Le Portugal et l’OTAN

Le lundi 7 décembre, à son arrivée dans la capitale nigériane, le secrétaire général de l’OUA, M. Diallo Telli, déclarait que « l’invasion de la Guinée était inspirée par l’OTAN », ajoutant : « Le Portugal est trop sous-développé pour perpétrer seul une telle agression. » Le mardi 8 décembre à Alger, un représentant du PAIGC accusait à son tour l’OTAN ainsi que les puissances occidentales d’être « impliquées dans l’agression ».

Ismael Touré (1926-1985), demi-frère du président Sékou Touré, membre du Bureau politique, ministre, président de la Commission d'enquête du Camp Boiro.
Ismael Touré (1926-1985), demi-frère du président Sékou Touré, membre du Bureau politique, ministre, président de la Commission d’enquête du Camp Boiro.

Le mercredi 9 décembre, à Lagos, au cours de la première réunion du conseil des ministres de l’OUA, le chef de la délégation guinéenne, M. Ismaël Touré, déclarait de son côté que « le Portugal avait bénéficié de la complicité de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis », rappelant que « ces deux derniers pays sont membres de l’OTAN ».
Cette accusation portée contre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord n’est pas née des derniers événements de Guinée. Le 15 octobre dernier, une mission de l’OUA, présidée par le chef d’Etat zambien Kenneth Kaunda, entreprenait une tournée des capitales occidentales afin de protester contre l’aide apportée au Portugal et à l’Afrique du Sud par les pays membres de l’OTAN. Au terme de cette mission, le secrétaire général de l’OUA déclarait que son organisation avait pris la décision d’adresser aux dix-neuf pays membres de l’OTAN un mémorandum précisant formellement les conditions dans lesquelles les armes fournies au Portugal dans le cadre de ce traité étaient utilisées contre les patriotes africains d’Angola, du Mozambique et de Guinée-Bissau. Quel que soit le rôle exact du Portugal dans l’agression dont Sékou Touré a été victime le 22 novembre, il ne fait de doute pour personne que l’OTAN trouve un intérêt stratégique très important au maintien du Portugal dans ses colonies africaines.
Le document que nous présentons ici en constitue une accablante démonstration. Il est l’oeuvre du « Comité Angola », créé aux Pays-Bas en 1961 pour acheminer l’aide matérielle, financière, morale et politique de la Hollande aux mouvements de libération des pays sous domination portugaise 1. Rédigé par MM. S. J. Bosgra et Ch. Van Krimpen, il représente une somme impressionnante d’informations, de chiffres et de statistiques, qui — et c’est important — sont tous tirés de documents fficiels, donc non contestables, et d’articles publiés, çà et là. dans la presse des pays concernés.
L’ensemble constitue un texte dont le ton un peu froid — voire rébarbatif — ne fait place qu’à l’essentiel : l’écrasante responsabilité de I’OTAN dans la guerre colonialiste menée en Afrique par le Portugal. Jeune Afrique a résumé ce rapport.

Soutien de l’OTAN à la guerre colonialiste du Portugal

Le Portugal n’a pu soutenir un effort de guerre aussi ruineux et aussi long dans ses « provinces d’outre-mer » que parce qu’il a constamment bénéficié d’une aide massive de la part de ses partenaires à l’OTAN 2. Naturellement, aucun de ces pays n’est prêt (à l’exception de la France) à reconnaître publiquement la réalité de cette aide, mais, tirant avantage de l’appartenance du Portugal à l’OTAN, ils lui fournissent une quantité considérable de matériel militaire, sous prétexte que ce pays en a besoin pour faire face à ses engagements vis-à-vis de l’organisation. En réalité, une très grande partie de cet armement est directement utilisée pour combattre les mouvements de libération en Afrique. De plus, c’est avec l’accord plus ou moins tacite de ses partenaires de l’OTAN que Lisbonne a pu retirer la plus grande partie de ses effectifs des unités de l’OTAN pour les envoyer dans ses colonies d’Afrique. Il convient de souligner que l’OTAN elle-même n’a, en tout cas. jamais tenté de se désolidariser de la politique poursuivie par le Portugal en Afrique. Pis encore : de nombreuses déclarations faites par des responsables de l’OTAN démontrent la compréhension coupable dont ils font preuve vis-à-vis de la politique africaine de Lisbonne.

