Sékou Touré Discours sur le racisme peul

 

webGuinée/Mémorial Camp Boiro/« Complot » Peul/Sékou Touré/Discours sur le racisme peul/22 août 1976

webGuinée
Mémorial Camp Boiro
« Complot » Peul
Deuxième discours de Sékou Touré sur le « racisme » peul


Meeting d’information du Comité Central au Palais du Peuple
le 22 août 1976

« Le racisme peulh,
nous devons lui donner un enterrement de première classe, un enterrement définitif. »
Une analyse géniale du chef de l’Etat sur les activités criminelles de la 5ème colonne.

Horoya
no. 2237. 29 août—4 septembre 1976. p. 8-43

Ahmed Seku Ture

  • Clarté révolutionnaire et réalité de la contradiction
  • La Situation Particulière du Fouta
  • Croiser le fer avec les racistes
  • Suppression des bourses d’enseignement supérieur pour les étudiants Peuls
  • Libérer le Fouta
  • L’endogamie des Peuls
  • Clarifier les rapports extérieurs

Le Comité Central a provoqué la présente conférence pour permettre aux responsables et militants du Parti-Etat de recevoir les informations sans lesquelles ils ne sauraient apprécier objectivement la situation actuelle du pays.

Clarté révolutionnaire et réalité de la contradiction

La Révolution nous enseigne que la lutte des contraires a toujours été le moteur de l’action des Peuples, le moteur de l’histoire des sociétés. La lutte des contraires doit donc être analysée à chaque phase de l’évolution historique du pays. Les rapports de forces doivent être également appréciés.

Nous parlons de Révolution et nous faisons la Révolution. Mais il faut admettre et comprendre que tous les hommes et toutes les femmes, habitant un pays ne constituent pas forcément le Peuple de ce pays. Ceux qui font partie du Peuple sont ceux qui sont porteurs des aspirations légitimes des larges masses populaires engagées dans le combat de l’histoire, ce sont ceux qui traduisent leurs sentiments, leurs intentions en actes positifs, dans le but de sauvegarder les acquis de la société, et de réaliser pleinement les aspirations des uns et des autre, et ce, dans le cadre d’une justice sociale parfaite.

Le Peuple guinéen, mobilisé, toujours éduqué et résolument engagé dans son combat pour s’édifier une Nation forte, a créé une réalité multidimensionnelle, qui fait qu’aujourd’hui, l’on ne saurait parler de la Guinée sans parler de la Révolution guinéenne. C’est que la Révolution, conscience en mouvement et mouvement conscient d’un Peuple organisé, est toujours la résultante de la prise de conscience et du combat courageux que mènent les masses laborieuses pour un bonheur démocratique et social.

C’est vrai que la réalité dominante de notre pays, c’est la Révolution, une Révolution globale et multiforme, une Révolution qui va du général au particulier dans la définition de son programme d’émancipation, une Révolution qui va également du particulier au général dans la définition de la tactiques toujours adaptée à la spécificité et aux conditions exactes du moment et du lieu.

C’est dire qu’aucune divergence ne saurait exister dans l’orientation des couches populaires de Guinée. Un seul objectif , le programme de la Révolution à réaliser ; une seule méthode, celle démocratique, permettant l’association des activités des uns et des autres activités toujours convergentes parce que s’exprimant dans une unité d’option claire et conduisant, non pas au succès d’un homme ou d’un groupe d’hommes, mais au succès et à la victoire du Peuple en lutte contre la nature et contre tous les phénomènes sociaux de dégradation ou d’aliénation.

C’est donc la Révolution que nous vivons, et nous sommes fiers de la vivre pour la Guinée et l’Afrique.
Cette Révolution est notre sueur à tous, notre sang à tous, notre raison d’être. Nous sommes également fiers d’avoir été, d’être et de demeurer toujours la cible des forces réactionnaires, car la Révolution nous enseigne qu’entre celles-là et nous, il n’y a pas de compromis possible. Il s’agit d’une lutte qui doit donc être menée sur la base de la clarté. Et c’est pourquoi, la Révolution guinéenne a toujours eu une position claire et précise contre le colonialisme, l’impérialisme, le féodalisme et contre tous ceux qui, à l’extérieur comme à l’intérieur du pays, voudraient encore retarder la promotion générale et démocratique du Peuple Guinéen.

Nous vivons donc la Révolution : Révolution du Peuple par le Peuple et pour le Peuple ! Révolution pour la Justice sociale ! Révolution pour la Démocratie ! Révolution pour le progrès de tous et de chacun dans le cadre de cette justice sociale !

En Guinée, la réalité dominante c’est la Révolution: Mais quelle que soit la force dominante, quelle que soit la puissance d’attraction du mouvement révolutionnaire, nous ne devons pas oublier que si ce mouvement existe, c’est parce qu’existe aussi son contraire, car s’il n’y a plus de raison de lutter, alors la lutte cesse aussitôt. Et tant qu’on a des raisons de lutter, la lutte est possible, et cette lutte devient exigence.

C’est pourquoi la dialectique de l’action révolutionnaire nous apprend que la lutte des contraires, la lutte des classes, exige qu’on ne s’arrête jamais à l’appréciation du seul facteur dominant; mais également, après une parfaite connaissance de ses dimensions, qu’on apprécie le facteur dominé

Quand nous constatons que nous sommes dans la Révolution et que nous faisons la Révolution, nous constatons en même temps que d’autres sont dans la contre-révolution et vivent dans la contre-révolution. Voilà la réalité de la contradiction qui caractérise la vie de chaque société.

Mais sachez que la contre-révolution, en luttant contre la Révolution, lutte sans le savoir, pour la Révolution. Car le mensonge n’existe que pour que les hommes de bien puissent le distinguer de la vérité. Le mal est là pour qu’on ne se trompe jamais en choisissant le bien. La contre-révolution est donc nécessaire, voire indispensable au progrès révolutionnaire car si elle ne se manifestait pas, très tôt, des révolutionnaires seraient tentés de déposer les armes de lutte, satisfaits qu’ils seraient de ne plus avoir de travail à faire alors que l’histoire est exigence permanente dé lutte parce que jour, chaque mois, chaque année vient avec ses propres exigences d’obstacles à briser ou à surmonter, d’oppositions à vaincre, de moyens à conquérir pour que le Peuple soit et demeure en conformité absolue avec ses aspirations au bonheur et à la démocratie.

La contre-révolution est donc nécessaire, elle est nécessaire quand la Révolution est véritable. Mais quand elle n’est pas véritable, c’est-à-dire quand elle n’est pas fondée sur le Peuple, sur la volonté libre du Peuple, sur la combativité des masses populaires, sur les profondes aspirations au progrès exprimées par le Peuple, quand la Révolution n’est pas effective, c’est-à-dire pas réelle, quand elle n’est pas populaire, alors la contre-révolution l’abat à n’importe quel carrefour où elle se manifeste. Mais quand la Révolution est réelle et profonde telle que celle déclenchée par le Parti Démocratique de Guinée, celle que nous vivons, alors la contre-révolution devient une sève de justification de la fermeté exemplaire qu’exige de nous la Révolution dans sa ligne et dans ses méthodes de lutte.

Nous avons su très tôt, les armes qu’allait utiliser contre nous la contre-révolution. Dés le début, le PDG a mis l’accent sur sa ligne politique, sur ses principes révolutionnaires et sur ses méthodes d’action. Le PDG a éduqué les masses populaires pour les armer et les dresser contre l’hypocrisie, la fourberie, le mensonge des ennemis de classe et contre le régionalisme et le racisme convaincu qu’il était que tous ceux-ci ne visent qu’à poignarder, dans le dos, le Peuple et à l’assujettir à des intérêts illégitimes et illégaux.

La première loi, très tôt proclamée par le Peuple souverain de Guinée, a été celle condamnant comme crime, toute manifestation à caractère raciste et régionaliste. Ceci souligne le caractère profondément anti-raciste de l’orientation donnée très tôt à l’action de la Révolution afin qu’à la place du territoire colonial désorganisé, déséquilibré qu’était la Guinée sous domination française, puisse s’édifier dans un rayonnement toujours plus poussé, une nouvelle entité répondant aux véritables critères de Nation : communauté géographique, communauté économique, communauté sociale, communauté idéologique, communauté d’espérance, communauté politique, grâce à la fusion de tous les éléments positifs que recèle la Guinée ; communauté dynamique, disponible au progrès, harmonieusement insérée dans la vie du continent africain et dans la lutte que mènent les Peuples de par le monde.

Cette orientation a été suivie par le Parti Démocratique de Guinée et c’est pourquoi, ont échoué tour à tour, les machinations les plus machiavéliques de l’impérialisme et de ses agents de la 5e colonne camouflés dans notre pays.

L’arme de la vérité historique contre l’arme de la propagande mensongère

Les ordres que la Révolution donne à ses militants sont d’abord déterminés par le cri de guerre du Peuple qui veut continuer sa lutte, préserver ses richesses ; les ordres de la Révolution sont aussi déterminés par les cris de guerre de l’ennemi de classe, il faut que partout où celui-ci remue la tête ou la queue, partout où il présente le nez ou les oreilles, l’arme de la Révolution soit là prête à lui couper la tête, les bras, les jambes, la queue, en un mot à le démantibuler complètement.

Camarades,
Nous avons écouté attentivement les dépositions de 7 membres de la 5è colonne : 6 nouveaux qui s’adressant à notre Peuple, et un 7è, Telli Diallo, qui s’était déjà adressé à notre Peuple dans une première déposition.

Comme nous l’avions dit tout récemment, il faut juger l’homme non pas tant par ce qu’il dit, mais par ce qu’il fait. Car, ce qu’il fait traduit toujours et mieux, la nature de sa pensée intime, quand bien même celle-ci n’aurait pas été exprimée clairement où aurait été volontairement travestie dans le but de tromper.

Ainsi nous les avons écoutés, ces tristes individus sans conscience ni foi, éléments tarés et irrécupérables. Ils nous instruits de certaines de leurs activités, de certains mobiles particuliers qui justifieraient ces activités. Nous avons tous aussi compris que même au bord de l’abîme qu’ils se sont eux-mêmes creusé, ils continuent à faire de la propagande. Nous serons, quant à nous, objectifs comme nous l’avons toujours été. Et c’est pourquoi, tout ce qu’ils voudront dire sera entendu directement par notre Peuple. Notre peuple est conscient, car il connaît son passé, il apprécie son présent et perçoit l’avenir qui découlera de l’action courageuse qu’il entend mener. Il est le meilleur juge ; il est même le seul juge autorisé, car c’est lui qui fait la Révolution et c’est lui, également, la cible de la contre-Révolution.

