massacre 28 septembre 2009 Archives – Page 7 of 9

Dans le deuxième volume de l’ouvrage biographique intitulée Ahmed Sékou Touré (1922-1984). Président de la Guinée de 1958 à 1984, (page 152), André Lewin fait des confusions historiques sur des périodes différentes et des épisodes  distincts. Les premières sont anthumes, i.e., qu’elles correspondent à des faits enregistrés du vivant du dictateur. Les seconds sont posthume, et relèvent de l’après-Sékou Touré .

Confusions anthumes

Aimé Césaire, Jacques Rabemananjara, Mongo Béti, et tant d’autres intellectuels africains et des Caraibes, saluèrent l’avènement de l’état guinéen. Mais ils prirent leur distance vis-à-vis de Sékou Touré au fur et à mesure que la dictature s’imposait au pays.

Professeur Djibril Tamsir Niane

Eminent historien et disciple assermenté des griots (jeli) Mande, Djibril Tamsir Niane et sa génération firent mieux que célébrer le référendum et la proclamation de la république de Guinée. Ils mirent leurs compétences, leur démarche analytique et leur critique constructive au service de l’édification de la société post-coloniale. Aussi adressèrent-ils au gouvernement un mémorandum méticuleux sur l’éducation. Mieux, alliant la réflexion et l’humour, Niane ironisa dans un poème sur les faux-pas de la jeune république :

« Camarade, je ne comprend pas.
Moi, j’ai dit non.
Toi aussi.
Et le méchant colon est parti.
Liberté est venue à sa place
Escortée par Démocratie.
Responsabilité suivait d’un pas grave.
Moi, j’ai dit non
Toi aussi.
Richesse est venue en cachette
En dans ta gibecière s’est logée
Près de moi resta Pauvreté.
S’accordant sur Dignité.
Et pourtant j’avais bien dit NON.
Toi aussi d’ailleurs. »
Aramè. Bulletin bi-mensuel d’information d’éducation de la Section PDG-RDA de Conakry II. Oct. 1961.

En réponse, Sékou Touré accusa les enseignants de complot et les fit condamner à de sévères peines de prison. Cela se passa à la fin des années 1950, début des années 1960.

Confusions posthumes

Quelque ving-six ans plus tard, Niane fit une contribution au Colloque international sur l’histoire du RDA (Yamoussoukro, 18-27 octobre 1986). Dans son survol de la Guinée sous Sékou Touré, il indiqua les débuts modestes, difficiles et contradictoires du premier président. Lewin semble lui reprocher cet apport. A tort, car aujourd’hui l’unanimité s’est faite sur le legs ruineux de Sékou Touré. A ce sujet, les opinions fusent de toutes part et concordent.

Ainsi, dirigée par Mohammed Bedjaoui (universitaire, juriste international et homme d’Etat algérien), la commission d’enquête de l’Onu sur le massacre du 28 septembre 2009 souligne : “Le régime de Sékou Touré se détériora rapidement en une dictature violente et répressive”. Et le Rapport de Human Rights Watch (24 mai 2011) abonde dans le même sens en sous-titrant : “La Première République : Ahmed Sékou Touré ou le règne de la terreur.”

Tierno S. Bah

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Officiellement, il est toujours en convalescence. Mais cela fait des mois que l’ancien chef de la junte, en exil forcé au Burkina Faso, a récupéré. Aujourd’hui, Moussa Dadis Camara est bien décidé à profiter de la vie.

La règle, c’est d’être bien accompagné. Toujours. Nous sommes le 10 mars au soir et, lorsqu’il pénètre dans le restaurant Princesse Yenenga Lodge, à Ouagadougou, six jolies femmes le précèdent. Installé au Burkina depuis janvier 2010, Moussa Dadis Camara a renoncé au treillis militaire. Une paire de jeans, un polo de marque, un smartphone… L’ancien chef du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) en Guinée rejoint sa table. Il y a là quelques amis et un proche conseiller du président Blaise Compaoré. On lui donne du « monsieur le président ». Dadis apprécie.

Officiellement, il est toujours en convalescence, mais de la balle qui a failli le tuer, le 3 décembre 2009, on ne voit plus rien ou presque – à peine une cicatrice sur le haut du crâne. Les médecins qui l’ont pris en charge à Rabat, au lendemain de la tentative d’assassinat qui l’a contraint à quitter le pouvoir, ont bien travaillé. Depuis, Dadis a récupéré : il fait de la gym, se lève tard, sort beaucoup et a même pris quelques kilos…
— Je suis un miraculé, rétorque-t-il. Il faut que j’en profite.

