Cercle de Labé. Situation économique en 1937

Rapport
Situation économique du Cercle de Labé. 1937

Conakry, le Cinq Mai 1937
L’Inspecteur Général des Colonies, Chef de Mission
J’ai l’honneur de transmettre à M. le Lieutenant-Gouverneur de la Guinée Française le rapport de détail concernant la vérification au point de vue économique du Cercle de Labé.
Signé : Huet

Chapître 1er. Renseignements généraux sur le Cercle.

1. Situation et étendue

Le cercle de Labé est situé en Moyenne Guinée en plein centre du Fouta-Djalon.
Plus grande longueur du Nord au Sud : 150 km ; plus grande largeur de l’Est à l’Ouest : 200 km.
Superficie : 23.800 km2.

2. Caractéristiques générales
  1. Au point de vue physique
    Pays accidenté, formé de plateaux généralement latéritiques séparés par de profondes vallées, plaines normalement de faible étendue, altitudes variant de 170 à plus de 1.500 m. Région très arrosée, origine d’importantes rivières ou fleuves : Gambie, Rio Gaba, Kakrima-Konkouré, Bafin, Falémé.
    Les géographes ont d’ailleurs qualifié le Fouta-Djalon de “véritable château d’eau de l’Afrique occidentale”.
  2. Au point de vue poltique
    Pays calme paraissant bien en main, commandé par de bons chefs européens et indigènes qui, du fait de la tranquilité politique, se consacrent principalement au développement économique des territoires placés sous leur autorité.
  3. Au point de vue économique
    Pays d’agriculture et d’élevage.
    Le Foulah n’est plus exclusivement pasteur comme on a coutume de le représenter. L’agriculture dans le Foutah, prend une place chaque année plus importante ; les cultures se développent sur les plateaux, dans les plaines et sur les pentes montueuses. La terre est généralement pauvre ; la culture la plus étendue est celle du fonio, pauvre graminée d’un faible rendement qui exige de grandes surfaces ; le fonio est en outre d’une faible valeur alimentaire. Où se developpe quelque peu la végétation arbustive, le riz de montagne, de meilleur rendement et de valeur alimentaire plus sérieuse est cultivé. Le riz de marais n’est cultivé que dans les rares plaines très humides. Dans les régions septentrionales plus chaudes, domine la culture type du climat soudanais : le mil.
    Il n’y a de richesse culturale que dans les carrés familiaux, couverts de fumures et d’engrais naturels, grâce au bétail (bovins, ovins, caprins). Sans bétail, le carré familial est pauvre. Aussi, tous les efforts de l’Administration, avec l’aide de la Société de Prévoyance, tendent-ils à la reconstitution d’ailleurs en bonne voie, du cheptel, qui permet l’extension des carrés familiaux et le développement des culture qui y sont pratiquées.
3. Population
Européens et assimilés125
Français37
Etrangers88
Levantins85
Américains3
Fonctionnaires25,6 %
Planteurs et employés de plantation4 %
Commerçants68 % Levantins
Missionnaires2,4 % (Américains – protestants)

 

Foulahs344.226 96 %
Dialonkés5.240
Diakankés3.230
Sarakolés821
Malinkés102
Toucouleurs80
Bambaras40
Ouolofs26
Guerzés7
Tomas6
Divers10
Total353.788

 

Foulahs344.226 96 %
Dialonkés5.240
Diakankés3.230
Sarakolés821
Malinkés102
Toucouleurs80
Bambaras40
Ouolofs26
Guerzés7
Tomas6
Divers10
Total353.788

 

CultureSuperficie cultivéeProduction annuelle (tonnes)
Riz7.500 ha4.500 environ
Maïs20.000 ha20.000 env
Mil5.0004.900 env
Fonio150.00060.000 env.
Arachides6.00017.000 env.
Sésame20095 env.
Taros12.50025.000
Patates
Manioc
Igname