Nous avons déjà entendu Hadja Diénabou Diallo nous dire avec courage, et ici, nous lui rendons hommage, quand elle affirme qu’elle n’a jamais accepté le régime de démocratie populaire. C’est précis, et c’est courageux de le dire. En cela, elle assume en toute lucidité une position de classe.

La suppression de la chefferie l’aurait ébranlée. La suppression du commerce l’aurait brisée dans son mode d’existence et dans ses intentions à continuer d’exploiter le Peuple

Aussi combat-elle farouchement la Révolution. Mais avec quelle arme ? Avec l’arme du mensonge et de la diffamation ; avec l’arme du racisme aveugle ; avec l’arme du vil trafic d’influence. Si nous rendons hommage à son courage pour nous avoir défini, avec clarté et netteté, son hostilité à la démocratie, nous avons cependant le devoir de répondre à certaines insinuations malhonnêtes qui ne sauraient résister à la vérité. que nous connaissons tous.

Elle dit que le Parti a supprimé la chefferie; mais qu’en fait, les masses souffrent, aujourd’hui plus qu’hier ; que tout ce que les paysans récoltent est raflé par les cadres du Parti au détriment des producteurs ; qu’à Labé, on abat actuellement les boeufs pour ne garder seulement au profit des populations de Labé que la peau, les têtes, les pattes, alors que toute la viande est destinée aux seuls cadres de Conakry. C’est bien ce que nous ayons appris cela d’elle, car elle a dû dire pire dans les milieux populaires de Labé pour contaminer et intoxiquer les militants du Parti. C’est bien qu’elle nous donne l’occasion de lui dire qu’elle s’est lourdement trompée.

Et d’abord, de la suppression de l’institution féodalo-colonialiste dite « la chefferie coutumière ». Mais il faut être terriblement caparaçonné contre la nausée pour défendre la chefferie dite traditionnelle (et qui n’a rien de traditionnel), un régime ignoble qui, à l’ombre des forces d’occupation coloniales, pouvait permettre au chef de canton de faire amener de force le paysan, abuser de ses filles, expulser de ses cases, attribuer ses femmes, ses bœufs, ses champs à qui l’on veut et utiliser les plus belles de ses filles pour rendre hommage au commandant de cercle qu’on vénérait comme le tout-puissant. Y a-t-il réellement lieu de répondre à une personne qui, aujourd’hui regrette un tel régime ? Mais puisqu’elle donne des précisions, rappelons qu’au moment de la suppression de la chefferie coutumière l’impôt de Labé était au taux de 700 frs. Mais le poulet coûtait alors 50 frs ; il fallait, donc vendre 14 poulets pour pouvoir payer son impôt personnel. Aujourd’hui à Labé du Pouvoir populaire, la taxe régionale et la carte du Parti incorporée sont au taux de 350 sylis, alors quel 2 poulets seulement suffisent au contribuable pour se libérer de la taxe régionale.

Egalement à Labé, en 1957, un bœuf se vendait entre 1200 et 1 500 frs. En vendant à l’époque deux bœufs au taux le plus élevé, un père de famille pouvait se libérer de l’impôt de 4 à 5 membres au plus de sa famille. Aujourd’hui, le boeuf à Labé est vendu au minimum à 2 500 sylis. Nous ne donnons pas le prix du trafic que nous excluons. Or, avec 2500 sylis, prix d’un boeuf, on paye aujourd’hui la taxe régionale pour 8 personnes. Voilà la réalité quant à l’augmentation du pouvoir d’achat des produits animaux et agricoles dont disposent les paysans pour s’assurer des ressources financières.

Le fonio qui se produit également en Moyenne-Guinée, se vendait en 1957 à 5 frs le kg ; il fallait alors 140 kg de fonio net à un paysan pour se libérer de son impôt. Aujourd’hui, il suffit de quelques 40 kg du même fonio.

Mais au-delà de ces comparaisons qui ne suffisent pas, par elles-mêmes, à situer la nature du régime, faut-il faire comprendre aux égarés qu’avant notre indépendance, aucun impôt payé dans un cercle n’y était utilisé, qu’il allait. au budget local dont le Gouverneur colonial, seul, disposait pour sa politique coloniale, alors qu’aujourd’hui, toute taxe régionale payée est mise à la disposition des citoyens de chaque région qui au sein de l’assemblée régionale et à travers les députés régionaux, délibèrent pour déterminer, en toute souveraineté l’utilisation de cette somme. Aujourd’hui donc, qu’il soit payé même un milliard de sylis par citoyen, celui-ci ne perd pas son argent qui est immédiatement utilisé, mis au service du développement économique et social de son P.R.L., de son arrondissement et de sa région !

Hadja Bobo nous dit comme preuve de la dégradation de la situation en Guinée, que les gens quittent le Foutah pour s’expatrier. C’est un fait réel que nous avons nous-mêmes dénoncé : l’émigration ! Mais ses complices ajoutent bien que c’est la même Hadja, Diénabou Bobo Diallo qui menait une intense propagande au sein des milieux juvéniles pour exhorter les jeunes gens et les jeunes femmes à l’exode rural, à la débauche et à la perdition vers Conakry ou vers l’extérieur.

Hadja Bobo Diénabou Diallo nous raconte ensuite que l’on tue à Labé des centaines de boeufs dont on ne laisse à la région de Labé que les restes pour expédier à Conakry toute la viande pour lès cadres ! Mais y a-t-il des énormités trop énormes pour Hadja Bobo ? La vérité, comme chacun sait, est qu’il est organisé pour chaque centre urbain des abattoirs exclusivement gérés, par la Région et que pour ravitailler les travailleurs des zones industrielles et du grand centre urbain de Conakry, les éleveurs du Fouta, comme ceux des autres régions d’élevage doivent vendre au pouvoir central un quota de leur cheptel : le dixième.
C’est ce que déplore Hadja Bobo. Elle regrette, elle trouve anormal que le Fouta, comme les autres régions, intervienne dans le ravitaillement en viande de nos travailleurs de Conakry et des centres industriels. Mais trouve-t-elle normal que la Forêt exporte son café et son palmiste, la Guinée maritime ses poissons, ses ananas et ses bananes pour permettre l’importation des marchandises que l’on envoie à Labé ? Trouve-t-elle normal que les autres régions produisent le riz avec lequel on ravitaille Labé ? Ses propos constituent une injure non à toute la Nation, mais à la population laborieuse de Labé.

Hadja Bobo démontre donc que ce qui est vrai dans son attitude, sa personne et sa mentalité, c’est l’hostilité à la Révolution, à la démocratie et au pouvoir du Peuple. C’est est ce qui l’amène à recourir à tous les moyens indélicats, illégitimes, au mensonge et au racisme dans le but de créer la confusion et de pouvoir recruter des adeptes qui, comme elle, au sein de la 5è colonne impérialiste, pourraient agir pour démolir la Révolution guinéenne.

Beaucoup de militants, en écoutant Diénabou Bobo Diallo et ses compères, seraient pétrifiés, déçus, totalement déçus de constater à quel degré se situe le niveau de l’ingratitude dont font montre ces ennemis du régime guinéen. C’est grâce aux bienfaits du régime que cette créature ingrate a pu se bâtir une demi-douzaine de villas modernes, disposer de cinq camions, de 3 voitures, se rendre à La Mecque en pèlerinage et siéger, comme député de Labé au sein de l’Assemblée Nationale de son pays indépendant et souverain. Plus tard, après la proclamation de la Loi-Cadre du 8 novembre 1964, interdisant, entre autres, le cumul des fonctions politiques dirigeantes avec. l’exercice des activités commerciales, devant donc l’incompatibilité légale entre son mandat de député et ses activités commerciales, elle renonça à son mandat politique Que les Camarade ne découragent donc point. En introduisant tout à l’heure les agents de la 5ème Colonne, nous avons dit que le mensonge n’existe que pour servir la vérité ; si le mensonge n’existait pas, personne ne pourrait connaître la vérité. La réaction existe pour instiller l’esprit progressiste à tous. Et ces agents de la 5è colonne, sans le savoir, encouragent le Peuple à continuer sa lutte quand bien même eux penseraient le décourager dans la poursuite de son combat libérateur. La déception qui est un élément négatif doit être reconvertie en source d’énergie nouvelle et de victoires nouvelles, car la Révolution veut de celui qui la pratique, comme exigence permanente, l’absolue confiance en l’homme, l’absolue confiance en le Peuple. Et chaque fois que des hommes trahiront cette confiance, il faudra encore augmenter la dose de confiance en l’homme et en le Peuple.

Tel est le postulat de la Révolution !

Les faits actualisent la théorie

Nous demandons à tous de relire le texte de nos interventions à Labé en avril et mai derniers. Qu’est-ce qui a été dit en substance :

« Dans cette salle, disions-nous, il y a des agents de la 5ème colonne ; d’autres nous attendent à Conakry ; tous sont décidés à renverser le régime. Ils ont confiance en leur pouvoir de destruction, minimisent les capacités de la Révolution et utilisent le racisme pour induire en erreur les populations de la Moyenne-Guinée. Nous tenons à les prévenir, car il est encore temps ; nous tenons à les prévenir qu’ils vont échouer dans leurs tentatives. Mais les conseils que nous leur donnons aujourd’hui ne seront pas compris par eux parce que leur conscience est bouchée. Ils passeront donc à l’action; mais qu’ils nous permettent d’affirmer à l’avance qu’ils seront pris ; et nous vous l’affirmons, population de Labé, que vous les entendrez encore ! Qu’avant cela même, dès que nous aurons quitté Labé, ils vous diront que nous sommes venus vous insulter » !

Effectivement, à peine trois semaines plus tard, le processus de leur action de destruction se manifestait, et, les faits se succédant, le Peuple, resté vigilant, a compris que l’heure était venue de passer à l’investigation profonde et à la lutte ferme contre les ennemis de classe.

Ainsi, le Peuple, comme toujours, est victorieux et ses ennemis sont arrêtés.

Ainsi, après Labé, souvenez-vous du 14 mai, date anniversaire de la naissance du Parti.

Nous avons eu à recevoir le Corps diplomatique venu présenter au gouvernement de la République ses vœux ardents de bonheur pour notre Peuple et lui affirmer le soutien, la solidarité et l’amitié des Gouvernements et des Peuples représentés par les diplomates accrédités auprès de nous. Nous avons pris acte des sentiments exprimés par le Corps diplomatique, et nous l’en avons remercié. Nous avons profité de l’occasion pour réaffirmer les bases intangibles de la Révolution guinéenne, les objectifs de bonheur universel et l’attitude de courage civique moral et politique dont feront toujours preuve les militants et responsables du P.D.G. dans la traduction du programme d’émancipation établi par le Parti Démocratique de Guinée au profit de la Guinée, de l’Afrique et du monde. Nous leur avons dit.