Avec son épouse, Jeanne Saba, et deux de leurs enfants, il a pris ses quartiers dans une luxueuse résidence de Ouaga 2000, la Villa des hôtes, non loin de la présidence. Quelques mois après son arrivée, il a réclamé une arme, qui lui a été refusée, mais un véhicule 4×4 a été mis à sa disposition.

L’ancien capitaine guinéen est systématiquement invité aux cérémonies officielles — Compaoré y a veillé. A la demande de Gilbert Diendéré, chef d’état-major particulier du chef de l’État, des soldats de la sécurité présidentielle assurent sa protection… jusque dans ces restaurants, bars et boîtes de nuit que Dadis — les poches pleines de billets — fréquente assidûment.
— C’est vrai qu’il connaît tous les endroits “chauds” de la ville et qu’on se demande comment il fait pour tenir, sourit un proche du président burkinabè. Un jour, certains de ses gardes du corps étaient tellement fatigués qu’ils ont demandé à être relevés.
Pendant les premiers mois de son exil, Dadis avait pris soin de se faire discret, limitant au minimum les apparitions publiques. Ce n’est plus le cas.

Le “bienfaiteur” Compaoré

Pas question, en revanche, de parler politique — il s’y est engagé pour ne pas embarrasser Blaise Compaoré, ce « bienfaiteur » sur lequel il ne tarit pas d’éloges et grâce auquel, explique-t-il, il a eu envie de s’engager dans l’armée dans les années 1990. Tout juste reconnaît-il suivre la préparation des législatives guinéennes, annoncées pour le 8 juillet prochain, et avoir conservé des liens avec des proches restés au pays. Il cite volontiers Papa Koly Kourouma. Originaire comme Dadis de Guinée forestière, Kourouma est arrivé en cinquième position au premier tour de la présidentielle de décembre 2010 et a été nommé ministre de l’Énergie et de l’Environnement, en remerciement de son ralliement à Alpha Condé pour le second tour. Dadis est également en contact avec Idrissa Chérif, qu’il avait chargé de sa communication quand il était au pouvoir et qui préside désormais l’Alliance pour la démocratie et le changement (ADC).

Les opposants rendent visite à Dadis

Bien conscientes de l’influence qu’il a conservée sur l’est du pays, les personnalités guinéennes en visite à Ouaga manquent rarement de lui rendre visite : l’opposant Cellou Dalein Diallo et l’un des leaders des Forces vives de Guinée, Moctar Diallo, ont tenu à le saluer. Même chose pour Alpha Condé, qui l’a rencontré à deux reprises à Ouaga (en janvier puis en avril 2011) et qui, à l’approche des législatives, cherche à agrandir son parti, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), en incluant notamment des formations proches de l’ancien chef de la junte.

Dadis vs. Sékouba

Dadis a-t-il changé ? Difficile à dire. On le connaissait lunatique et capricieux ; il a lissé son style. Il s’exprime d’une voix posée et ne parle plus de lui à la troisième personne. Le seul contre lequel il s’emporte parfois, c’est Sékouba Konaté, cet ancien compagnon d’armes qui lui a succédé à la tête de la Guinée. Aujourd’hui encore, Dadis est persuadé que Konaté préparait un coup contre lui. Il lui reproche de ne pas l’avoir associé à la transition alors qu’il avait été convenu qu’il serait consulté (« c’est un faux type », lâche-t-il), pis, d’avoir suspendu les indemnités que l’État guinéen lui versait chaque mois.

De Dadis à Moïse

Autrefois musulman, Dadis s’est converti au christianisme et a pris le nom de Moïse. À l’en croire, il a aussi renoncé à sa carrière militaire et ne souhaite plus faire de politique. Son rêve, raconte-t-il, c’est de faire construire un hôtel à N’Zérékoré, au coeur de cette région qui l’a vu naître. L’argent, comprend-on rapidement, n’est pas un problème, et Dadis organise régulièrement des « castings » pour sélectionner le personnel féminin qui travaillera dans cet établissement qui n’existe pas encore.