Le danger communiste

Ce souci de ménager le gouvernement portugais s’explique aisément par l’importance que revêtent les bases des Açores, des îles du Cap Vert, de Guinée-Bissau et de l’Angola pour la défense de l’Atlantique. Dans un article intitulé “les Territoires stratégiques du Portugal”, la revue Foreign Affairs précisait en 1952 : « L’importance stratégique des Açores est incontestable. Les îles du Cap Vert, situées au large des côtes de l’Afrique occidentale française, sur la route aérienne de l’Amérique latine. dominent l’accès à l’Atlantique Sud. L’Angola et la Guinée, avec leurs 1 816 kilomètres de côtes, font partie intégrante des défenses de l’Atlantique … »
Le président Kennedy, ayant manifesté en 1961 un certain mécontentement au sujet de l’utilisation par Lisbonne du matériel de l’OTAN dans la poursuite de sa guerre coloniale en Angola, les Portugais menacèrent de se retirer de l’OTAN ! Le ministre portugais des Affaires étrangères, M. Franco Nogueira, déclara alors à la réunion des ministres de l’OTAN, à Oslo, le 8 mai 1961, que le Portugal avait le droit d’utiliser le matériel de l’OTAN en Angola, comme la France l’avait fait en Algérie. La revue portugaise Revista de Marinha résumait ainsi ce que le Portugal apportait à l’OTAN et que ce dernier risquait de perdre s’il décidait de s’en aller :

  • les relais qui assurent à la zone européenne les meilleures communications avec les Etats-Unis
  • l’utilisation des bases des Açores
  • les bases de ravitaillement de Madère et des Iles du Cap Vert
  • la garantie de disposer, en cas de guerre, d’un réseau de communications électroniques et météorologiques faute duquel le trafic maritime et la lutte anti-sous-marine seraient impossibles
  • la disposition de produits stratégiques, tels que l’uranium, le tungstène, ainsi que de produits en provenance des provinces africaines
  • la défense de l’embouchure du fleuve Congo …

Une technique parfaite

Dès le mois d’octobre 1961, le secrétaire général de l’OTAN, le général Dirk Stikker, se rendait à Lisbonne pour rassurer pleinement M. Salazar à qui il déclara avec chaleur : « Nous devons nous unir contre le danger communiste. »
Au cours d’une interview donnée au journaliste ouestallemand Werner Schulz, le commandant en chef de l’armée portugaise en Angola, le général Hermès de Araùjo Oliveira, déclarait le 4 août 1967 :

« Il est clair que les Américains sont déterminés aujourd’hui à maintenir les provinces portugaises d’Afrique comme une zone de paix. C’est à partir de ce changement d’attitude américaine que le Portugal s’est vu assuré d’un soutien moral important. L’état-major portugais a mis au point une technique de la guérilla moderne que les critiques militaires américains, français et britanniques considèrent comme parfaite. Nous avons profité de l’expérience en cette matière non seulement des Français en Indochine et en Afrique du Nord, mais aussi de l’Abwehr allemande contre les mouvements de résistance en France et en Russie. » (Rapporté par le Deutsche Tagespost.)

La revue américaine US News & World Report rapportait le 14 avril 1969 : « Pendant des années, les Portugais se sont plaints que les Etats-Unis, qui sont leurs .alliés en Europe, leur étaient opposés en Afrique. La situation a changé dans ce domaine, et les Portugais espèrent que leurs relations avec les Etats-Unis iront en s’améliorant avec l’arrivée au pouvoir de M. Nixon. » Enfin, le journal ouest-allemand Süddeutsche Zeitung constatait le 22 avril 1969 : « On assiste à une compréhension de plus en plus grande pour la politique du Portugal en Afrique de la part de ses alliés de l’OTAN, en particulier des Etats-Unis. »
Les relations entre les Etats-Unis et le Portugal sont restées très cordiales jusqu’en 1961. En mai 1960, au cours d’une visite à Lisbonne, le général Eisenhower avait fait un éloge chaleureux du régime de M. Salazar. Fin 1961, les Américains devaient s’abstenir lors d’un vote aux Nations unies sur la nécessité d’enquêter sur la situation dans les colonies portugaises. Mais, dès l’année suivante, avec le remplacement d’Eisenhower par Kennedy à la présidence des Etats-Unis, les relations commencèrent à se refroidir. En mars, puis en avril et juin 1961, le délégué américain à l’ONU soutenait une résolution hostile à la politique africaine de Lisbonne. L’aide militaire de Washington au Portugal fut réduite de 25 à 3 millions de dollars et un embargo mis sur les ventes d’armes au Portugal.