« Parmi nous, il y a ceux qui sont honnêtes avec le Peuple, et il y a ceux qui trichent avec le Peuple. Nous qui vous parlons au nom du peuple de Guinée, nous ne connaissons pas tous ceux qui sont malhonnêtes, tous ceux qui trichent avec la Révolution, car, ils ne se présentent à nous que sous le manteau de la Révolution. Mais vous, Ambassadeurs, vous les connaissez parfaitement, car ils sont en rapport direct avec vous pour calomnier notre Peuple, servir d’espions en vue de pratiquer ici une politique anti-nationale. »

Et nous avons ajouté, devant le Corps diplomatique :

« Ce que nous vous demandons, ce n’est pas que vous nous approuviez ou que vous nous aidiez, mais que vous nous compreniez ! C’est tout ce que nous vous demandons et la meilleure aide que vous puissiez nous accorder serait de nous permettre d’économiser nos cadres ».

Pourquoi rappelons-nous ces faits : Parce que la Révolution nous enseigne que c’est la pratique qui actualise la théorie. Si ces vues théorique ont été énoncées pour traduire, par anticipation, les manifestation attendues de la lutte de classes, au sein de notre Peuple, voilà que la pratique s’est imposée et les choses se sont confirmées ; ce qui veut dire que nous serons à même de défendre les intérêts supérieurs de la Nation.

Nous rappelons, notamment à l’intention des Peuples frères du monde, que les agents de la 5ème colonne, pour la plupart, ont déposé leurs rapports manuscrits, par eux-mêmes, et signés de leur main à chaque page. Si leurs épouses, enfants, amis en Guinée ou ailleurs veulent vérifier l’authenticité des dépositions, nous sommes à leur disposition pour leur en donner les preuves matérielles. Ceci étant, il faut comprendre que la situation créée est encore à l’avantage de la Révolution. On comprend que le racisme, érigé en système, a essayé d’ébranler les bases de l’édifice national et chacun saisit mieux aujourd’hui cette vérité révolutionnaire qui énonce que l’instruction et la conscience sont deux choses totalement différentes. Ce qui valorise l’homme, c’est la conscience et non l’instruction, car ceux qui viennent de parler indiquent bien au monde ce qu’ils sont, à savoir, des hypocrites, des malhonnêtes, des menteurs, des opportunistes vivant du salaire de l’ignominie.

Quand nous avons dit dans le message du Nouvel An de 1976 : « Peuple de Guinée, « Cheytane 75 » est mort, laissant en vie « Cheytane 76 » qui se manifestera au cours de l’année, mais qui, comme « Cheytane 75 » sera battu par la Révolution, les faits actualisent la théorie. Le « Cheytane 76 » s’est manifesté comme nous l’avions prévu et tout récemment, nous reprenions cela à Forécariah. Le texte de la Conférence de Forécariah est publié dans le numéro de Horoya d’aujourd’hui 22 août 1976 à la page 50. Nous disions notamment : « on a beau être grand, c’est grâce au Peuple ; on a beau être intelligent, c’est grâce au Peuple , on a beau être instruit, capable, grand cultivateur, grand menuisier, grand- conducteur, grand orateur, grand écrivain, c’est toujours grâce à la Société qu’on apprend tout ; cette société, grâce à laquelle on vit. Mais les hommes ont eu l’esprit vicié, détourné par « Cheytane ».
Quel est le vrai nom de « Cheytane » ? C’est l’ingratitude, l’oubli du bien. C’est pourquoi, oubliant les faits de l’histoire, les vérités vécues, et piétinant les acquis du Peuple, méprisant les perspectives définies, ces ingrats, ceux-là qui oublient leur origine, oublient aussi la cause des biens dont ils se vantent et ne pensent qu’à eux seuls. Pour eux que périssent le Peuple, et la Nation, pourvu que le bonheur particulier qu’ils envisagent à leur seul profit soit réalisé. C’est le mot d’ordre exprimé par eux en français, et en peulh lorsqu’ils décrivent ce qu’ils appellent la « situation particulière du Foutah ».
Nous ne parlerons plus de ce mot d’ordre car les dirigeants révolutionnaires du Parti Démocratique de Guinée, originaires du Fouta, ont eu, depuis hier, par la voie des ondes, à indiquer ce que signifie précisément cette expression : « Situation Particulière du Fouta », c’est-à-dire l’ingratitude, la trahison, la veulerie de certains intellectuels Peulhs pour la morale, l’honneur et la Révolution, de ces intellectuels qui n’ont rien compris à l’histoire du pays et rien compris aux principes du Parti Démocratique de Guinée et à sa philosophie.

La Situation Particulière du Fouta

En effet, l’on sait qu’à la naissance du Parti Démocratique de Guinée, le Fouta était menacé, tragiquement menacé de nombreux travers sociaux. Nous avions visité cette province guinéenne de long en large et nous nous étions aperçu que l’alcoolisme menaçait, réellement la population du Fouta, y compris les marabouts qui remplissaient leurs bouilloires de bière ou de vin. Ne parlons pas des jeunes et encore moins des intellectuels: consommer l’alcool était devenu alors, le critère de l’évolution à l’époque. C’est le Parti Démocratique de Guinée qui a mis fin à ce mal, qui l’a dénoncé sans pitié. C’est également le Parti Démocratique de Guinée qui, sans arriver à la détruire, a beaucoup atténué, la débauche dans le Fouta
C’est le Parti Démocratique de Guinée qui a dénoncé le vol devenu alors chose courante.

A Conakry, à cette époque, lorsque dix voleurs se trouvaient devant un commissaire ou devant le tribunal, l’on comptait au moins 8 ressortissants de la Moyenne-Guinée. C’est un fait vécu et vous pouvez consulter la statistique des condamnés pour vol. C’est le Parti Démocratique de Guinée, qui aime son Peuple, qui ne se livre pas à la démagogie, et qui ne parle pas pour plaire, mais pour servir, qui a dénoncé et combattu le vol. Le , cette forme d’exode rural, a toujours été combattu par Parti Démocratique de Guinée ; mais sur ce point, il faut l’avouer, le Parti Démocratique Guinée a échoué. En effet, la première tentative de mettre définitivement fin au navétanat avait, consisté, dès les premières heures de l’indépendance, à débloquer une somme de cent millions de francs pour, installer, alors dans la zone de Youkounkoun, Saréboïdo et Koundara, dix mille travailleurs Peulhs. Nous avions alors mis à leur disposition des vêtements; des outils, des denrées alimentaires et les semences pour toute la période agricole en leur disant : « Au lieu d’aller au Sénégal humilier la Nation, voilà ce que le Peuple de Guinée met gratuitement à votre disposition pour valoriser votre sol ». Malgré cela, le navétanat n’a pour autant cessé et d’aucuns, bien au contraire, disaient : « Laissez ces gens, ce sont des maudits ! » Nous avions alors répondu : « Non ! On ne naît pas maudit ! Aucun homme n’est maudi a sa naissance. Il faut continuer la lutte, connaître les causes déterminantes d’une telle attitude illogique et amener l’homme à un réflexe correspondant à sa dignité, à son progrès et au bonheur de son Peuple. Cette lutte, le Parti Démocratique de Guinée entend la mener jusqu’à la victoire totale ! Il faut sauver le voleur, la prostituée, l’alcoolique, le navétane : c’est un devenir qui sera assumé ».

La « Situation Particulière du Fouta » pose donc des devoirs à la Révolution. Et ces devoirs, nous devons en être conscients. Mais qu’est-ce qui a desservi la prise de conscience générale des populations de la Moyenne-Guinée ? C’est l’attitude opportuniste de la plupart de ses cadres intellectuels ! C’est un fait regrettable, mais aussi un fait objectif ! Du temps de la colonisation, ils avaient démissionné du camp de la lutte ; car ils se comptaient au bout des doigts, les Peulhs, jeunes ou vieux intellectuels, qui militaient ardemment dans les rangs du Parti Démocratique de Guinée. Et très souvent, ceux qui venaient au Parti étaient bannis de leur famille, isolés de leurs collègues originaires du Fouta parce que considérés comme étant à la remorque des « étrangers. » L’étranger, c’était le Soussou, le Malinké, le Forestier, les camarades des autres régions de la Guinée, cependant que l’on faisait très bon ménage avec le colonisateur ; l’on s’acoquinait avec le colon blanc et l’on se prostituait avec lui. L’on a inculqué au Peulh l’idée qu’il n’est pas Noir et certains vont jusqu’à la recherche de leur origine en Somalie, en Ethiopie, ou ailleurs et refusent de vivre leur temps, leur espace et de comprendre leur Peuple. Cet esprit a eu une influence néfaste sur beaucoup d’intellectuels ! Mais quelle en était la réalité ? C’est que, intellectuels qu’ils étaient, ils n’étaient pas avec les masses populaires, lesquelles étaient abandonnées à elles-mêmes. Ils cherchaient plutôt, de manière opportuniste, à vivre en bons termes avec les chefs de village et de canton, avec le régime colonial et certains d’entre eux n’ont obtenu de grands diplômes qu’au prix de leur obséquiosité.

En 1958, après que le P.D.G. ait supprimé définitivement la chefferie traditionnelle dans les institutions administratives du pays toutes les organisations ont profondément de cet acte de portée sociale combien salutaire pour nos populations ; n’est-ce pas que seuls les étudiants guinéens d’origine peulhe dirigeant à l’époque la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France), s’élevèrent contre la décision du Parti Démocratique de Guinée et demandèrent par une motion au gouvernement colonial français, le rétablissement de l’institution abrogée ? Ces intellectuels tarés proclamaient honteusement dans leur motion que : « la chefferie coutumière était une base essentielle de l’équilibre de la société africaine, et revêtait de ce fait une valeur inestimable pour la pérennité de la présence française en Afrique ? Voilà encore un acte de trahison ignoble, une forfaiture à l’égard du chemin du progrès choisi par le Peuple guinéen en vue de la maîtrise par lui de l’histoire !

Il est vrai, et nous le faisons remarquer que la plupart des étudiants Peulhs d’alors étaient issus des seules familles appartenant à la féodalité et à la bourgeoisie aristocratique du Fouta, ce qui explique le mépris affiché que ces prétendus intellectuels, ont toujours nourri à l’endroit des masses populaires et des droits politiques et sociaux qu’elles ambitionnaient de conquérir pour vivre désormais libres, responsables et dignes.

Ainsi, nous devons admettre qu’intellectuels qu’ils puissent être, ils ne le sont et ne le demeureront que pour, leur classe, préoccupés qu’ils resteront du maintien des privilèges illégitimes qui les ont distingués du commun de la collectivité peulhe.