Mais peut-il rentrer en Guinée ? Pas sûr. « Alpha Condé a dit que c’était possible, mais ça ne se fera pas dans l’immédiat, confie un proche. Une partie de la troupe lui est toujours fidèle, et son retour pourrait être un facteur de déstabilisation. » Surtout dans cette Guinée forestière, traditionnellement délaissée par l’État (Conakry est à plus de 1 000 km), où sont récemment rentrés des centaines d’hommes que Dadis avait utilisés comme supplétifs et que ses successeurs ont congédiés en faisant le ménage dans l’armée.

La justice guinéenne pourrait aussi être tentée de lui demander des comptes pour son rôle présumé dans le massacre du stade de Conakry, le 28 septembre 2009 (157 morts). A l’époque, l’ONU avait souligné la responsabilité de Moussa Dadis Camara et, le 1er février 2012, l’un de ses proches, le lieutenant-colonel Tiégboro Camara, a été inculpé. Dadis ne bénéficie officiellement d’aucune immunité, mais dit n’avoir « rien à se reprocher ». « Si un enfant part braquer une banque, doit-on accuser son père d’être le commanditaire de l’acte de son fils ? » Le responsable, selon lui, c’est un certain Aboubacar Diakité, dit Toumba (lire encadré). Il était, au moment des faits, son aide camp, et pour l’ONU son rôle fait peu de doute. C’est lui surtout qui a ouvert le feu sur Dadis, le blessant à la tête et au cou. Voilà plus de deux ans qu’il est en cavale.

Toumba Diakité : deux ans et demi de cavale !

Les rumeurs sont aussi nombreuses que les fausses pistes. Depuis qu’il a tiré sur Moussa Dadis Camara, le 3 décembre 2009, « Toumba » Diakité a disparu de la circulation. On a dit qu’il avait trouvé refuge dans une ambassade occidentale à Conakry, puis qu’il avait été repéré à Dakar, mais rien de plus précis. La dernière fois que cet homme recherché par Interpol s’est exprimé, c’était sur les ondes de RFI, en janvier 2011. B.M.

Baudelaire Mieu, envoyé spécial
Jeuneafrique.com

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President Alpha Conde speaks at NDIPresident Alpha Conde speaks at NDI, Washington, DC. August 12, 2011

On Monday afternoon, advocates of democracy and human rights; senior staff of the National Democratic Institute (NDI), Center for Strategic International Studies (CSIS), the National Endowment for Democracy (NED); dignitaries including the American Ambassador to Guinea and Guinean Ambassador to the United States; international development professionals including the director of USAID/Guinea; and passionate members of the Guinean community gathered at NDI to see Guinea’s new President, Professor Alpha Condé. In a mixture of concern and support, attendees asked questions about Guinea’s current situation and the future of its nascent democracy.

Kenneth Wollock, the President of NDI, expressed his organization’s congratulations to and support for President Condé and their commitment to promoting the development of a strong and vibrant democracy in Guinea. President Condé was soon ushered into the room by secret service personnel, and immediately began addressing the room.

In his address, President Condé began by revisiting the particularities of the 2010 presidential elections in minute detail. Troubles at the CENI, the issuance of multiple voter cards per individual, and the issuance of voter cards to minors were all among Condé’s talking points — as well as details of feuds among political parties and factions within the CENI.
He averred that the first round of elections in 2010 was plagued by serious irregularities, argued that the second round was better but far from perfect, and went on to guarantee that his administration would do everything in its power to avoid such problems in Guinea’s upcoming legislative elections.
He also used this occasion to counter arguments in the press that his government is composed only of members of one ethnic group, noting for instance that while he might have several “Fofanas,” there can be Fofanas and others that come from Lower Guinea and the Forest in addition to Upper Guinea, where he is from.

His argument singled out the absence of names from Guinea’s largest ethnic group, the Fulani, which he stated were the most different group in Guinea.

Given that last year’s elections were marred by violent ethnic clashes and regionalist politics and that these tensions continue to worsen and plague the country, there is concern that these remarks do not serve the cause of national reconciliation.

Glaringly absent from his address was any vision or program for the development of the country now that he is president.

Following his opening remarks, the president opened the floor for questions, and humorously added that there would be “no taboo questions” for him. Members of the audience took him up on this offer in posing a variety of solid questions.

The first, asked by Binta Terrier and Ourouro Bah, covered two popular concerns in Guinea’s public discourse: the appointment of ministers and soldiers (Pivi Coplan and Thiegboro) who served under previous administrations and are accused of being implicated in serious acts of corruption and human rights violations, and the suggestion that the attacks against President Condé’s residence should possibly be investigated by an independent commission supported by the International Contact Group for Guinea given the country’s past history with fabricated plots to overthrow the government as justification for crackdowns on opposition.

