, d’envergure nationale et internationale ? Une bibliothèque sans livre n’en est pas une. A-t-on lancé des appels d’offre et quels sont les fournisseurs soumissionnaires pour la livraison des ouvrages et du matériel de lecture ? Le building sera-t-il doté d’autonomie en courant électrique ? Pourquoi limiter  ses services à l’usage des seuls chercheurs et étudiants ? Et le grand public alors ?

Souffrance et patience sans illusions

L’article se termine par les remerciements du Pr. D. Tamsir Diane aux représentants du “Pr.” Alpha Condé, président de la république. Doyen Niane souligne que “c’est une première que l’Etat finance un privé à cette hauteur”. Cette phrase est lourde de sens. En filigrane, on décèle la souffrance, la patience mais non les illusions de ce grand intellectuel.
Ancien bagnard du Camp Boiro dans le faux Complot des Enseignants (1961), Pr. Niane sait, mieux que quiconque, que l’Etat guinéen étouffe tout ce qu’il étreint, et pourrit tout ce qu’il touche.
Dans l’interview intitulée “De Baro à Boiro” avec Lilyan Kesteloot — sa cadette et émintent professeure à l’Université C.A. Diop—, il révèle comment les résultats de ses précieuses recherches sur la culture baga en 1968-69 furent ruinés par la négligence de l’Etat. Idem pour ses pièces de théâtre, ou ses démarches vaines de  repèrage et de conservation des ports de la Traite des Noirs, du Rio Nunez (Boké) à la Méllacorée (Forécariah), en passant par le Konkouré à Dubréka.

Maryse Condé vivait avec sa famille à Conakry en 1960-61. Dans La vie sans fard, elle évoque la répression — violente et meurtrière — contre les élèves et la purge de l’élite enseignante par de lourdes peines de prison. Maryse s’acquite du devoir de mémoire avec la véracité d’un témoin oculaire et, en l’occurrence, avec la plume d’un génie littéraire.

Le drame et la menace sont présents, palpables. Ils sont agrravés par l’absence des acteurs du secteur privé. Eux qui sont toujours prêts à financer la construction de stades sportifs et l’organisation de soirées dansantes. Mais qui ne prêtent pas leur concours à la construction de ce maillon de l’infrastructure de l’éducation et de la formation de Guinée. Je veux parler des sociétés minières, des entreprises commerciales, des opérateurs économiques, des ONG, etc.
Inexorablement, le temps fait son oeuvre. Les dictateurs se sont succédés et ont sévi sur la Guinée. Les populations  ont en pris de terribles coups. Le pays  relèvera-t-il ? Peut-être. Mais il faudra, entre autres, qu’elle mette mieux à profit l’expérience du Pr. Niane et de sa génération d’éducateurs encore en vie :

  • Ibrahima Kaba
  • Mountagha Baldé
  • Yansané Sékou Moukké
  • Mamadou Kolon Diallo
  • Thierno Diallo
  • Bahi Seck ……………………

Une hirondelle ne fait pas le printemps !… Ni l’inauguration éventuelle de la bibliothèque Djibril Tamsir Niane, ni “Conakry, capitale mondiale du Livre”, n’effaceront les ruines causée, durant le demi-siècle écoulé, par l’Etat guinéen, prédateur de la Culture et de l’Education, et archennemi du Savoir.

Tierno S. Bah

Jeanne-Martin Cissé (1926-2017)

Jeanne Martin Cissé et Sékou Touré, circa 1970
Jeanne Martin Cissé et Sékou Touré, vers 1970

Sous la plume de François-Xavier Freland Jeune Afrique reprend la nouvelle de la mort de Jeanne-Martin Cissé (1926-2017). Reflétant diverses sources d’information, l’hebdomadaire évoque, en quelque 532 mots, la vie de cette compagne de Sékou Touré.