Ainsi, le racisme les amenait à une interprétation toujours subjective des faits de l’histoire. Un proverbe africain explique que le crapaud ne regarde que le sol, mais jamais le soleil, et conseille à ceux qui voudraient amener le crapaud à regarder le soleil de ne point perdre leur temps. En effet mettez un crapaud à un mètre, sur le tronc d’un arbre, pour qu’il puisse y monter ; il retombe !
Mettez-le à deux mètres, dès que vous le lâchez, il retombe de nouveau ; mettez-le à 3 mètres dès que la main l’abandonne, il retombe toujours. Dites-vous aussi que c’est le racisme qui fait tomber l’homme, quelle que soit sa situation, quelque soit le niveau de sa fortune, quel que soit le degré de son instruction.
Par contre, mettez seulement le margouillat sur le tronc et lestement vous le verrez franchir tout l’espace et atteindre la cime de l’arbre. Eh bien, cela c’est l’esprit progressiste ; il faut l’avoir pour s’assurer une promotion constante.

Mais parler de la race, c’est se condamner soi-même. Car, quiconque condamne son origine, sa source, la source et l’origine de toutes valeurs qu’il pourrait acquérir dans la vie, s’est déjà isolé du progrès il s’est condamné dans l’existence. C’est de l’ingratitude. ! C’est pourquoi, nous devons savoir que l’hypocrisie ne paie pas ! La fourberie ne paie pas ! Le racisme ne paie pas ! Le racisme dégrade et avilit l’homme.

Soumis qu’ils étaient à la force féodale et au pouvoir colonial, ces attardés en voulaient encore aux Soussous, aux Djalonkés, aux Sénégalais, Maliens, Ivoiriens se trouvant alors en Guinée et qui avaient créé et animé dans les Cercles Administratifs du Fouta les sections du Parti Démocratique de Guinée en vue d’assurer la défense des intérêts des masses populaires. Au Fouta, la féodalité nous a été moins hostile que les intellectuels du Fouta, car aucun chef ne nous a insultés publiquement, qu’il nous soit permis de le dire, mais les intellectuels nous insultaient à longueur de journée pour plaire aux chefs et aux commandants blancs. Cette attitude et ce comportement indiquaient simplement qu’ils étaient aliénés et dépersonnalisés au maximum.

Ainsi, revenons, à l’époque, à Labé, et recensons les seuls dirigeants et militants notoires de la Révolution D’abord de 1947 jusqu’en 1961 nous pouvons citer quelques noms :

Région de Labé
Nom Métier
M’Bemba Diakhabi Maître ouvrier
Doudou Fall Gérant S.C.O.A.
Maguette Dione Maître ouvrier
Mamadou Tounkara Commis PT.T.
Mamady Camara Commis expéditionnaire
Sékou Chérif Commis expéditionnaire
Aholansu André Commis. P.T.T. (Béninois)
Balla Keïta Surveillant T.P.
Falilou Diallo Instituteur
Mama Chérif Dioula
Hadja Damba Kouyaté Ménagère
Pivi Siba Surveillant T.P.
Mamadou Labico Diallo P.T.T
Karamoko Samaké Menuisier
Mory Diakhabi Secrétaire
Souleymane Sano Météo
Karamoko Fofana Agent de commerce
Saliou Kouyaté Commis aux écritures
Bounama Sakho Mécanicien
Samba Cissoko Chauffeur
Mme. Mama Yimbé Ménagère
Thierno Oumar Diallo
Samba Soumaré
Mme Djénabou Damba Ménagère
Thierno Sakoba Sow Commerçant
Jean-Marie Koumbassa
NDa Ehoulé Médecin (Ivoirien)
Tata Doumbouya Instituteur
Ibrahima Sow Instituteur
Mamady Camara Financier
A Tougué jusqu’en 1961
Nom Métier
Mamadou Bady Baldé Commis expéditionnaire
Mouctar Baldé T.P.
Ismaila Barry Commis expéditionnaire
Soriba Camara Médecin
Alpha Ly Commis aux écritures
Amadou Sow Instituteur
Mouctar Baldé Infirmier vétérinaire
Douba Mara Maître maçon
Daouda Bah Boucher
Saliou Diallo Infirmier
Farba Mamadou Dieng Gérant commerce
Amar Baldé Directeur SMDR
Kouyaté Diéli Mamadi Cultivateur
Tounkara Mamadou Commis SAFC
M’Bemba Diarra Assistant Police
Capitaine Diouldé Barry Officier retraité
El Hadj Mouctar Touré
Mme Pétè Baldé
A Pita jusqu’en 1961
Nom Métier
Sory Kéita Commerçant
Léon Maka Instituteur
Mamadou Lamarana Barry Infirmier
Modi Mamadou Bah Commis aux écritures
Abdoulaye Diallo Infirmier
Fodé Momo Bangoura Commerçant
Djiba Camara Instituteur
Siradiou Baldé Chef de circonscription
Salimadi Fofona Boucher
Nanamoudou Diakité Médecin
Mme. Diakité Sage-Femme
N’Cissé Ménagère
Mme Bobo Barry Ménagère
Mme Hadiatou Fofana Ménagère
Gouly Camara
Sékou Touré
Difory Camara
Mme Marie Condé Ménagère
Moussa Doumbouya Instituteur
A Dalaba jusqu’en 1961
Nom Métier
Abdoulaye Touré Menuisier
Samba Lamine Traoré Instituteur
Almamy Koita Infirmier vétérinaire
Mamadou Tahiré Infirmier
Karim Bangoura Menuisier
Makoto Camara Ménagère
Hawa Camara Ménagère
Pierre
Seydouba Conté Scieur de long
Ban NDiaye Menuisier
Lamine Camara Menuisier
Moustapha Camara Menuisier
Amadou Koïta Apprenti chauffeur
Albert Diakité Commerçant
Baba Gallé Camara
Ahmadou Diabi Sow
Oumar Baldé
Chérif Diallo
A Mamou jusqu’en 1961
Nom Métier
Aboubacar Doukouré Instituteur
Bokar Biro Barry Instituteur
Bella Doumbouya Comptable Trésor
Pléah Koniba Médecin
Damomo Camara Agent de commerce
Fodé Bramaya
Mme Bobo
Tourou Sylla Ménagère
Mamadou Diop T.P.
Coumbassa David Agent de commerce
Oumou Cissé Ménagère
Aissata Konatè Ménagère
Hadja Adouba Ménagère
Mme Mama Traoré
Morlaye Camara
Oularé Ansoumane
Balla Camara Inspecteur de police
Mohamed Lamine Touré
Djéli Bangaly
Alpha Oumar Barry
Mody Nouhou Barry
Alpha Bakar Barry
Mme Katty
Biro Diallo
Daouda Bangoura
A Dinguiraye vers 1966
Nom Métier
Alpha Kabiné Keïta Commis expéditionnaire
Oumar Condé Commis aux écritures
Baba Traoré Cultivateur
Boubacar Oularé Infirmier
Moriba Mono Cé Infirmier
Oumar Gouressi Tall
Mountaga Tall
Raymond Camara Infirmier
Madina Ba
A Mali jusqu’en 1961
Nom Métier
Lamine Bangoura instituteur
Bamba Conté Infirmier
Soriba Bangoura Menuisier
Almamy Camara Chauffeur
Victor Damba Menuisier
Seydouba Sylla Menuisier
Amadou Fofana Cultivateur
Amadou Macina Forgeron
Néné Founé Tounkara Ménagère
Souleymane Sow
Amara Fofana
Mohamed Baïlo Baldé
Mme NSira Sylla
Oumar Lobo Diallo
Thierno Oumar Diallo
Nétà Kante
A Telimélé vers 1981
Famba Kourouma
Alfadio Touré
Talibë Diallo
Koramadi Fofana
Oumar Bella Bah
Bangaly Keita
Abdoulaye Diabi
Mouctar Baldé
Yaya Diallo
Diouhé Diallo
Binta Diallo
Ibrahima Sambou
Mamadou Thierno
Salifou Camara
Samba Koroma
A Youkounkoun
Kémo Kéita
Ansoumane Magassouba
Florentin Agboliagbo
Mamady Kourouma
Foto Gobayé
Mme Hawa Soumano
NDoungou Fofana
Nouhou Boiro
Thiala Gobayé
Sara Djouma Diallo
Moustapha Diaboula
Missa Kourouma
A Gaoual
Mamady Condé
Bounka Mané
Aguibou Diallo

Quand on consulte, de 1947 à 1959, les listes des Directions des Comités, Sous-Sections et Sections du P.D.G., l’on ne rencontre que des noms de Soussous, de Malinkés, de Forestiers, ou d’Africains non originaires de Guinée. Cela indique bien qu’il y eut une démission générale des cadres Peulhs, et ceux qui prirent position dès le début, tels que le camarade Saïfoulaye Diallo et d’autres, furent absolument isolés du milieu. Y avait-il un baptême, un mariage, des événements familiaux chez eux, aucun Peulh, se disant authentique, ne pouvait venir y participer car la famille idéologique, leur famille idéologique à base raciste, seule comptait pour eux, en opposition à la famille idéologique du P.D.G.

Ainsi, les choses, dès le début, furent claires. C’est le P.D.G. qui n’a pas voulu leur donner le prix qu’ils méritaient. Puisqu’ils avaient peur du colonialisme, du pouvoir colonial, du pouvoir féodal, ils prouvent par là depuis toujours qu’ils n’aiment que la soumission et qu’il faut les y maintenir. En effet, un proverbe africain dit : « Quand vous savez que quelqu’un n’a pas honte, et ne peut qu’avoir peur, alors imposez-lui la peur pour qu’il vous respecte; puisqu’il n’a pas honte ». Effectivement, de tels hommes là n’ont vraiment pas honte. Nous allons vous en donner quelques faits.

Premiers postes

Dès que le P.D.G a eu une certaine puissance, un certain pouvoir , qui a-t-il désigné comme premier gouverneur africain de Labé ? Nous avions investi son adversaire numéro 1 de l’époque, Thierno Mamadou Bah. Un peu partout, nous avons donné les meilleures places à ceux-là, pensant qu’ils nous prenaient comme eux, et qu’en leur prouvant le contraire, en leur prouvant que seuls comptent pour nous la Guinée, son unité et son devenir, ils rejoindraient peut-être alors les rangs du P.D.G. avec sincérité. Tel fut notre calcul. Mais hélas ! Nous nous sommes trompés, car celui qui veut de l’enfer n’ira jamais se promener au paradis !