Une épée de Damoclès

Lisbonne ne devait pas tarder à faire comprendre à Washington que le maintien d’une telle attitude était de nature à compromettre non seulement l’avenir de la station américaine de radio « Europe libre » émettant de Lisbonne, mais aussi celui des bases militaires américaines aux Açores. Le traité américano-portugais cédant ces bases aux Américains pour cinq ans devait être renouvelé en novembre 1962. L’attitude américaine s’adoucit considérablement tout au long des négociations entreprises pour le renouvellement de ce contrat, dès le début de 1962.
En janvier 1963, on apprenait que les Etats-Unis s’engageaient à fournir aux Portugais trente chasseurs « T-37 C ». L’accord conclu en janvier 1963 pour le renouvellement de la cession des bases des Açores comportait une nouvelle clause qui constitue toujours, pour les Américains, une véritable épée de Damoclès : elle prévoit en effet que, désormais, le Portugal peut mettre fin au bail sur simple préavis de six mois. Cette clause permettra au Portugal d’exercer sur les Etats-Unis une pression constante et fort efficace. L’aide au Portugal devait continuer à s’accroître. Et, même quand le Congrès américain décida en octobre 1963 de cesser toute aide militaire à l’Europe occidentale, une exception fut faite en faveur du Portugal (et de l’Espagne).
Parallèlement, le comportement des Américains à l’ONU changea du tout au tout. Alors qu’en janvier 1962 les Etats-Unis avaient voté une résolution proclamant le droit de l’Angola à l’indépendance, en décembre de la même année ils votaient contre une résolution condamnant la politique portugaise et préconisant un embargo sur les ventes d’armes à ce pays. A partir de ce moment, l’administration Kennedy rejoignait les rangs des fidèles supporters du Portugal à l’OTAN.
Le secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires africaines, M. Mennen Williams, déclarait à une conférence de presse, au début de 1963, que ses déclarations antérieures faisant état d’un soutien inconditionnel aux mouvements nationalistes angolais avaient été mal interprétées, et il ajoutait qu’à son avis le Portugal faisait ce qu’il pouvait pour améliorer la situation. Six mois plus tard. lors d’une réunion, il déclarait ouvertement à Chicago :

« Il n’est de notre intérêt ni de voir les Portugais quitter l’Afrique ni de réduire leur influence dans ce continent. »

Le rapprochement entre les deux pays n’a cessé depuis de s’accentuer.
Quand le chemin de fer de Benguela a été saboté en décembre 1966 par les nationalistes angolais, les responsables portugais à Luanda et à Lisbonne manifestèrent beaucoup de souci à l’idée que les retards dans l’acheminement du cuivre pouvaient compromettre l’industrie de guerre américaine et, éventuellement, l’effort de guerre américain au Viêt-nam.
Quand Caetano vint au pouvoir en 1968, des négociations furent entreprises pour étendre l’accord sur les bases américaines des Açores où une base de sous-marins Polaris devait être construite. En échange, le Portugal devait obtenir pour 200 millions de dollars de fournitures armes étalées sur cinq ans. (Informations rapportées par un document du Congrès américain, et par l’hebdomadaire Newsweek, le Christian Science Monitor, Die Welt, le Financial Times et Le Monde.)
Des témoins étrangers ont vu des avions portugais bombarder des villages africains en Angola. Ils ont visité les restes calcinés des villages de M’Banza, M’Pangu et MPangala et d’autres, et ont relevé sur les débris de bombes au napalm de 750 livres l’inscription “Propriété de l’US Air Force”. » (Rapporté par le professeur John Marcum dans son livre La Révolution angolaise, 1969, MIT Press.)
« Des bombes au napalm et au phosphore marquées “made in USA” sont tombées sur des villages africains tout près d’ici … Ces villages se trouvent dans des territoires de Guinée portugaise qui sont actuellement sous le contrôle des forces nationalistes. » (Rapporté par le Christian Science Monitor le 12 janvier 1968.)
Voilà pour les Etats-Unis. Mais, en Europe aussi, le Portugal bénéficie d’alliés puissants. Et d’abord la République fédérale d’Allemagne.