President Condé took a defensive stance in his responses, stating that he never appointed Pivi and Thiegboro to any post in his government (but that as a civilian he had to appease the outgoing acting president, General Sekouba Konate), and that the only minister that he retained from a previous administration was his current finance minister, Kerfalla Yansane, who was in attendance at the event.

Erratum. This response is both disingenuous and an outright lie. The Ouagadougou agreement of January 2010 barred officials of the transition regime from participattion in the post-election government. But the so-called “democratically elected president”, Alpha Conde, has consistently violated this disposition. Thus, in addition, to Kerfalla Yansane, he re-appointed three former members of the CNDD junta in Prime minister Fofana’s cabinet. They are: (a) Gen. Mamadouba Toto Camara, State minister of Security & Civilian Protection; (b) Gen. Mathurin Bangoura, minister of Urbanization, Housing & Construction; (c) Gen. Mamadou Korka Diallo, minster of Animal Husbandry. Instead of acknowledging his deliberate infraction, he portrays himself as an appeaser of Sekouba Konate, whom he accuses of calamitous financial mismanagement. — T.S. Bah

President Conde also said with conviction, and repeated later, that he is a “head of state, not head of a human rights organization.”
Later, in her closing statement, Jennifer Cooke of CSIS addressed the president with her hopes that “as head of state you will come to see yourself as head of the ultimate human rights organization.”

These remarks were met with by far the most enthusiastic applause of the event.

In response to the question about a possible independent, international investigation into the attacks on his residence, President Conde responded with indignation that any Guinean who would suggest such a thing is no patriot and has no respect for the country’s sovereignty.

Again in her closing remarks, Ms. Cooke, the CSIS’s head for Africa, suggested that given the tensions and mistrust currently seen in the country, the president might consider certain tools at his disposal such as an independent investigation as a means to communicate that he understands the concerns and is working to increase trust.

Among other questions asked, two of them focused on the president’s plans to ensure that the legislative elections are free and fair and facilicate open campaigning for all candidates across the country (asked by Alliance Guinea’s own Mohamed Touré), and Nimatoulaye Conté’s concerns about the much-needed inclusion of women and youth in Guinea’s political life.

“We will put all our resources to use to organize the legislative elections before the end of the year,” asserted President Condé.”
He went on: “we will avoid a repeat of last year’s elections by issuing securitized voter cards and holding a new census in order to prevent children of 14 years of age from voting, and individuals with multiple voter cards from voting multiple times.”

Condé took on a stern tone in tackling the issue of gender equality in his government, mentioning several times that won his the elections with the support of a coalition, and that he must satisfy the demands of his alliance.

He did not address strategies to improve dialogue with the opposition or ensure safe and open campaigning.

In sum, from Alliance Guinea’s perspective, President Conde missed the opportunity at this event to present before its distinguished audience his vision for a new Guinea

He said nothing about how he plans to reconcile the country after terribly divisive presidential elections and a history of state crimes against its citizens; he said nothing about his overarching plan for Guinea’s sustainable development.

He did not make any assurances that recent restrictions to freedom of expression would not be repeated nor did he address concerns of security for opposition party members and others in the country who might disagree with him.

Much more remains to be seen if and how this traditional opposition party leader will remember all that he fought for over the past several decades and how he will now work to serve as leader of all Guineans.

Cody Donahue
Alliance Guinea
August 1, 2011, Washington, D.C.

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National reconciliation promised by Guinea’s new President Alpha Conde will be an uphill process in a nation scarred by half a century of violent dictatorship and ethnic killings, observers say.