Ainsi, en parlant de racisme, ils n’examinent pas la situation réelle, celle que nous avons analysée au cours du meeting le 9 août 1976, à savoir que l’immense majorité des citoyens du Fouta-Djallon relève des collectivités Diallonkés, Sarakolés, Toucouleurs, Bassaris, Koniaguis, Diakankés de Touba
Dans l’ensemble du Fouta, les Souaré, Tounkara, Diaby, Touré, Sow, Doumbouya et Kéita sont les. plus nombreux ; les Diallo, Barry et Bah constituant une nette minorité. Nous le proclamons ici parce que c’est la réalité sociale du Fouta.

Nous disons bien que Koubia, Koundara, Gaoual, et Tougué ne comptent de Peuls que dans la proportion de 30 à 40 %, c’est la réalité. Que Mamou et Télimélé n’en comptent que dans la proportion de 55 à 70 % c’est également la réalité. C’est aussi lorsque après avoir construit son barrage en vue de l’adduction d’eau de Labé, la Fédération de cette Région avait voulu donner au barrage le nom de notre épouse, nous avons répondu : « merci de cet honneur, mais notre camarade Andrée vous propose de baptiser ce barrage du nom de celui que nous ne devons pas oublier, le fondateur de Labé : Manga Labé ». C’était pour rappeler encore à nos frères Peuls que c’est un Djallonké qui a fondé Labé ! Ne l’oubliez pas !

Et nous devons encore rappeler, comme nous l’avons déjà souligné, que beaucoup de personnes du nom de Diallo, Barry, Baldé ou Sow n’ont été des Diallo, Barry, ou Sow que depuis seulement 50 à 60 ans. En voici un exemple : vous vous souvenez de ce grand savant de l’Islam – que son âme repose en paix car nous avons tous de l’admiration pour lui – que fut Thierno Aliou Bhoubha N’Diyan, respecté dans le monde entier pour sa grande culture et sa sagesse, lesquelles lui ont donné un véritable rayonnement. Qu’il nous soit permis de le réhabiliter ! Ses enfants, ses petits-enfants vivent et l’un d’eux est Directeur Adjoint de l’OBK, le camarade Mountaga Baldé. Eh bien, sachez que notre conférence d’octobre 1975 à Labé préparait la compréhension des événements de 1976. Mais ceux qui n’ont pas de vision historique ne pouvaient pas nous comprendre. Nous demandons maintenant aux intellectuels Peulhs de revoir et de relire le numéro de Horoya qui a publié notre intervention à la conférence d’octobre 1975 à Labé traitant de l’homme, de la nature physique, de la conscience et de l’histoire. Nous avons bien fait de prendre comme centre de démonstration des thèmes de l’histoire à l’époque, un de nos camarades le camarade Thierno Abdourahamane, qui est un grand militant du P.D.G. descendant [fils] de ce même Thierno Aliou Bhoubha-N’Diyan et qui a contribué activement au progrès du P.D.G. en Moyenne-Guinée.

Les militants étaient étonnés sans doute qu’à l’époque, nous l’ayons choisi comme commandant d’arrondissement, bien qu’il ne fût pas bien lettré en français, et que nous l’ayons même toujours chargé de mission à l’extérieur. C’est parce qu’il incarne des valeurs positives. Au cours de cette conférence, nous l’avons pris comme sujet de notre thème et avons dit ceci :

« regardez notre frère, c’est la conscience qui permet à, l’homme de représenter le temps dans son unité, hier, aujourd’hui, et demain. C’est la même chose en regardant l’homme, vous pouvez tout voir. En le regardant encore, vous le verrez dans le devenir. Le petit qui passe, vous le verrez père, grand-père ; et nous avons déclaré que c’est un trait de la culture humaine. Mais l’homme cherche à mieux comprendre, la nature qu’à se comprendre soi-même. En regardant ce camarade, nous voyons que dans sa famille il y a de toutes les races. Il est Bah, mais comprend aussi les Doukouré, des Diallo, des Touré, des Souaré, etc… »

Et en conclusion, on flétrissait le racisme. Or, ce grand savant dont est fière la Guinée et dont se réclame, sur le plan spirituel, les musulmans de la Moyenne-Guinée, Thierno Aliou Bhoubha N’Diyan, dont les descendants sont également légitimement très fiers du rayonnement spirituel, était un Sarakholé. En effet, le père de Thierno Aliou Bhoubha Ndiyan arrivé à Labé, fut logé à Do-ou-Soarès, le quartier réservé aux étrangers. Présidant les prières, il arriva à s’imposer par son savoir, sa sagesse, son honnêteté et devint une notabilité très influente et respectée. Il créa un village dénommé « Boubha-Ndiyan » ce qui signifie en peulh eau fraîche où naquit son fils Aliou dont le nom fut Thierno Bhoubha-NDiyan, lequel à son tour, créa un village qui porta le nom « Manda-Sarakollé » devenu par la suite « Manda-Saran » où furent regroupés les Sarakholé et ses Talibés. Nous précisons encore que Thierno Aliou Bhoubha-NDiyan était un Doukouré de la race sarakhollé ; un grand savant de l’Islam en Afrique et en Guinée. C’est qu’à l’époque où les Peulhs établissaient leur pouvoir dans le Fouta, tous ceux qui appartenaient à l’élite intellectuelle à l’élite militaire, à l’élite dans quelque domaine que ce soit, ou à tous ceux qui étaient estimés comme telle par la féodalité, devaient être ennoblis en changeant leurs noms contre des noms authentiquement peulhs. Vous verrez encore aujourd’hui dans une même famille les enfants de même père et de même mère s’appeler les uns Bah, les autres Baldé ! Mais on vous dira que c’est la même chose ! C’est ainsi que vous verrez plus tard les fils de ceux-là qui ont changé de nom, qui étaient des Malinkés, des Maarkas, des Toucouleurs, des Djallonkés, Sarakholés, Diakankés, insulter leur propre origine parce que l’ignorant, parfois, mais toujours baignant dans une atmosphère raciste entretenue en Moyenne-Guinée d’une façon permanente.

Croiser le fer avec les racistes

Pour nous, le nom ne fait pas l’homme. Et nous affirmons qu’est bien petit d’esprit celui qui veut que les valeurs de son père, de son grand-père lui soient reconnues. L’homme intelligent est celui qui sait qu’il n’y a de valeur, de réelle valeur que celle engendrée par le mérité de l’homme. C’est pourquoi nous devons continuer la tâche d’éducation pour amener tous les citoyens à interpréter objectivement les faits de l’histoire en faveur du Peuple qui, seul demeure, et à abandonner le particularisme. Car, nous voulons être une nation forte, une nation homogène. Nous voulons préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants et nous devons savoir déposer à cette gare tout ce qui est devenu caduc et emprunter d’autres moyens dynamiques et efficaces pouvant servir à la consolidation de la Nation.

Quand un homme, comme le faisait le raciste intellectuel peulh se vantait d’être intelligent, c’est qui est tout simplement bête. Quand un homme se vante d’être un cadre, c’est qu’il n’a jamais été un véritable cadre. Quand un homme se vante du grand nombre de sa famille ou de son ethnie, c’est qu’il manque alors la vraie qualité à ce groupe là. Car en effet, le nombre, pour avoir quelque valeur, doit être à la dimension de la valeur sociale. Mais ici, on veut même tronquer l’histoire en donnant des chiffres qui n’ont jamais existé.

Il faut lire ce que ces individus écrivent ou clament cyniquement en Europe, ces insensé perdus pour l’Afrique et la Guinée !

Nous disons donc que toutes les Régions de la Moyenne-Guinée doivent vivre désormais l’atmosphère de la Révolution populaire et démocratique. En plus de la force de nos arguments que partagent les intellectuels militants honnêtes de la Moyenne-Guinée, nous utiliserons la force brutale contre ceux qui ont des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre. Ils ‘sauront qu’on n’a jamais eu peur d’eux, qu’on les respectait, mais que, comme ils n’aiment pas le respect, nous leur présenterons ce qu’ils aiment, la force brutale !

Puisque c’est le racisme qui est utilisé pour mettre le pays à la disposition de l’impérialisme néo-colonialiste, nous devons tout faire pour la déraciner. Nous ne prions plus personne, nous nous imposons ; cela est clair ! Ceux -qui croient que les responsables du P.D.G. ont peur, n’ont rien compris à l’histoire. La peur réelle qui nous étreint, la peur que nous avons partout, c’est la peur d’avoir peur ! Et c’est pourquoi, l’adversité des racistes, nous la recherchons désormais ! Nous voulons, partout, croiser le fer avec eux !

Chaque fois, nous leur parlions pour leur dire ce qui arrive, pour les instruire, les éduquer, pour leur éviter la honte du lendemain ; mais ils n’écoutent pas ! Aujourd’hui, au lieu de les prévenir que demain leur donnera tort, nous leur indiquons qu’aujourd’hui même, ils ont tort ! Et c’est pourquoi, le racisme doit s’arrêter, nous l’avons dit et nous le répétons !

Le Peuple suit l’attitude raciste de certains cadres qui, une fois à la tête d’une société, d’une entreprise, d’un service, ne recrutent que les seuls Peulhs. S’agit-il d’avancement ou de mutation, c’est la même couleur raciste qui détermine les attitudes. Quand il s’agit de mettre à la retraite, il suffit d’observer, on trie sérieusement pour que ceux considérés comme parents puissent encore rester en service ; alors, on alignera le nom des autres qui doivent être mis à la retraite. Et quand les cadres Peulhs sont nombreux dans un service, c’est tout de suite, la paralysie totale. Nous le disons en vous donnant un exemple que vous connaissez bien parce que vous le vivez. Si nous nous vantons d’avoir formé beaucoup d’ingénieurs des TP, prenez la liste et vous verrez que ce sont nos frères Peulhs qui sont les plus nombreux. Mais regardez à Conakry même quel est l’état des routes ! Les choses sont claires ! Une tactique était adoptée par la plupart d’entre eux : sur le plan verbal il faut être révolutionnaire, au maximum ; il faut faire les plus longs rapports, faire usage des propos les plus flatteurs, mais dans l’action concrète, l’on reste assis et l’on sabote tout ! On est allé, dans cet esprit de désorganisation, de démolition, de destruction, et de haine à l’égard des autres ethnies, jusqu’à introduire l’injustice dans les milieux des jeunes.