L’aide allemande

Depuis que le gouvernement portugais a fait mettre en berne le drapeau national à l’occasion de la mort d’Adolf Hitler le 3 mai 1945, les relations entre les deux pays ont toujours été excellentes. Les Portugais rappellent avec fierté que c’est leur ministre de la Défense, M. Santos Costa, qui a, le premier, soutenu à l’OTAN qu’il fallait admettre l’Allemagne fédérale dans cette organisation — sans aucune condition ni restriction. Une série de traités furent signés entre les deux pays, en 1959, 1960, 1961, 1963, 1965, 1966 et 1968, assurant une étroite coopération militaire et culturelle. Dans le cadre du traité militaire d’octobre 1963 — qui n’a jamais été rendu public —, le Portugal cédait à l’Allemagne fédérale la base militaire de Beja. En contrepartie, l’Allemagne fédérale s’engageait à soutenir par tous les moyens l’effort de guerre portugais. Aujourd’hui, l’intérêt de Bonn pour les installations militaires de Beja faiblit, mais la coopération entre les deux pays ne s’est pas relâchée pour autant. Le Comité de la défense du Bundestag a établi que l’Allemagne fédérale a fourni au Portugal 200 avions de combat ainsi que d’autres fournitures militaires, mais que, « en raison de la destination finale de ces fournitures, le ministère des Affaires étrangères avait élevé certaines objections concernant ces transactions ». (Extraits d’un document secret publiés par le journal militaire Wehrdienst le 9 décembre 1968. Alors que le gouvernement ouest-allemand a déclaré à maintes reprises qu’il ne fournirait pas d’armes aux « zones de tension » (c’est ainsi qu’il refusait de fournir des avions au Malawi, pays voisin du Mozambique), aucune restriction n’a été apportée à l’assistance militaire aux forces armées portugaises (dont les avions sont, bien entendu, utilisés au Mozambique même).
En dehors de la fourniture directe de matériel militaire (avions, bateaux de guerre, camions, roquettes et canons), il convient de mentionner également l’aide financière considérable que la RFA apporte à Lisbonne, à qui un prêt de 40 millions de dollars a été consenti en 1961, un autre de 35 millions de dollars en 1962, un autre encore de 15 millions en 1963, etc.