Dr. Marega BocarDr. Marega Bocar

Conde, long in opposition before being elected six months ago to run the west African country, has vowed to unite Guinea’s patchwork of ethnic groups but sceptics point to major obstacles.
“There is not just economic under-development in Guinea, there is also mental under-development,” said Mamadou Bhoye Barry, leader of the opposition Union for National Progress (UPN).
This manifested in hostile “ethnic divisions”, according to Barry, who said Conde’s promise to push reconcilation after his election last November “is not being carried out on the ground, though the will is there.”
There are about 30 ethnic groups in the country, with the main ones the Malinkes, the Peuls, the Soussous and the Guerzes.
The dictatorships and military juntas that ruled from independence from France in 1958 until last year’s election often used ethnic divisions to strengthen their hold on power, at the cost of scores of thousands of lives.
“People look at each other with mistrust,” said Fode Marega, president of the Association of Victims of Camp Boiro (AVCB).
The camp is a military base in the capital Conakry where tens of thousands of people seen as being in opposition were tortured and executed under the iron rule of Sekou Toure from 1958 to 1984.
“Ethnic stigmatisation means that we are on the edge of social collapse,” he added.
Each political party has an ethnic base. Though the 2010 election was a democratic first, it was marred by clashes between supporters of Conde, who is a Malinke, and his rival Cellou Dalein Diallo, who is a Peul.
“The first thing Conde should do is undertake a tour of the interior of the country to go and see his population and incite people to forgive one another,” suggested Barry. “This is imperative.”
Conde has announced that he plans to set up a Truth and Reconciliation Commission tasked with shedding light on the unpunished crimes committed by successive regimes.
The bloodiest period was under Sekou Toure, the “father of the nation”, who oversaw between 50,000 and 100,000 deaths, according to survivors of the camps and rights groups. General Lansana Conte (1984-2008) and the junta led by Captain Moussa Dadis Camara (late 2008 to late 2009) are also accused of massacres and other atrocities.
Early in 2007 Conte’s security forces put down a popular uprising at the cost of about 200 lives in Conakry; Camara’s men killed at least 150 anti-junta protesters in a massacre on September 28, 2009 in a stadium in the capital. Some of the troops also abused women.
Marega said he was sceptical about Conde’s plans for a Truth and Reconciliation Commission because members of the old guard under Conte were “negative forces around him”, dissuading the head of state.
“We think he has changed,” Marega said. “Now he’s asking if the executioners will give evidence and whether the victims will agree to forgive,” added Marega, whose father was executed under Sekou Toure.
He said he was astonished not to have been consulted by the president, recalling that Conde himself was condemned to death in his absence by Sekou Toure. “He isn’t dead because he was in exile, but he has a duty to remember those who died,” he said.
In Marega’s eyes, “Guinea’s problem is impunity.” This explained why the security forces again opened fire with live ammunition on April 3, killing one of the supporters of Cellou Dalein Diallo, he said.
“If there is no justice for the victims, Guinea will never recover,” Marega stated, adding that “the painful times we have lived through should not divide us, but should enable us to get closer together.”

Stephane Barbier
Oman Daily Observer

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Massacre de Conakry : Diallo veut une Commission vérité et réconciliation

L’un des deux candidats à la présidentielle en Guinée, Cellou Dalein Diallo, a souhaité mardi, un an après le massacre de Conakry, qu’une Commission vérité et réconciliation soit mise en place, tout en estimant que “ce n’est pas l’emprisonnement des coupables qui est la solution”.

M. Dalein Diallo avait lui-même été roué de coups par des militaires au cours des violences du 28 septembre 2009 qui ont fait plus de 150 morts. Evacué vers le Sénégal, puis vers la France, il avait été soigné dans un hôpital militaire de la région parisienne, notamment pour “quatre cotes cassées”, a-t-il rappelé dans un entretien téléphonique avec l’AFP à Dakar.

“Je veux m’incliner devant la mémoire de ceux qui vont perdu la vie il y a un an. Ils ne sont pas morts pour rien parce que le combat pour l’instauration de la démocratie a continué et des progrès non négligeables ont été accomplis”, a déclaré M. Diallo (43% des voix au premier tour de la présidentielle en juin).

“Si je suis élu à la présidence, je pense mettre en place une Commission vérité et réconciliation. Non pas nécessairement pour punir les gens, mais pour condamner les actes vraiment barbares qui ont été commis et qui devraient être complètement bannis de nos forces armées et de la police”, a-t-il dit.

“Il faut que la vérité soit connue, que les responsabilités soient situées et que les coupables demandent pardon s’ils sont disposés à entrer dans cette dynamique”, a-t-il ajouté.

Mais “ce n’est pas l’emprisonnement des coupables qui est la solution”, a-t-il ajouté. Il faut “que d’abord chacun reconnaisse qu’il a fait ça, c’est déjà une punition sociale”, a-t-il dit.

Le 28 septembre 2009, un rassemblement pacifique organisé par l’opposition dans le plus grand stade de Conakry avait été réprimé dans le sang par les forces de la junte militaire alors au pouvoir, faisant au plus de 150 morts.

Agence France-Presse

Note. Je suis en désaccord total avec une telle proposition. Et je la rejette catégoriquement dans le blog suivant. — Tierno S. Bah

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