Certains professeurs Peulhs, à l’heure de la Révolution culturelle socialiste regardent le nom de l’élève avant de de donner la note que mérite sa race. Nous nous excusons auprès des Peulhs honnêtes qui pourraient penser à une exagération. Mais tout ce que nous disons, nous en avons les preuves. Et si vous les voulez nous vous les fournirons à tout moment. Nous ne nous livrons jamais à la démagogie, au mensonge, car si l’homme ne peut pas payer, Dieu lui paiera, si nous ne disons pas la vérité ! Certains notaient en fonction de la race; et même les cours sont saboté, pendant ce temps, l’on dit à ses parents : « venez à maison » ! et là on leur donne un complément de formation. Certains professeurs allaient jusqu’à refuser à des étudiants non Peulhs, le prêt de livres précieux pour les réserver aux seuls étudiants de leur race. Ces pratiques sont connues et ont cours même à l’Institut polytechnique ; des étudiants sont venus nous en donner des preuves irréfutables ; nous parlons en connaissance de cause. Encore, une fois, nous avons assez du racisme, nous en avons par dessus la tête !

Camarades,
Comme nous l’avons dit, de longues années durant, la Guinée a subi la dictature raciste peulhe dans l’attribution des bourses d’enseignement supérieur à l’extérieur. Nous trouvions cela normal, pensant que c’étaient, malgré tout, des jeunes du pays, qu fussent-ils de la même famille, à l’heure de la Révolution, auraient servi le Peuple avec dévouement. Mais nous constatons aujourd’hui le contraire
Notre regret est d’avoir tant laissé faire. Et nous savons aussi que 360 anciens étudiants guinéens devenus médecins, pharmaciens, professeurs, comptables, électroniciens, administrateurs, ingénieurs, économistes, pilotes, etc. ont refusé de rejoindre la patrie. Ils sont en France, aux Etats-Unis, en Allemagne Fédérale, en Suisse, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Zaïre; et ne cessent de baver à longueur de journée sur le Peuple de Guinée qui a financé leurs études. Ils entourent le régime de haine, et méprisent le Peuple de Guinée. Ils le calomnient à longueur de journée. Et quand bien même le Français, l’Américain, l’Allemand, l’Ivoirien, le Zaïrois. le Sénégalais ou des. citoyens d’autres pays essaient de dire la vérité sur la Guinée, ils les traitent de propagandistes de Monsieur Seku Ture, alléguant qu’eux seuls disent la vérité et ceux-là sont dans l’erreur ! Lisez dans le journal « Jeune Afrique » les articles sous leur plume et vous verrez que tous les jours. des mensonges ignominieux sont diffusés. Aussi, nous vous posons la question :

Puisque dans plusieurs familles peulhes, le pays a attribué des bourses à 1, 2, 3, voire 4 de leurs enfants qui, au terme des études, ont trahi la Nation pour se réfugier ailleurs et combattre le régime guinéen. Devons-nous continuer à leur accorder des bourses ?

Réponse unanime de l’assistance : NON !

Alors, nous proclamons sans détour : racisme = RACISME, et pour l’illustrer, nous vous rappelons ce proverbe africain qui dit : « lorsque vous dansez avec un aveugle, de temps en temps, piétinez-le pour qu’il sache qu’il pas seul » !

Ainsi nous réaffirmons notre position qu’en Guinée, et, jusqu’à la fin de l’université, tous les camarades sont à égalité : Peulhs, Soussous, Malinkés, Guerzés, Kissiens, Tomas, Bassaris, Koniaguis, etc… cependant, pour l’extérieur, il ne sera plus attribué de bourses aux Peulhs aussi longtemps que ceux restés à l’extérieur n’auront pas rejoint la patrie

Applaudissements enthousiastes et prolongés de l’assistance

Camarades, nous vous remercions de cette approbation enthousiaste et unanime qui traduit«la prise de conscience de notre Peuple face à ceux qui veulent détruire son régime. En effet, nous n’allons pas continuer à multiplier les moyens entre les mains de l’ennemi de la Guinée.

Ce sont ces traîtres qui induisent toujours en erreur les autres Peuples, les Peuples d’Afrique, les Peuples européens, les Peuples américains quand il s’agit d’apprécier la situation guinéenne. Ils font plus de mal à la Guinée que l’impérialisme et le néocolonialisme, parce que se réclamant de la Guinée, ils donnent un semblant d’authenticité à leurs mensonges flagrants. Ce sont des traîtres à leur Patrie, rien d’autre.

Or, intellectuels Peulhs, relisez la conférence d’octobre 1975 à Labé !
D’entrée de jeu, nous avons déclaré que la trahison ne paie pas, et avons ajouté : « Prenons en témoignage les vieilles générations de Labé et du Fouta

Tous ceux qui connaissent véritablement l’histoire de notre ville de Labé se rappelleront aussitôt la fin tragique qui a été celle de Alpha Gassimou Diallo, cet homme honnête, instruit, d’attitude noble, honteusement trahi » ! Nous avons encore pris Labé en témoignage pour inviter ses habitants à faire l’inventaire des familles, de toutes vieilles familles de Labé qui avaient trempé dans cette trahison. Ils constateront qu’elles sont toutes en train de s’éteindre, car Dieu paie toujours les traîtres avec ce qu’ils méritent. Encore une fois, la trahison ne paie pas, et tous ceux qui ont trahi Alpha Gassimou Diallo l’ont payé à travers le temps.

Et maintenant, nous posons la question de savoir qui était le grand résistant dont on a jamais assez parlé, qui appartenait à la famille la plus représentative du patriotisme guinéen et peulh, l’incarnation de la farouche volonté de liberté, de dignité et de progrès ? Eh bien c’était l’Almamy Bokar Biro Barry de Timbo (Mamou) qui fut roi du Fouta.
Les familles Sorya et Alphaya s’alternaient chaque 2 ans au trône du Fouta.
Le Roi Bokar Biro Barry appartenait au clan Soriya et résidait à Timbo, capitale de la Fédération du Fouta. C’était lors de la grande bataille, désormais historique de Porédaka (village natal de Telly Diallo) que l’Almamy Bokar Biro fut victime de la défection traîtresse de la province de Labé d’une part et de l’action désorganisatrice d’une 5è colonne intérieure constituée par des rivaux d’autre part. Ce fut cette 5ème colonne intérieure qui organisa la destruction de la poudrière de Porédaka. C’était un frère ennemi du clan Soriya du nom de Yilili qui fut l’âme de cette trahison. Ainsi, l’Almamy Bokar Biro Barry avait été trahi, ignoblement trahi. Et trahi encore au Fouta, par les Peulhs, alors que ses alliances avec les Soussous, les Malinkés, les Djallonkés avait été respectées par ces ethnies. Les famille peulhes avaient trahi l’Almamy du Fouta et l’avaient livré à l’ennemi commun de l’Afrique, le colonialisme français ! La trahison encore une fois, ne paie pas. Et ceux qui avaient trahi Alpha Yaya, Gassimou Diallo, ceux qui avaient trahi ne peuvent pas avoir des enfants ayant une conduite de dignité, si ceux-ci ne se confient pas au P.D.G., l’organisation révolutionnaire capable d’extirper de leur être, jusqu’à la racine, la félonie de leurs pères, car, il y a une continuité historique qui marque d’une tare et d’un sceau indélébiles la personne et la vie des individus. Cette continuité est marquée de la nature de l’éducation qui relève de l’interprétation des faits de l’histoire. Ces choses s’expliquent. Pour qu’il y ait un changement profond, il faut le choix d’une éducation révolutionnaire hautement humaine, fondée sur la vérité et le progrès. Ceux qui avaient trahi Bokar Biro Barry ont aussi trahi Alpha Yaya, et par trois fois vous le savez vous-mêmes. Le roi du Wassoulou, le roi de Boké, le roi de Macenta, eux, n’ont pas été trahi par les leurs. Pour les vaincre, eux, il y a eu seulement la supériorité des armes de destruction par les colons. Mais au Fouta, toutes les défaites de l’empire du Fouta relevèrent de la trahison des Peulhs, à l’endroit de leur propre Etat. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous aurions été à l’aise si nous nous appelions Amadou Sékou Barry ou Amadou Sékou Diallo pour dire toute la vérité et nous faire comprendre par nos frères Peulhs. Mais disons-nous la vérité. Il faut que la trahison soit extirpée et bannie définitivement du comportement du Peulh. Il faut enfin sauver cette partie de la Guinée, car il s’agit d’un problème de fond.

Le mal que font ces traîtres-là est profond. Si aujourd’hui, la Guinée ne peut s’entendre ni avec la Côte d’Ivoire, ni avec le Sénégal, la responsabilité principale en incombe vraiment à qui ? A eux seuls, cadres Peulhs ! Mais soyez sûrs que lorsque le Peulh ivoirien, le Peulh sénégalais accèderont à la liberté, ils écraseront et conduiront à leurs tombeaux tous les cadres racistes Peulhs qui habitent Abidjan ou Dakar ! Soyez en sûrs !

Ce sont eux également qui induisent toujours en erreur les gouvernements français, américain, allemand. Tous les gouvernements désireux de traiter avec là Guinée sont intoxiqués par leurs informations mensongères débitées à longueur de journée, à la seule fin de décourager ces pays dans leurs intentions louables vis-à-vis du Peuple guinéen.

Ils sont sans Patrie, ces racistes Peulhs forcenés, parce qu’ils se disent ne pas être des Noirs. Ils sont encore et toujours à la recherche de leur Patrie. Ils ne peuvent pas avoir de Patrie, parce qu’ils n’ont pas une ligne de conduite exigeant l’accomplissement de devoirs sacrés. Aliénés qu’ils sont, ils ne pensent qu’à l’argent, et pour eux. C’est pourquoi, nous devons être d’accord de ne plus accorder de pitié aux traîtres. Plus de pitié pour les racistes, plus de pitié pour les saboteurs !

Libérer le Fouta

En effet, la période pré-coloniale a enregistré de nombreuses trahisons successives qui ont fait la honte du Fouta. Par la suite, toute la période de lutte de libération nationale, anti-colonialiste a aussi enregistré la démission sinon de la totalité des intellectuels Peulhs, du moins de la plupart. Que ceux qui sont restés toujours fidèles au régime veuillent nous excuser, mais puisqu’il s’agit de parler d’une collectivité, nous déplorons que pour le cas précis l’élément dominant soit constitué de racistes.

Aussi, faut-il souligner qu’au référendum du 28 septembre 1958, quand toute la Guinée brandissait le bulletin « NON » pour l’indépendance et la dignité, c’était encore le Fouta qui brandissait le « OUI » pour signifier honteusement : « nous voulons rester soumis au colonialisme ». ! Ils ne voulaient pas de l’indépendance, ces Peulhs et ils ont humilié notre Peuple avec un vote massif de « OUI ».

Au lieu d’en avoir honte, ils veulent encore détruire notre indépendance. Cela ne se fera plus jamais, et s’il faut que toute la Guinée se mette encore debout, couteaux, marteaux et fusils en mains pour les supprimer, les amener au tombeau et les ensevelir, la Guinée assumera ses responsabilités ! C’est la déclaration de guerre ! Ils veulent d’une guerre raciale ? Eh bien nous nous sommes prêts ; quant à nous, nous sommes d’accord, et nous les anéantirons immédiatement, non par une guerre raciale, mais par une guerre révolutionnaire radicale.