L’aide française

La France est, avec les Etats-Unis et l’Allemagne fédérale, le principal fournisseur d’armes du Portugal. Hélicoptères, camions blindés, bateaux de guerre, canons et munitions sont abondamment fournis et directement acheminés en Afrique pour alimenter les guerres coloniales. Les hélicoptères « Alouette-3 »> sont équipés de fusées air-sol fournies par Nord-Aviation. La firme française Barbier, Benard et Turenne SA fournit l’équipement électronique des aéroports dans les colonies portugaises. Les transactions sont couvertes par des crédits français à long terme (sur vingt ans) à 6 % d’intérêt et garantis par l’Etat français, qui participe à l’élaboration des contrats. (Rapporté par Le Monde et l’Agence France-Presse.) La France assure aussi l’entraînement des Portugais au maniement de ce matériel.
Ce soutien n’est pas sans avoir un rapport direct avec l’existence d’une base militaire française dans les Açores où, depuis 1963, d’importantes installations ont été mises sur pied pour la force de frappe nucléaire initiée par le général de Gaulle 3.
L’alliance militaire entre le Portugal et la Grande-Bretagne remonte à 1373. Ce traité fut confirmé au début de la Seconde Guerre mondiale, et le gouvernement britannique s’y est référé quand il demanda et obtint, en 1943, le droit d’installer une base militaire dans les Açores. Le Portugal reçut, en contrepartie et à diverses reprises, d’importantes fournitures militaires.
La coopération entre les deux pays portait notamment sur la marine de guerre. Avant la guerre déjà, la Grande-Bretagne avait créé des écoles navales modernes au Portugal et avait fourni un certain nombre de bateaux. Après la guerre, la livraison des bateaux reprenait de plus belle et de nombreux officiers de la marine portugaise étaient formés dans les rangs de la Royal Navy. (Rapporté par le Times du 25 octobre 1955.) Quand éclate la guerre en Angola, le gouvernement britannique doit, sous la pression du parlement, décider l’arrêt des fournitures d’armes au Portugal (le Times du 14 juin 1961). Mais les envois d’armes, dans le cadre de l’OTAN, continuent. Deux bateaux de guerre ont été fournis par ce biais et immédiatement envoyés en Afrique. De 1961 à 1964, l’Angleterre fournit 150 avions légers de type Auster. Les appareils, assemblés au Portugal, sont envoyés en Afrique. En 1963, l’armée de l’air portugaise commande des pièces détachées pour ces avions. Le paiement est enregistré au budget sous la rubrique : « Dépenses spéciales pour les unités outre-mer ».
En 1965, l’Angleterre fournit 200 jeeps « Austin » à l’armée portugaise. En 1966, la marine portugaise reçoit la frégate « Dalrymple ».
Voici, pour conclure, quelques citations édifiantes sur le rôle de l’OTAN dans les guerres coloniales de Lisbonne :

« Nos forces armées ne peuvent fournir que peu d’unités à l’OTAN parce qu’elles sont tenues de combattre par la force des armes ·contre des gens armés par l’ennemi qui cherche à s’implanter en Afrique. » (Déclaration du ministre portugais de la Défense à l’occasion du vingtième anniversaire de l’OTAN. Publiée par Noticias de Portugal, le 5 mai 1969.) »

« Notre contribution est relativement faible en raison du gros effort que nous devons faire dans nos territoires d’outre-mer : elle consiste essentiellement en unités navales. La contribution du Portugal en effectifs pour les divers secteurs de l’OTAN est très limitée. Cela est dO à la nécessité d’envoyer officiers et sous-officiers au service outremer. C’est pour cette raison que nous ne pouvons pas faire face à nos obligations dans le cadre de l’OTAN. » (Déclaration du général Costa dos Santos Paiva au journal Revista Militar en mai 1969.)

« Bien que le Portugal ne contribue pas beaucoup à l’effort de l’OTAN. en raison de notre combat dans nos territoires d’outre-mer, nos alliés ont toujours manifesté beaucoup de compréhension pour notre situation. » (Déclaration du ministre portugais de la Défense à son retour de Ia conférence de l’OTAN à Bruxelles le 1er juin 1969.)

« En 1963, enfin, le général Lemnitzer, ancien commandant en chef des forces de l’OTAN, faisait état de sa profonde admiration pour le comportement des troupes portugaises dans les « territoires d’outre-mer » où, selon lui, ces troupes se battaient non seulement pour la défense de principes, mais aussi pour celle de matières premières et de bases indispensables à la défense de l’Europe et de l’Occident tout entier.

Notes
1. Comité Angola : Klarenburg 253 (Amsterdam).
2. Les statistiques publiées par l’ONU indiquent que le Portugal
dépensait en 1967 51,5 % de son revenu national pour la défense ! Si l’on ajoute à ce montant le coût de la construction et de la réfection des aéroports, des routes et des pistes, entreprises pour des raisons stratégiques dans ses colonies d’Afrique, le pourcentage atteint 59 % (chiffres cités par le Deutsche Verkehrs-Zeitung, le 30 janvier 1969).
3. Il convient, de rappeler cependant que la France a quitté I’OTAN en 1966 (ndlr).

Jeune Afrique N° 520 — 22 décembre 1970