  1. On y relève ainsi le tableau du cadre familial au crépuscule de la vie à Conakry. Il n’y est question toutefois que des filles de la disparue, alors qu’au moins trois de ses enfants sont des hommes. L’aîné, Cheick Mohammed ‘Papus’ Camara, est un de mes promotionnaires aux lycées de Conakry et de Labé. Notre dernière rencontre, vite transformée en une longue, amicale et intéressante conversation, remonte à 2003 à Dakar.
  2. Mais l’auteur reste vague sur la naissance, l’éducation et l’adolescence : noms et occupation des parents, un brin de généalogie, postes d’enseignement. Il néglige, par exemple, un détail important, à savoir comment peut-on naître “dans une famille musulmane modeste d’origine Soussou et Malinké” et s’appeler Jeanne-Martin ?
  3. L’article maquille et embellit le passage sur “la célèbre école normale de Rufisque”,  qu’il présente comme étant  un établissement “d’élite féminine qui s’était employée à faire de ces élèves venues de toutes l’Afrique coloniale française de futures enseignantes, attachées à leur africanité.” François-Xavier Freland aurait dû mettre un peu d’eau dans son vin, car dans l’ensemble le palmarès de l’école française n’est pas du tout rose. Surtout sous la Troisième République (1870-1940) qui imposa le déshumanisant Empire colonial et l”abominable régime de l’Indigénat.
  4. François-Xavier glisse le nom de Germaine Le Goff sans préciser qu’il est l’auteur de la biographie intitulée L’Africaine blanche (1891-1986) : Germaine Le Goff, éducatrice mythique.  Il aurait dû apporter la précision, ne serait-ce que pour élargir l’horizon des lecteurs.
  5. Certaines camarades de formation de Jeanne-Martin sont mieux introduites, notamment avec la mention d’Une si longue lettre, l’oeuvre principale de Mariama Bâ.
  6. Le portrait matrimonial de Jeanne-Martin se limite à son  mariage avec Bansoumane Touré. Cette victime du Camp Boiro fut en réalité le second époux de Mme. Jeanne. Sur les circonstances de la disparition de Bansoumane à la Prison de Kindia, lire Kindo Touré “La mort de Ban Ansoumane Touré”.
  7. Dans sa biographie de Sékou Touré André Lewin indique, à juste titre, que le premier mari de Jeanne-Martin s’appelait Camara. Malheureusement, il omet le prénom du défunt, qui mourut victime d’un accident de circulation en 1958. Lire Ahmed Sékou Touré (1922-1984). De Gaulle à Conakry,  25/26 août 1958 (volume 2, chapitre 25)
  8. L’article présente Bansoumane Touré comme “un des fondateurs du Parti Démocrate Guinéen (PDG) animé par Sékou Touré. Très vite, elle (Jeanne-Martin) milite pour l’indépendance et œuvre pour l’émancipation des femmes en Afrique.” L’auteur va vite en besogne et commet ici deux erreurs aussi gratuites que légères :
    (a) Bansoumane ne figure pas parmi les membres fondateurs du PDG-RDA
    (b) Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les pionniers de l’activité politique visaient d’abord l’autonomie interne. Le régime colonial fit la sourde oreille et traîna la savate jusqu’en 1956, date de promulgation de la loi-cadre Gaston Deferre. Mais c’était trop tard. Le Viet-Minh avait déjà vaincu des milliers de troupes françaises en 1954 à Dien Bien Phu. Cette cinglante défaite militaire ainsi que le déclenchement de la guerre d’Indépendance d’Algérie accélérèrent le cours de l’Histoire. Les protectorats du Maroc et de la Tunisie devinrent des états souverains en 1956. En mai 1958, l’armée imposa le Général Charles de Gaulle au Parlement français. Cherchant à retarder l’implosion du domaine colonial de la France, le vieux guerrier,  intellectuel et homme d’Etat organisa le référendum de 1958 autour d’une nouvelle Constitution. Le projet de loi fondamentale proposait, entre autres, l’abolition de l’instable 4ème république (en place depuis 1946), l’avènement de l’actuelle 5è république,  et l’instauration de la Communauté franco-africaine, en lieu et place de l’Union française, elle-même héritière de l’Empire colonial.
  9. L’auteur effleure ensuite la carrière onusienne de Jeanne-Martin. François-Xavier Freland écrit : “… elle est désignée en 1972 au poste de représentante permanente de la Guinée aux Nations unies, et devient … même présidente du Conseil de Sécurité de l’ONU, son pays étant alors membre non permanent de ce comité.”
    Lire également “Jeanne-Martin Cissé accepte une invitation de Louis de Guiringaud, ambassadeur de France auprès des Nations Unies”, A. Lewin, volume 6, chapitre 68
    Aucun mot sur Telli Diallo et Marof Achkar, autrement plus efficients et prestigieux que l’ambassadrice Cissé. Silence total aussi sur le sort des proches de Madame Sow Nima Bâ, ancienne détenue du Camp Boiro et dont Sékou Touré décima la famille en faisant assassiner :

Et en condamnant à mort par contumace le frère cadet, Bâ Mamadou.

  1. L’article cite Hadja Nima en ces termes : « Mais la période des purges l’avait rendu triste. » Peu importe que ma belle-soeur ait prononcé des mots. Le fait est qu’ils sont en porte-à-faux avec la réalité post-sékoutouréenne.
  2. Dirigeante ddu Conseil national des Femmes de Guinée, membre du Comité central du Parti démocratique de Guinée, membre du Burean politique national et du Gouvernement, feue Jeanne-Martin fut, de bout en bout,  une collaboratrice fidèle et une porte-parole aussi “impénitente et non-repentante” de la dictature de Sékou Touré que Mme. Andrée Touré.

Pour conclure, je me propose de lire La fille du Milo. Après quoi, je  ferai une suite à cet article.

Tierno S. Bah