Camarades,
Nous allons donc passer à l’offensive et utiliser l’arme de la fermeté révolutionnaire et nous sommes convaincus que les cadres Peulhs révolutionnaires, les cadres Peulhs militants sincères, assumeront, au sein du Parti, leurs responsabilités pour détruire tous les Peulhs racistes afin que la Guinée vive enfin dans la paix. C’est pourquoi, chaque cadre doit se définir, non pas par rapport à tous les militants, mais par rapport à la collectivité peuhle qui a été induite en erreur, ou alors se démettre et démissionner du Parti-Etat. Chaque cadre du Parti-Etat doit s’engager à détruire le racisme ou alors qu’il se dévoile comme un parfait raciste, ennemi du progrès guinéen.

Nous ne voulons plus de confusion. Nous devons briser définitivement la fourberie, car ce n’est pas un seul cheveu qui pourra recouvrir toute la tête de l’homme.
Nous disons donc que ces racistes ont présenté les traits de « Cheytane » avec la trahison, le mensonge, la division et puisque le combat est engagé contre « Cheytane », que nous voulons à tout prix enterrer, nous saurons enterrer ce qui reste de racistes au Fouta. Nous sommes déterminés à libérer le Fouta. Nous répétons que si le Fouta na pas été libéré le 28 Septembre 1958, désormais il sera libéré par la Révolution.
Et le Peuple de Guinée prouvera à tous les Peuples d’Afrique, à tous les Peuples du Monde, qu’il a toujours été un Peuple conscient et résolu qui n’a jamais hésité à s’engager dans la voie de la Révolution et ceux qui l’ont diffamé ne représentent aucune force face à sa Révolution qui saura écraser tous les tricheurs, tous les menteurs, tous les traîtres, aussi bien ceux de l’intérieur que ceux qui se trouvent à l’extérieur. Pour ceux qui sont à l’extérieur, nous n’avions pas voulu jusqu’ici les liquider, mais nous allons le faire désormais pour que notre Peuple vive en paix et poursuive sa Révolution.

Camarades, il faut donc être vigilant : Au niveau des P.R.L., surveillez tous les comportements. Dans les services, sociétés, entreprises, restez attentifs . Tout le pouvoir est au Peuple, Nous le répétons encore une fois.
Quiconque violera désormais les consignes de l’honnêteté sociale, de la justice sociale en se livrant à des manifestations racistes, vous avez le pouvoir, Camarades militants, de l’égorger sur place et nous en assumons la responsabilité devant le Peuple de Guinée.
Dans les P.R.L., c’est souvent à l’occasion des baptêmes, des mariages, des cérémonies coutumières qu’ils se regroupent pour se passer les mots d’ordre de la destruction de la Révolution. Désormais, aucune manifestation de ce genre ne doit se faire, dans un P.R.L., que sous la présidence du Maire, ou d’un Membre du Bureau du P.R.L.

Un autre fait que vous avez dû observer et qui est à l’honneur de la femme Peulhe, c’est qu’elle épousera volontiers le Soussou, le Malinké, le Forestier, mais par contre rarement l’homme Peulh épousera une Soussou, une Malinké, une forestière ! Est-ce vrai ou faux ?
(Réponse unanime de l’assistance : c’est vrai !)
Cette attitude constitue-t-elle du racisme oui ou non ?
— (Réponse unanime : oui c’est du racisme !)
— Alors, Camarades, faites confiance à la Révolution qui écrasera tous les racistes !

Membres Bureau politique national et du Comite central
Premier rang: Boubacar Lombona Diallo, Alafè Kourouma, Mama Tounkara, Senainon Behanzin, non-identifié, Ismael Touré
Deuxième rang: Abraham Kabasan Keita, Gouverneur Camara

Camarades, nous vous invitons à être, lors de la prochaine assemblée générale des P.R.L., les interprètes fidèles et intransigeants de la ligne ainsi définie et à mettre les militants en garde. Quiconque fera du racisme sur le sol béni de Guinée aura lui-même signé son acte dé départ définitif.

A chaque réunion, qu’il s’agisse du P.R.L, de l’organisation syndicale, de l’organisation des femmes, des Jeunes, de l’armée, partout où une réunion se tient avec des citoyens guinéens, commencez par flétrir la trahison, le racisme, et affirmez la vigueur avec laquelle vous voulez en finir avec ces manifestation honteuses.

Aussi, nous ajoutons que vendredi prochain, dans les mosquées de chaque P.R.L. la « Fatiha » sera récitée collectivement pour maudire les racistes et les conduire à l’échec retentissant, pour maudire ceux qui les soutiennent en Côte d’Ivoire, au Sénégal et dans le monde, afin qu’ils aient toujours honte et que la Révolution Guinéenne, au sein de la communauté progressiste ne connaisse que le triomphe et la victoire.

Clarifier les rapports extérieurs

Camarades,

Pour conclure, nous devons abordé des implications extérieures des décisions marquant le dynamisme de la politique intérieure et visant à la radicalisation de la Révolution. C’est pourquoi, comme nous inviterons nous organismes de la Révolution à étudier, en tant qu’organismes dirigeants, les dispositions nouvelles devant traduire la volonté de la Révolution Guinéenne face à tous les pays africains et étrangers qui accordent crédit et appui aux anti-Guinéens.

En effet, il faut que nous ayons une attitude conforme aux objectifs d’indépendance, de dignité que nous avons à sauvegarder. Il est vrai que les agents de la 5ème colonne impérialiste, se sentant perdus parce que découverts dans leur trahison par le Peuple militant de Guinée, peuvent se livrer à des mensonges, à des extravagances, à l’endroit de citoyens ou de pays tiers, dans le seul but d’essayer de compromettre les relations extérieures de la Guinée. Cela est possible, car même sur le plan national les justifications fallacieuses qu’ils donnent à leurs dépositions indiquent qu’ils font encore de la propagande, pour pouvoir créer de nouvelles cause de tension et confusions. Cependant il y a tout de même des choses claires que nous devons apprécier.

S’agissant du Sénégal et de Côte d’Ivoire , c’est vrai et rigoureusement vrai, que tout ce qu’ils diront de Senghor et de Houphouët, l’Afrique entière l’approuvera. Pourquoi ? Parce que le Sénégal, à travers Senghor, et la Côte d’Ivoire, à travers Houphouët, ont préféré les anti-Guinéens au Peuple de Guinée. Ils ont donné asile aux anti-Guinéens et les ont financés. Cela est connu de tous et si les agents de la 5è colonne déclarent qu’ils sont au service de ces deux fantoches africains, il n’y a pas là de confusion possible ; nous accordons un total crédit à leurs dépositions. Et pour que la Côte d’Ivoire et le Sénégal puissent se révéler non plus hostiles à la Guinée et veuillent au contraire d’une coopération sincère et durable, il faut alors qu’immédiatement, ils mettent à la disposition de notre pays ceux-là mêmes qui sont condamnés par le Peuple de Guinée et qui les auraient eux-mêmes accusé à tort. S’ils ne le font pas, c’est que ceux-ci sont à leur service, et sont leurs instruments. Dans ce cas, tant que Senghor et Houphouët mèneront une telle politique, il n’y aura pas de bases possibles de coopération entre la dignité que représente la Guinée et la félonie que représentent Senghor et Houphouët.

Senghor a détruit l’Organisation des Etats Riverains du Sénégal (OERS) parce qu’il pensait pouvoir détruire le régime Guinéen et avoir des fantoches à la tête de la Guinée. Mais il se rend compte aujourd’hui que « l’Organisation des Etats riverains du Sénégal », bien qu’ayant des potentialités d’aide, ne pourrait quand même pas être viable tant que la Guinée, qui détient la source naturelle des cours d’eau constituant le fleuve Sénégal, n’aura pas approuvé le programme de développement envisagé. Et au lieu d’avoir le courage civique et moral de dire au Peuple de Guinée :
— « J’ai fait une erreur, pardonnez-moi, regardons l’avenir ; construisons cet avenir ensemble »
non, il continue à persister dans l’erreur en pensant que de Dakar, de Paris, d’Abidjan, il pourra détruire la Révolution Guinéenne. Nous le verrons à travers le temps, car vous vous rappellerez que nous avons déjà annoncé, qu’est arrivée l’heure de la démystification.

Les agents de l’impérialisme ont parlé de la France. Nous allons vous instruire sur ce point. En 1958, après le vote historique de Septembre, le Gouvernement guinéen s’est adressé à tous les Guinéens résidant à l’extérieur du pays notamment à tous, les militaires guinéens servant dans les rangs de l’armée coloniale pour les inviter à rejoindre la Patrie. Sur les 20 000 militaires guinéens servant alors dans l’armée coloniale, 18 000 avaient répondu à l’appel de la Patrie et 2 000 ont refusé, alléguant qu’ils sont des citoyens français, et qu’ils ne croient pas en la capacité du Peuple de Guinée de vivre indépendant et sans la France. Ils ont donc opté avec clarté, et sont restés dans l’armée coloniale, espérant tous les jours la chute du régime populaire guinéen afin de venir triomphalement se réinstaller en Guinée. Mais ils attendent et voient le temps s’écouler. Ils voient leurs cheveux blanchir, un an, 5, 10, 15, 18 ans et l’attente reste sans fin. Ils se retournent alors contre ceux qui les avaient induits en erreur pour exiger la fin de ce régime Guinéen afin qu’ils ne meurent pas à l’extérieur ! Voilà la réserve qu’utilise la contre-révolution. En France, ces militaires guinéens avaient fait des manifestations d’hostilité contre le régime français, déclarant qu’on les avait trompés et finalement ils ont été envoyés au Sénégal et en Côte d’Ivoire pour qu’au moins ils puissent voir quelques Guinéens de passage. Ils sont là-bas nostalgiques, dans l’attente. Au lieu d’écrire courageusement à notre Gouvernement, comme certains l’ont fait, pour se repentir et dire : « Nous avons commis une erreur, pardonnez-nous, recevez-nous pour que nous puissions contribuer, pour le reste de notre vie, à la mise en valeur des ressources de notre pays », au lieu de recourir à cette vérité à laquelle certains ont recouru et sont actuellement dans le pays, exerçant même dans certains P.R.L., le rôle d’encadreurs de la Milice, la plupart d’entre eux sont dans l’obscurité de la confusion, espérant toujours que le régime tomberait ; Les voilà traînant à Dakar, en Côte d’Ivoire ! Ce sont ceux-là sur lesquels Senghor et Houphouët comptent. Mais Senghor et Houphouët tomberont avec eux et le régime révolutionnaire de Guinée continuera à se consolider et à édifier une Nation socialiste.

Que faut-il reprocher à la France ? En attendant que vous ayez répondu à la question fondamentale, après laquelle, seulement, nous fixerons la position du Parti, que devons-nous dire dès maintenant ?

  1. C’est que ces anciens combattants bénéficient d’une pension de retraite au taux plein. En effet, les pensions de retraire françaises ont été valorisées deux ou trois fois depuis 1958, et le faux a presque doublé ou triplé en 1976 par rapport à ce qu’il était en 1956. Cependant, s’agissant de la Guinée, on continue à payer le taux de 1958, ce qui est contraire à la législation française. Et nous posons la question de savoir où va la différence ? La question reste posée au Gouvernement Français. Est-ce pour financer la contre-Révolution Guinéenne ? Nous voulons bien le savoir !
  2. Les anciens combattants qui sont en Guinée même avaient, durant tout le temps de la rupture, rencontré de sérieuses difficultés. Mais, heureusement le Gouvernement Guinéen a assumé ses responsabilités pour que ces anciens combattants ne soient pas des victimes. Ainsi, le trésor guinéen avait tout le temps, continué à payer les pensions dues aux uns et aux autres. Mais malgré tout, on exerçait sur les militaires et anciens combattants une intense propagande. On leur disait :
    « Voyez-vous, au lieu de rester en Guinée, pourquoi ne pas aller vous installer en Côte d’Ivoire, ou au Sénégal, car là-bas, non seulement vous obtiendrez la régularité du paiement de vos pensions et ce en franc CFA mais vous aurez droit à un taux plus élevé ! Cette propagande est réelle. Et nous avons même dit à certains des militants sincères qui ne voulaient pas trahir : « Allez au Sénégal, présentez-vous en traîtres, allez nous insulter en Côte d’Ivoire, allez faire la politique de Senghor et de Houphouët verbalement, on verra si le taux de votre pension ne sera pas modifié. » Et effectivement, le taux a été modifié et nous avons compris. Cela, vous devez le savoir aussi.

Il se peut que la 5è colonne impérialiste raconte aujourd’hui quelques mensonges sur le compte de la France pour nous égarer. Nous ne retiendrons pas les mensonges, mais les faits objectifs que nous connaissons indiquent que tant que la France persistera dans cette voie, nous saurons alors que la réconciliation n’est pas sincère. Et si elle n’est pas sincère, elle ne peut être durable.

Avant de communiquer au Monde, le 14 Juillet 1975, la volonté du Parti-Etat de Guinée de reprendre les relations diplomatiques avec la République française, nous avons bien analysé la situation, entre les deux pays.
Nous savons bien qu’entre le régime capitaliste impérialiste français et le régime Populaire et Démocratique guinéen, il y a une contradiction fondamentale, une opposition essentielle, surtout que le régime capitaliste français n’oublie pas qu’il avait colonisé la Guinée, qu’il l’a perdue et que la Guinée renferme, d’immenses richesses naturelles.
Mais nous pensions que les autorités françaises, prenant acte du fait qu’elles ne peuvent ni recoloniser ni néo-coloniser la Guinée, renonceraient au soutien qu’elles donnent aux traîtres guinéens, pour choisir de coopérer honnêtement avec notre Gouvernement. Elles doivent aujourd’hui nous démontrer, par les faits, que nous avons eu raison de leur avoir fait confiance, faute de quoi notre attitude à l’égard de la France serait radicalement reconsidérée.

Au sujet de la République Fédérale Allemande, nous avions beaucoup apprécié l’attitude de ce pays qui, avec courage, avait été le premier à présenter des excuses au Peuple de Guinée, bien que tout le monde reconnaisse ce qu’on appelle la fierté allemande. Mais le Gouvernement de la République Fédérale Allemande a eu le courage moral de présenter au Peuple de Guinée des excuses et c’est pourquoi nous n’avons jamais exploité l’accord. La déclaration, commune signée entre les deux parties, n’a jamais fait l’objet d’exploitation ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, parce que nous respectons ceux qui se respectent et nous respectent. Et nous savons également que si l’Allemagne Fédérale, qui était en très bons termes avec nous, fut amenée à être active dans le complot jusqu’à la préparation de l’exécution de l’agression de 1970, c’est parce que depuis 1965, il y avait eu la rupture de relations entre la France et la Guinée. La France alors alliée de l’Allemagne Fédérale, se serait confiée à celle-ci pour soi-disant préserver ses intérêts en Guinée.

Ainsi, l’Allemagne Fédérale, en tant qu’agent intermédiaire. assumait en fait des responsabilités qui ne l’engageaient pas seule. Nous avons compris. Mais s’agissant des noms d’instructeurs allemands cités à Niokolokoba, nous attendons que l’Allemagne Fédérale confirme ou infirme la nouvelle. Si cela est vrai, elle aura violé la promesse faite selon laquelle tout citoyen allemand qui enfreindrait la ligne de la réconciliation sincère avec la Guinée serait frappé par le Gouvernement allemand. S’il est vrai qu’à Niokolokoba, des officiers Allemands ont servi à l’entraînement des anti-Guinéens, nous demandons au Gouvernement allemand de respecter le protocole de réconciliation librement signé par lui, et de rappeler immédiatement ces individus pour les punir.

Au sujet des Etats-Unis d’Amérique, il faut dire que c’est le pays auquel nous nous étions adressé, en tout premier lieu dès l’indépendance de la Guinée. Cependant, malgré toutes les démarches de notre frère et ami, feu Président William Tubman, le Gouvernement américain n’avait pas répondu rapidement à l’appel de la Guinée. Pourquoi ? nous l’avons su à l’époque, une forte pression de l’Europe occidentale s’exerçait sur l’Amérique afin d’obtenir et de renforcer l’isolement total de notre jeune République. Les commandes guinéennes faites avec paiement au comptant, que nous avions lancées par l’entremise du Libéria au Gouvernement des Etats-Unis, avaient été refusées, ce qui était contraire aux habitudes d’un régime capitaliste. Nous étions prêts à payer au comptant ce que nous voulions, mais nous avons rencontré un refus !

Cependant, vers 1959, un an après, l’Amérique se manifeste. Tenez-vous bien, car nous avons tu volontairement cette affaire, mais il est temps de la rendre publique. L’Amérique s’est donc manifestée, et a envoyé comme aidé à la République de Guinée, 5000 tonnes de riz, dans des sacs portant l’inscription: « don du Peuple américain aux populations du Fouta ». Nous avions besoin du riz, mais en votre nom nous avions été obligés de dire aux Américains : ce riz, c’est du sable inconsommable par la Guinée, renvoyez-le chez vous et sachez qu’il y a le Peuple Guinéen, mais qu’il n’y a pas de Peuple Foula ici !

Mais, analyse faite, nous avons compris que les Américains avaient été induits en erreur par Telli Diallo ! C’était en effet Telli qui était l’ambassadeur de Guinée aux Etats-Unis. Alors, devant la réaction noble et énergique du Gouvernement Guinéen, les Américains eux-mêmes ont fini par rectifier l’erreur, et toute l’aide ultérieure accordée à la Guinée se plaçait désormais dans le cadre de la dignité définie par la Guinée. Là également, voyez et jugez le rôle de la trahison, le rôle du racisme joué à l’extérieur par certains enfants du pays.

Nous disons donc que nous devons, dans la définition de notre attitude face à tous les pays qui ont été cités par les agents de la 5è colonne, exiger comme preuve de la compréhension, de l’amitié, de la loyauté et du respect dû au Peuple de Guinée, que le régime guinéen soit choisi sans équivoque contre ses ennemis ou alors que ces pays choisissent également sans équivoque les anti-guinéens contre le régime guinéen. Mais nous déclarons que tout pays qui abritera ces traîtres qui ont été condamnés par le tribunal Révolutionnaire de Guinée pour leur forfaiture commise en 1970 à travers l’agression dont nous avons été victimes, tout pays qui donnera un droit d’asile à des criminels qui auront été condamnés, aura ainsi démontré, par son attitude, qu’il ne veut plus de coopération avec nous et nous rompons les relations diplomatiques avec ce pays qui aura choisi les anti-guinéens contre la République de Guinée.

Notre position à ce sujet est claire. Nous n’accepterons plus la confusion. Ou l’on reste avec le régime, le Peuple, la Nation guinéenne et on ne peut plus admettre des anti-guinéens sur son sol, la parution sur son d’articles orduriers contre la Guinée, ou alors l’on est avec l’anti-guinéen et la Guinée saura adopter en Afrique et dans le monde les positions nécessaires non pas pour se venger, mais pour indiquer que le choix fait contre la Guinée n’est pas un choix sensé.

Nous devons nous défendre, et le Monde connaîtra, la vérité que nous défendons.

Ainsi chaque organisation doit indiquer sa position de fermeté, position de fidélité à la cause de la Révolution.

La lutte se situe sur un triple plan.

  1. La lutte sur le plan extérieur doit avoir comme objectif de clarifier les rapports extérieurs de la Guinée. Ou l’on est avec la Guinée, ou l’on est clairement contre la Guinée. La Guinée, quant à elle, ne demande que la coopération sincère, durable avec tous les pays mais à condition que son indépendance, ses intérêts soient respectés. Et nous voudrions également connaître et combattre ceux qui ne veulent pas respecter l’Indépendance Guinéenne et qui nourrissent les mêmes desseins criminels que les anti-guinéens.
  2. Sur, le plan Africain, nous ne voulons plus qu’il y ait de confusion. Les Etats africains qui ont jugé de rester dans l’hostilité vis-à-vis du régime guinéen, nous voulons les connaître, mais nous sommes assurés du soutien de leurs Peuples. Car nous affirmons que la Guinée n’a jamais été isolée ; elle a toujours été l’amie de tous les Peuples d’Afrique. La Guinée saura aussi aiguiser son arme de combat pour débarrasser l’Afrique des traîtres et de tous ceux qui font honte à nos Peuples et qui ont accepté d’être des fantoches de l’impérialisme.
  3. Sur le plan intérieur, les choses doivent être claires. L’année derrière, c’était la guerre de classes pour enterrer « Cheytane 75 ». Cette année, c’est la guerre de classer pour enterrer définitivement le racisme peulh.
    Retenez-le bien : Le racisme peulh, nous devons lui donner un enterrement de première classe, un enterrement définitif.

Prêt pour la Révolution !

Note
. Voir ma réfutation du livre de Sidiki Kobélé Keita
. Sur le thème de la vigilance policière, lire le discours de 1959


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Fulbright Scholar. Rockefeller Foundation Fellow. Internet Society Pioneer. Smithsonian Research Associate.